samedi 26 mars 2016

Souviens toi de moi comme ça de Bret Anthony Johnston - Editions Albin Michel

4ème de couverture 

Cela fait quatre ans que le jeune Justin Campbell a disparu sans laisser de trace. Fugue ? Kidnapping ? Accident ? C'est une véritable tragédie pour sa famille qui, faute de certitudes, cherche des échappatoires : sa mère s'est prise de passion pour la protection des dauphins ; son père a une liaison ; et son frère passe ses journées à faire du skateboard dans la piscine à sec d'un motel abandonné...

Lorsque enfin Justin réapparaît, loin de retrouver un équilibre, sa famille se divise davantage, écrasée par la culpabilité et le désir de faire justice elle-même.


Mon avis

Je remercie les Editions Albin Michel pour cette première lecture :)
J'ai choisi ce roman pour changer de mes lectures de polars / thrillers.

Nous faisons la connaissance de la famille Campbell qui a subi la pire chose qui puisse arriver à une famille, l'enlèvement de son enfant, sa propre chair... Justin est porté disparu pendant quatre longues années. Tellement de temps qui s'est écoulé que la fin ne peut être que "fatale", et non !

Justin alors âgé de 15 ans refait surface dans un magasin. Quand la police demande à Laura et Eric Campbell de venir affirmer qu'il s'agit bien de Justin, tout s'effondre, ils n'y croient plus et pensent devoir encore affronter un adolescent qui n'est pas le leur... Et pourtant, il s'agit bien de Justin en chair et en os !

A partir de ce moment-là, la famille Campbell, va rentrer dans une spirale infernale, chacun va essayer de rattraper le temps perdu, toutes ses années gâchées où chacun était en plein désarroi, où chacun tentait de survivre à cette tragédie. Chacun se réfugiait dans sa souffrance, d'un côté Laura, la maman avait choisi de veiller sur Alice, un dauphin "malade", Eric, le papa avait trouvé refuge dans les bras d'une autre, quant à Griffin (le frère cadet), il devenait en quelque sorte spectateur de cette vie, l'ombre de Justin.

Dans ce roman poignant, l'auteur a choisi de ne pas dévoiler les sévices et autres aspects de la séquestration de Justin. Je pense qu'en effet, cela n'est pas fondamental étant donné que nous avons de brefs aperçus lorsque Justin décide d'en parler.
En fait, ce roman se porte essentiellement sur les émotions, sentiments des personnages de cette famille dévastée. L'auteur décrit très bien ce sentiment vide de la perte d'un être cher, s'ensuit le soulagement, très vite remplacé par "l'après". Chacun se reproche le fait de n'avoir pu empêcher cet évènement dramatique. Chacun va essayer de rattraper le temps perdu à sa manière, mais c'est compliqué quand les sables mouvants du doute vous enlisent. Cette famille est complétement tourmentée et chamboulée par toutes ces émotions qui les envahissent. Avant tout, c'est un combat perpétuel contre eux-mêmes !

Il pouvait y avoir deux sortes de fin, étant donné la tournure des évènements décrits par l'auteur, j'aurais pu penser à une autre fin, mais l'auteur a fait le choix de laisser ses personnages se reconstruire petit à petit avec une vision plus positive.

En résumé, un roman riches en émotions et d'une puissance psychologique inouïe ! Un livre à ne pas mettre entre les mains de tout le monde.

# By Aurélie :) 

lundi 21 mars 2016

La trace du silure - Sylvain Forge - Editions Toucan Noir

**** Chronique de Jess ****

4 ème de couverture :


A la suite d’une profonde déception sentimentale, la capitaine de police Isabelle Mayet a souhaité quitter le quai des Orfèvres, pour un poste à Nantes où elle pourra veiller sur sa mère. En renonçant au prestigieux siège de la Police Judiciaire parisienne, elle pense faire une croix sur sa carrière. Jusqu’à ce que le cadavre ensanglanté d’un vieil ermite, découvert dans un bunker allemand de la seconde guerre mondiale, lui offre un exutoire. Crime ou suicide ? L’affaire est plus complexe qu’il n’y parait. Plus dangereuse aussi. Sur les bords de Loire, des enquêtes inachevées remontent à la surface. De sinistres souvenirs qui dormaient dans la vase. Isabelle n’est plus la chasseresse. Elle est devenue la proie.


Je remercie les Editions du Toucan pour cette nouvelle lecture et pour la découverte de Sylvain Forge.

Voici un polar qui change un peu, avec une histoire qui se passe à Nantes (ça nous change un peu des polars parisiens même si l'histoire débute au fameux 36 quai des Orfèvres) et dont le personnage principal est l'enquêtrice, Isabelle Mayet.  Dans la plupart des polars que je lis ce sont le plus souvent des hommes qui mènent les enquêtes, donc un peu de féminité ça change et j'aime le changement ;-)
Je dois dire que l'auteur a très bien décrit le caractère féminin dans son roman! 

Donc nous enquêtons avec Isabelle, qui décide de se faire muter à Nantes, afin de se rapprocher de sa mère atteinte d’Alzheimer. Son arrivée n'est pas très bien vue par certains de ses collègues, mais la découverte d'un cadavre dans un vieux blockhaus va lui permettre de faire ses preuves au sein de sa nouvelle équipe. 

L'intrigue est bien construite, pas de scènes gores, des chapitres qui montent crescendo. Pas de temps mort ni de longueurs, un personnage principal attachant.
Je dois vous avouer que j'avais trouvé le coupable assez rapidement. J'aurais aimé que l'auteur développe un peu plus le mobile. Les chapitres deviennent de plus en plus courts arrivés à la fin du livre ce qui donne un super rythme à la fin de l'enquête et beaucoup de suspens mais la fin arrive trop vite à mon goût. 

En fait, il nous faudrait une suite M. Forge! Je suis restée sur ma faim! Bon c'est une bonne nouvelle ça vaut dire que j'ai aimé et que je voudrais d'autres histoires avec Isabelle. Et seconde bonne nouvelle il y a une suite dans les aventures de notre enquêtrice! Il va me falloir Un parfum de soufre maintenant.

Bref une lecture sans prise de tête et agréable.

Et si vous croisez Sylvain Forge lors d'un salon, n'hésitez pas à aller à sa rencontre car il est très sympathique :-)


samedi 19 mars 2016

Au début de l'amour de Judith Hermann - Editions Albin Michel

**** Chronique de Jess ****

4ème de couverture :

Stella mène une existence sans histoire dans un paisible quartier résidentiel de banlieue, avec son mari et sa fillette de quatre ans. Un jour, un inconnu sonne à sa porte. Elle ne l'a jamais vu, il veut lui parler, il insiste. Pour Stella, c'est le début d'un cauchemar. Mais à la peur légitime se mêlent des sentiments plus troubles. Peu à peu, insidieusement, cet homme remet en question les fondements mêmes de sa vie. Avec Au début de l'amour, Judith Hermann, l'une des grandes voix de la littérature allemande d'aujourd'hui, publie son premier roman après trois recueils de nouvelles. Tendu par un véritable suspense, marqué par sa voix grave et profonde, il rassemble avec maestria tous les thèmes chers à l'auteur de Maison d'été, plus tard, et analyse avec une acuité fascinante les ambiguïtés de l'amour, le deuil impossible de la jeunesse et le nécessaire apprentissage de la sagesse.



Merci aux Editions Albin Michel pour cette nouvelle lecture.

C'est la première fois que je lis cette auteure et la première fois que je un livre contemporain allemand. 
La 4ème de couverture m'avait tenté et j'ai voulu sortir de mes sentiers afin de découvrir autre chose, une nouvelle auteure.

Un style particulier

Je pense que sur ce coup là j'aurais mieux fait de m'abstenir. Je n'ai pas du tout accroché à la plume de Judith Hermann dont le style est assez particulier.
J'ai eu du mal avec les dialogues, la construction des phrases et le point de vue. 

Une histoire qui manque de souffle....

Le livre nous raconte l'histoire de Stella, jeune infirmière, mariée à un homme qui travaille dans le bâtiment, souvent absent durant la semaine. Ils ont ensemble une petite fille de 4 ans. Elle mène une vie ennuyeuse jusqu'au jour ou un homme, un voisin sonne à sa porte pour lui parler. Elle refuse et il commence à lui laisser des lettres et des objets dans sa boite aux lettres tous les jours. 

L'idée de départ aurait pu être originale et aboutir sur un bon roman à suspens mais le tout manque de souffle. 

Une lecture décevante en ce qui me concerne, je passerai donc mon chemin la prochaine fois que je vois un roman de cette auteure.


Traduction : Dominique Autrand

Biographie de l'auteur

Née en 1970 à Berlin, où elle vit, Judith Hermann a connu un succès immédiat et immense en Allemagne dès son premier recueil de nouvelles en 1998. Deux autres recueils ont suivi : Rien que des fantômes et Alice. Elle a obtenu deux récompenses prestigieuses, le Kleist-Preis et le Friedrich-Hölderlin-Preis.



Détails sur le produit


  • Reliure inconnue: 209 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (2 mars 2016)
  • Collection : Les Grandes Traductions
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226323929
  • ISBN-13: 978-2226323927
  • Dimensions du produit: 20,5 x 1,9 x 14 cm

jeudi 17 mars 2016

L'amante d'Etretat de Stanislas Petrosky - L'atelier Mosésu

**** Chronique de Jess ****

4ème de couverture :

Isabelle et Frédéric vivent une des plus belles histoires d amour qui soit, passionnée et fusionnelle. Mais un jour où Frédéric part s'adonner à sa passion, la planche à voile, il disparaît escorps et bien en mer. Isabelle va doucement mais sûrement sombrer dans la folie sans l homme qu'elle aime. Stanislas Petrosky nous entraîne dans les méandres de la dépression. Jusqu'où le manque de l être aimé peut-il mener ? Mais l auteur venant du monde du polar, il se pourrait que L Amante d Étretat ne soit pas qu'une simple histoire d amour tragique.


J'ai connu les écrits de Stanislas Petrosky (M. Sébastien Mousse) grâce à son livre Ravensbrück mon amour, lu aussi ce mois-ci qui a été un gros coup de coeur. 
Merci à lui de me faire connaître ce livre.

C'est donc les yeux fermés que je suis rentrée dans son 2 ème roman "L'amante d'Etretat". Malgré la taille de ce roman (120 pages), l'auteur nous fait rentrer directement dans le sujet, pas de temps morts, pas de longueurs, nous sommes tout de suite plongé dans l'histoire.

L'histoire d'Isabelle, au passé compliqué, un père alcoolique et violent envers sa mère dépressive. Elle ne croit  plus à l'amour et se méfie des hommes. 
Tous ses principes vont tomber à l'eau quand elle va rencontrer Frédéric, jeune thanatopracteur.
Elle va donc poursuivre sa vie avec lui que ce soit professionnelle et amoureuse pendant 10 ans. 
Mais le malheur va la rattraper et Frédéric va disparaître en mer à la suite d'un accident de planche à voile. 
Commence alors pour Isabelle une descente en enfer causé par la douleur de perdre l'amour de sa vie. 

L'auteur décrit très bien les sentiments que l'on peut avoir et par lesquels nous pouvons passer suite à la disparition d'un être aimé. Et la route qu'il faut faire pour s'en sortir.

L'histoire est très prenante, on s'attend à une fin surprenante, on espère même, pour finir sa lecture en apothéose. 
Je n'aime pas les coups mais là je dois vous avouer que j'ai adoré la claque magistrale que m'a décollé Stanislas Petrosky ! J'aime être maltraitée comme çà.

Un roman à lire absolument.
Et si vous n'avez pas lu son premier livre, je vous le conseille également. 
Vous retrouverez ma chronique ici

 


mercredi 16 mars 2016

Surtensions D'Olivier Norek - Editions Michel Lafon

**** Chronique de Jess****




4 ème de couverture :

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels : un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?
Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance...
Olivier Norek pousse ses personnages jusqu'à leur point de rupture. Et lorsqu'on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.





Olivier Norek a un don celui de passer de policier à criminel. Et oui criminel dans le sens qu'il nous kidnappe et malheureusement on tombe dans le syndrome de Stockholm et on en redemande encore. C'est simple on ne peut pas s'échapper de sa lecture (un peu quand même car on est bien obligé d'aller bosser!)

Encore une fois Olivier nous plonge dans de sordides affaires criminelles : kidnapping, meurtres, braquages, pédophilie. Tout ça décrit avec un réalisme effrayant.
Plusieurs affaires qui au départ n'ont rien en commun mais qui finalement vont se recouper.
L'histoire débute au centre pénitencier de Marveil dans le 93, où Nano est incarcéré suite au braquage d'une bijouterie. Le description de la prison et de ce qu'il s'y passe est assez effrayante (moi qui ai peur de la prison ça m'a filé encore plus les jetons et un sentiment de malaise). Nous retrouvons ensuite notre enquêteur préféré, Coste, qui enquête avec son équipe sur une affaire de kidnapping. S'ensuit, un braquage et une autre enquête qui vont mener Coste et ses équipiers très loin.

Je dois dire qu'au fil de ses romans, Olivier se peaufine et comme son cher ami Nicolas Lebel chaque nouvel ouvrage est mieux que le précédent. Mais où va-t-il s'arrêter ? !
Olivier a le soucis du détails et ses livres pourraient facilement être adapté au cinéma tellement les scènes sont bien décrites et imagées. Le déroulement de l'enquête est aussi très bien détaillé, on sent qu'il y a du métier chez M. Norek et c'est ce qui rend ses livres tellement prenant car on sent une part de vérité dans ses écrits.

Les personnages sont attachants, on vit et on ressent à travers eux, et on passe pour certains de l'attachement à l'envie de les tuer. Je dois avouer que je suis passée par beaucoup de sentiments pendant ma lecture. Et certaines scènes ont été assez dures à lire pour moi qui suis maman. Il a même réussi à me faire pleurer ! Mais pourquoi nous faire ça à la fin ?? Sur ce coup là je lui en veux beaucoup !! Mais je pense qu'une autre fin aurait tout changé à mon point de vue.


C'est donc pour moi un sans faute une fois de plus, et je peux même dire que ce sera un de mes gros coup de cœur de cette année. Si vous ne connaissez pas encore les livres d'Olivier Norek (honte à vous!) foncez et vous ne serez pas déçu.




lundi 14 mars 2016

Maestra - Tome 1 de L.S Hilton des Editions Robert Laffont - Collection La Bête Noire

4ème de couverture 

Le jour, Judith Rashleigh est assistante dans un hôtel de ventes aux enchères londonien qui l’exploite malgré ses diplômes et son talent.
La nuit, elle officie dans un bar à hôtesses où elle séduit sans effort.
Judith sait qu’elle doit jouer le jeu. Pour faire carrière et pour charmer les hommes, elle a appris à être une gentille fille… Jusqu’à ce qu’elle découvre une gigantesque escroquerie autour d’une fausse toile de maître. Licenciée avant d’avoir pu faire éclater le scandale, Judith décide de fuir avec un riche client sur la Côte d’Azur. Là-bas, un monde décadent et corrompu les attend. Là-bas, elle goûtera à la vengeance. La gentille fille deviendra femme fatale.


Mon avis

Judith Rashleigh travaille en tant qu'assistante dans un hôtel de ventes aux enchères londoniens reconnu, à la différence près, que malgré ses diplômes, elle-même n'est pas reconnu pour son travail acharné... Un soir, à la sortie du travail, elle rencontre une ancienne camarade de classe qui va la faire entrer dans le monde de la nuit, celui où tout est permis, celui ou Judith devient Lauren,...
Alors que Judith pense avoir trouver LA faille qui lui permettra d'être reconnue dans son travail, elle se fait licencier sur le champ par Rupert, son supérieur de chez British Pictures. Après, cet échec cuisant, elle décide de se mettre à fond dans le rôle de Lauren, en suivant un riche client sur la Côte d'Azur,... mais tout ne se passera pas comme prévu et la décadence commencera au fur et à mesure tout en montant crescendo...

Maestra traite de la corruption dans le domaine de l'art tout en étant mélangé au sexe. Grâce à la thématique de l'Art, nous voyageons à travers l'Italie, pour moi ce fut une découverte fort agréable.

Pour ma part, Maestra n'est pas un thriller, je dirais qu'il correspond plus à un polar/roman noir avec une part d'érotisme. J'ai donc été plus ou moins déçue au vu des critiques journalistiques car je m'attendais à un sacré thriller ! Ce ne fut pas le cas... Cependant, je ne peux pas dire que j'ai détesté ce livre car les chapitres se sont succédés à vive allure... un vrai page-turner malgré ma "petite" déception.
Quand, j'ai compris que ce n'était pas un thriller, je me suis laissée embarquer dans cette histoire complétement ahurissante, où j'avoue, l'auteure joue bien avec le lecteur.

Je note également un petit côté "50 nuances de Grey" que je n'avais pas aimé. Eh bien, L.S Hilton a réussi à me faire changer d'avis avec ses scènes de sexe très intenses où Judith croque la vie à pleines dents, où dirais-je plutôt à même la chair ! Elle en use et abuse, vous l'aurez compris, elle s'assume parfaitement ! Judith est ainsi, sans aucune pudeur et nous montre tout !

La narration à la première personne provoque une distance avec le personnage principal de Judith. De part son manque d'empathie, on ne s'attache pas à elle, pire on la déteste ! Judith est tout simplement dangereuse, une vraie femme fatale qui va se révéler au fil de l'histoire. Elle va prendre un plaisir sadique à organiser minutieusement ses petits meurtres comme si rien n'était jusqu'à atteindre son but. Une fois que Judith vous a englué dans sa toile, vous n'en réchappez pas, elle a toujours une longueur d'avance sur vous, ne l'oubliez jamais car elle vous réservera de sacrés surprises !

Finalement, je pense lire la suite afin de savoir si Judith continuera d'être aussi diabolique car ce premier tome m'a tout de même bien marqué, une histoire singulière qui mérite qu'on s'y attarde !

# By Aurélie :) 

vendredi 11 mars 2016

Ravensbrück mon amour de Stanislas Petroski

**** Chronique de Jess ****

4ème de couverture :

Gunther, jeune artiste allemand enrôlé de force au moment de la construction du camp de Ravensbrück, en devient l’illustrateur officiel, obligé de mettre son talent de dessinateur au service des autorités nazies

Rien n’échappe au crayon affûté du jeune homme : l’horreur des camps, les expériences médicales, les kommandos, les mœurs des officiers, la vie, la mort.

Dans ce roman noir, Stanislas Petrosky pénètre au cœur de Ravensbrück et en décrit implacablement chaque recoin, afin de ne jamais oublier.






J’aime énormément les livres qui traitent de la seconde guerre mondiale et des camps de concentration. J’en ai lu un paquet et je dois dire que celui-ci change des ouvrages sur le même thème. Ici nous n’avons pas la vision et le point de vue d’un juif, ou d’un déporté mais le point de vue d’un allemand, Gunther, enrôlé de force par ses parents dans le camp de Ravenbrück.

Ravenbrück est un camp de déportation de femmes (pas officiellement un camp de concentration ou d’extermination mais officieusement c’en était un).
Je ne m’étais jamais posée la question, à savoir comment les allemands, qui n’étaient pas pro Hitler avait perçu cette partie de l’histoire. Pour moi je mettais tout le monde dans le même panier : allemand = nazi. 
Je dois dire que ce livre a beaucoup changé ma vision des choses. Dans cet ouvrage, Gunther, jeune artiste, se retrouve donc dans ce camp. Il ne sait pas vraiment où se situer par rapport aux autres, il n’est pas un prisonnier, encore moins un soldat nazi, il refuse tout ce qui se passe autour de lui dans le camp, ce qu’on fait subir à ces pauvres femmes, mais il ne trouve pas le courage au fond de lui pour changer les choses.

Son talent est vite reconnu au sein des nazis et il va de ce fait se retrouver à être l’illustrateur du camp. Lui qui rêve de peindre de belles choses, de belles femmes, se retrouvent à dessiner les horreurs du camp et de ce qu’on fait subir aux déportées. Il va dessiner les lieux, les personnes, les cadavres, les horreurs que les médecins leur font subir. Âmes sensibles s’abstenir car certaines scènes sont assez insoutenables.
Il va faire en sorte de garder le maximum de dessins afin de pouvoir montrer au monde ce qui se passait réellement dans le camp.


Gunther va aussi connaître l’amour en la personne d’Edna, il va tout faire pour qu’elle ait une vie un peu moins dure dans le camp. Mais comment peut-il gagner la confiance d’une juive, lui l’allemand avec son uniforme de soldat ?

Mais quel livre ! Encore une fois je suis outrée de voir ce que la race humaine peut faire subir à ses semblables !
Stanislas Petrosky signe ici un premier roman qui vaut la peine d’être lu et qui mérite beaucoup de succès, car pour un non-historien de cette période on sent une recherche aboutie du sujet. On pourrait croire qu’il l’a vécu tellement les faits sont bien racontés et malheureusement ce n’est pas de la fiction mais la réalité et quelle réalité !

Un sujet qu’on ne doit jamais oublier pour éviter que cela se reproduise.




Extrait:

Je m'appelle Gunther Frazentich. Je suis un vieillard de soixante-dix-sept ans. Vieillard, parce que je suis rongé par un cancer qui va finir par m'emporter. Je me sens de plus en plus faible. Le médecin ne me répond pas lorsque je lui demande combien de temps il me reste à vivre, non pas qu'il ne possède pas la réponse, mais il ne veut pas me dire à quel point cette échéance est brève. Je ne suis pas si âgé, c'est juste la maladie qui a usé mon corps prématurément.
Mais avant de partir vers d'autres horizons, et puisque j'ai encore un peu de vie en moi et que ma mémoire ne me fait pas défaut, je veux vous raconter une histoire, la mienne. Je ne suis pas narcissique, non, c'est juste que j'ai envie de partir plus sereinement, plus léger, et j'ai surtout envie de vous remettre en mémoire ce qui s'est passé il n'y a pas si longtemps.

Je suis né le sept mai mille neuf cent dix-huit dans le petit village de Himmelpfort, non loin du superbe lac de Schwedtsee, en Allemagne. C'est là que j'ai passé mon enfance. C'est là que j'ai grandi, que je suis allé à l'école. A la grande déception de mes parents qui travaillaient à la ferme familiale, je n'ai jamais eu l'instinct agricole chevillé en moi comme eux l'ont eu chevillé au corps. Rien n'avait d'importance à leurs yeux, sauf les champs, le bétail, les saisons. Mon frère et moi étions nés pour prendre la relève. C'était notre destinée. Nous avaient-ils conçus uniquement dans ce but ? Je me suis souvent posé la question.
Très tôt, j'ai pris conscience que je n'étais pas fait pour vivre à la ferme. Je voulais être un «artiste». Dès que j'en avais l'occasion, je m'échappais de la maison et je courais jusqu'au bord du lac. J'y passais des heures à dessiner, assis devant l'eau changeante, tantôt grise, tantôt bleue, tantôt verte selon le temps. J'étais au paradis, une simple feuille posée sur un carton sur mes genoux, un morceau de fusain à la main.
J'avais commencé un jour, sur une même feuille, à suivre l'évolution d'un bourgeon, jusqu'à ce qu'il devienne une fleur. Mon grand-père avait vu ce dessin, il avait beaucoup aimé. Je lui avais donc montré d'autres esquisses puis tout ce que je dessinais au fur et à mesure de leur conception. Il me guidait, me conseillait. Il me faisait refaire chaque élément qui ne correspondait pas : un problème de perspective, une ombre mal placée... Non pas que mon aïeul fût un grand dessinateur, non, il avait juste un oeil aiguisé et ses conseils étaient judicieux. Parfois, il me glissait une pièce en douce de mes parents pour me permettre d'acheter un peu de matériel. Il était si fier de moi qu'il m'encourageait même devant mon père, ce qui était source de conflits, car mon géniteur voyait d'un très mauvais oeil ma passion pour le dessin qui me détournait des vraies valeurs de la campagne.


mercredi 9 mars 2016

La femme qui valait trois milliards de Boris Dokmak - Editions Ring (La mécanique générale)

**** Chronique de Jess ****

4ème de couverture :

À Bruges, le lieutenant Borluut, flic obsessionnel, se refuse à lâcher l'enquête sur la troublante " momie du canal ". À Los Angeles, Almayer, un privé carburant à l'étherine et aux alcools blancs, se charge de remonter la piste de " P.H. ", la petite princesse blonde de Beverly Hills que les tabloïds ont oubliée. Entre eux, c'est le carnaval des pourris : narcotrafiquants, mercenaires, jet-setters cocaïnés, flics déglingués, agents corrompus du Secret Service, archéologues déjantés... Leurs routes, entre le désert brûlé du Mexique, la Californie crépusculaire et les neiges ternies de la Grande Russie se croiseront-elles un jour ? Car tous, sans le savoir, courent après la même ombre : la femme qui valait trois milliards.


Je remercie les éditions Ring pour cette nouvelle lecture. 

Je dois dire qu'au départ j'étais un peu sceptique et d'avis mitigé sur cette lecture. D'une parce que c'est un pavé de 750 pages et je me suis dit "j'espère qu'il est bien car sinon je vais en mettre du temps à le finir". Je me suis donc plongée tête baissée dans ce livre de Boris Dokmak (auteur que je ne connaissais pas du tout avant). 

L'histoire se passe en 2023 (je dois avouer que rien que ça c'est perturbant!), nous avons d'un côté un policier  belge qui enquête sur la mort horrible d'une jeune femme qui a subi un embaumement  de son vivant. On ne peut qu'imaginer le supplice qu'elle a subi....

Et d'un autre côté, Almayer, ancien agent des Services secret, essaie de retrouver Paris Hilton qui a disparut depuis 10 ans. Je dois avouer que ça aussi c'est perturbant... Pourquoi avoir choisi quelqu'un de connu comme personnage phare du livre? Nous le comprendrons assez vite dans notre lecture.

Nous suivons les 2 enquêtes en parallèle, mais quel est le point commun entre Paris Hilton et une momie retrouvée à Bruges? Je n'en dirais pas plus pour ne rien vous dévoiler.

L'auteur nous embarque dans un espèce de voyage aux 4 coins du monde, nous passons par les USA, la Russie, Bruges, l'Amérique du Sud, l'Egypte. Nous voyageons aussi dans le temps et les différentes époques pour comprendre le pourquoi du comment. Nous apprenons aussi énormément de choses sur les différentes techniques d'embaumement selon les différentes périodes et les différents pays.

Je m'attendais à certaines longueurs vu la taille du livre, mais l'auteur à le don de ne pas nous laisser de répit d'un bout à l'autre. Pas de temps morts donc pour nos différents personnages qui sont eux aussi malmené dans les différentes phases de l'enquête.

Et en ce qui concerne Paris Hilton, je ne la verrais plus de la même manière la prochaine fois que je la verrais à la télévision ou dans un magazine. Je me pose quand même une question : Est-ce qu'ils sont au courant chez les Hilton d'un livre aussi déjanté sur leur famille ? Il faudra que je demande à l'auteur si un jour j'ai l'occasion de le rencontrer. A vrai dire j'ai tout un tas de questions à lui poser que je vais m'empresser d'écrire afin de ne pas les oublier ;-) 

Un polar qui change des polars habituels, un genre extraterrestre. Bien ficelé, du style, des personnages attachants et déjantés, une intrigue incroyable. Moi qui était sceptique je dois avouer avoir été envoûtée par cette histoire de dingue!

Si vous voulez un polar qui change de ce que vous avez l'habitude de lire je ne peux que vous le conseiller! 




Détails sur le produit

  • Poche: 758 pages
  • Editeur : La mécanique générale (11 février 2016)
  • Collection : Ring noir
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1095776031
  • ASIN: B018LEE53O
  • Dimensions du produit: 17,1 x 4,8 x 11,1 cm

dimanche 6 mars 2016

Sanatorium de Johanna Zaire - Auto-édition

4ème de couverture 

Le lendemain de Halloween, une jeune fille se rend dans le commissariat du village de Kingsley. Elle est exténuée et mutilée. Elle déclare que ses amis ont été tués dans un sanatorium non loin de là. Cependant, malgré les recherches, tout porte à croire que la déclaration de la jeune fille est fictive.


Mon avis

J'ai rencontré Johanna Zaire au salon de Mennecy. Une rencontre "non-préméditée" étant donné que je ne connaissais pas du tout cette auteure. J'ai surtout été très attirée par la couverture du livre ainsi que son titre "Sanatorium". Ma curiosité s'est d'autant plus accrue lorsque j'ai lu la 4ème de couverture.

Sanatorium se découpe en trois parties : 
- Endors-toi
- Repose en paix
- Fais de beaux rêves

Mais avant ces trois parties, nous avons une introduction d'à peine une page qui nous permet de rentrer directement dans le vif du sujet en découvrant une fille terrifiée et pleine de sang sortant de nulle part et racontant que ses amis sont tous morts... S'enchaînent ensuite, nos trois parties.

Partie 1 - Endors-toi
En ce jour d'Halloween, nous faisons la connaissance d'une bande d'adolescents se racontant histoires à faire peur. Comme vous le savez, nous faisons tous des choses idiotes pour se procurer des frissons. Ils décident majoritairement d'aller visiter le sanatorium abandonné peut-être hanté, non loin de là. Et à ce moment-là, nous entrons dans un vrai film d'horreur, des bruits suspects, des objets qui se déplacent, des voix d'enfants, des disparitions... Tout ces éléments s'enchaînent à une vitesse folle et nous coupe le souffle. 
Ayant commencé ce livre en soirée, je n'étais pas très rassurée n'étant pas une adepte des films d'horreur.

Partie 2 - Repose en paix
Changement de décor, nous menons l'enquête avec les inspecteurs Wilson et Waltz qui sont chargés d'aller au sanatorium afin de corroborer la version de Sam, seule survivante. 
Dans le cadre de l'enquête, les inspecteurs collectent des informations et font un rapport à leur chef...

Partie 3 - Fais de beaux rêves 
Nous continuons l'enquête au sanatorium avec divers témoignages dont celui d'Hélène Anderton, ancienne infirmière au sein du sanatorium. Ce témoignage se révélera primordial !!

Je sais, je sais, je vous laisse comme un cheveu sur la soupe pour les deux dernières parties, mais je ne peux décemment pas vous dévoiler d'autres informations au risque de vous spoiler le dénouement.

Ce qu'il faut en retenir, un livre court de 132 pages rythmés par ses chapitres courts et qui se lit d'une traite ! Une écriture addictive qui m'a oppressée, un style direct où action et suspens sont au rendez-vous. Durant près de la moitié du livre, nous sommes plongés dans une atmosphère angoissante, glauque, frissonnante. En un mot, un vrai film d'horreur ! Je me suis vraiment demandé ce qui se passait et où l'auteur m'emmenait. Mais j'y vais, je fonce ! Ma curiosité est titillée. 
Un dénouement extraordinaire et inattendu qui m'a laissé complètement abasourdie. 
J'ai eu envie de relire ce livre une seconde fois afin de comprendre à quel moment j'aurais pu déjouer le jeu machiavélique de Johanna Zaire. 
Seul petit bémol, nous n'avons pas vraiment le temps de connaître les personnages et leurs ressentis mais cela n'enlève rien au bon déroulement de l'histoire.

# By Aurélie :) 

jeudi 3 mars 2016

On regrettera plus tard d'Agnès Ledig - Editions Albin Michel

****Chronique de Jess *****




4ème de couverture :

Cela fait bientôt sept ans qu'Eric et sa petite Anna Nina sillonnent les routes de France. Solitude choisie. Jusqu'à ce soir de juin, où le vent et la pluie les obligent à frapper à la porte de Valentine. Un orage peut-il à lui seul détourner d'un destin que l'on croyait tout tracé ?


Voici encore un livre dont j’attendais la sortie avec impatience ! Décidément cette année est riche en nouveautés !
Agnès Ledig a vraiment un don pour l’écriture. Et encore une fois elle nous le prouve avec son nouveau roman. Elle nous donne une belle leçon de vie sur l’amour, l’amitié, et la vie en général.
L’écriture est tout en poésie, tout est bien décrit, on s’imagine bien cette vie vosgienne, où la vie est paisible et simple. On s’attache bien évidemment aux personnages et on se met à leur place en ce qui concerne leurs sentiments, leurs états d’âme, car on a forcément été dans une des situations décrites par l’auteur.




Des personnages attachants :

Valentine, jeune institutrice d’école primaire, vit seule dans un corps de ferme un peu isolé, avec comme voisin un vieux monsieur, Gustave, qui est un peu comme un grand-père pour elle.
Femme hyperactive, elle se noie sous les activités pour combler son manque d’affection.

Gustave, le voisin/ grand-père de Valentine, personnage un peu secondaire mais qui va avoir une importance capitale en fin d’histoire.

Gaël, le meilleur ami de Valentine, gros ours plein de tendresse pour elle. Il est son confident, son épaule, son oreille attentive et vice-versa.

Eric, le père d’Anna-Nina, qui a perdu sa femme pendant l’accouchement de sa fille. Il ne s’en est jamais vraiment remis et va avoir du mal à changer sa façon de vivre et de faire avec sa fille.

Anna-Nina, 7 ans, petite fille attachante, intelligente qui va chambouler la vie de tous ceux qui l’entourent.

Entre certains chapitres nous rencontrons un autre personnage, Suzanne, pendant l’occupation allemande. Nous ne comprenons pas au départ ce que vient faire ce personnage dans l’histoire de Valentine et d’Eric. Nous comprendrons tout à la fin.
Suzanne, enceinte, qui a été enlevée par les allemands. Ils vont la torturer pour qu’elle leur donne l’endroit où se cache son mari.

L’amour est très présent dans ce roman : pourquoi on aime ? Comment on aime ? Peut-on aimer deux personnes en même temps ?
Elle nous donne une vraie leçon de vie sur la vie amoureuse et l’amour.
L’amour pour un homme mais pas que, elle nous parle de l’amour des amis proches, l’amour que l’on peut porter à un enfant qui n’est pas le nôtre, l’amour pour un vieil homme qui est comme un grand-père ou un père, l’amour que l’on porte à notre enfant.
L’amitié entre un homme et une femme qui peut être aussi fort qu’un amour pour sa femme.

Le sexe est au rendez-vous dans ce nouveau livre, et je dois dire que les scènes sont très bien décrites sans tomber dans le vulgaire.

Les deux seuls points négatifs que j’ai trouvés dans ce roman seraient :
  • Une thérapie qui dure une journée et qui résout tous les problèmes de Valentine et par conséquent ceux de Gaël. Si c’était si simple, les thérapeutes n’auraient plus beaucoup de travail ! Mais il fallait bien un lien entre la fameuse Suzanne et Valentine.
  • J’aurais voulu que le roman soit un peu plus long ou qu’elle nous annonce une suite à l’histoire pour voir ce que l’avenir prévoyait pour les personnages. Je m’y suis tellement attaché que je ne voulais plus les quitter !
 Une belle écriture avec de belles métaphores, un style agréable à lire, un livre qui se lit trop vite !
Un nouveau roman que je vous incite à lire très vite et si vous aimez de vous conseille fortement de lire ses autres romans qui sont également des pépites littéraires.


Détails sur le produit
  • Broché
  • Editeur : Editions Albin Michel (2 mars 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226320938
  • ISBN-13: 978-2226320933
  • Dimensions du produit: 20,5 x 2,5 x 14 cm




Biographie de l'auteur

En moins de quatre ans, Agnès Ledig s'est imposée comme une des romancières françaises les plus aimées du grand public. Ses deux best-sellers, Juste avant le bonheur, prix Maison de la Presse 2013, et Pars avec lui (Albin Michel) sont aujourd'hui traduits en 12 langues.






mercredi 2 mars 2016

De Force de Karine Giebel - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****

4ème de couverture :

Elle ne m'aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd'hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j'ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet. Car moi, j'ai voulu l'aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n'aime pas ainsi. Que m'a-t-elle donné ? Un prénom, un toit et deux repas par jour. Je ne garderai rien, c'est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j'ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. Lorsque j'arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée. Je respire longuement avant d'entrer. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide, tout a disparu. Il ne reste qu'un tabouret au centre de la pièce. J'essuie mes larmes, je m'approche. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l'enveloppe, mon prénom écrit en lettres capitales. Deux feuilles. Ecrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant, je sais. Et ma douleur n'a plus aucune limite. La haine. Voilà l'héritage qu'elle me laisse.




Mon avis :

Voici encore un livre dont j’attendais la sortie avec impatience et je suis bien contente de l’avoir lu en avant-première. Je remercie les éditions Belfond pour ce livre.
Cependant je reste mitigée par rapport à cette lecture.

Le pitch :

Maud, 20 ans, se fait agresser en promenant son chien. Elle doit sa vie à Luc, garde du corps, qui faisait son jogging et lui sauve la vie.
Le père de Maud, Armand Reynier, qui est un brillant chirurgien, va embaucher Luc afin de protéger sa fille chérie.
Armand commence à recevoir des lettres anonymes, le menaçant. Il va vite comprendre que le fameux agresseur de sa fille, lui en veut personnellement. Mais la question est pourquoi ? Qu’a-t-il fait de si grave dans sa vie pour qu’on veuille le faire souffrir et lui faire peur à ce point.

Les personnages :

Les personnages sont très bien décrits, que ce soit dans le physique que dans le psychologique.
Luc, qu’on sent toujours au bord du précipice. On sent qu’il se passe quelque chose avec lui, qu’il a un passé compliqué.
Maud, jeune adulte, adulée par son père, qui lui cède tout. Elle aussi a ses propres démons cachés et ses faiblesses. On a envie parfois de la secouer un bon coup pour lui remettre les idées en place.
Armand, chirurgien renommé, très dur avec sa femme et son personnel. Il entretient avec sa fille une relation qui pourrait devenir très malsaine.
Charlotte, la femme d’Armand, décrite comme une mangeuse de diamants par sa belle-fille. Ces deux-là ne s’entendent pas du tout, et elles se le font bien sentir. Mais Charlotte aussi à ses faiblesses et ses propres démons du passé.
Amanda, la gouvernante, qui cache bien aussi son jeu, une fois le tablier retiré…


Luc se retrouve donc dans cette propriété, entourée de toutes ces femmes qui ont chacune leur état d’âme, et leur désir.
Puis nous avons aussi le tueur/ maître chanteur, dont on ne sait pas grand-chose au début, mais nous allons vite apprendre qui il est. Mais il n’est pas tout seul, et tout au long du livre nous allons nous demander qui est derrière cette autre personne qui en veut autant au Dr Reynier et à sa famille. 

Je dois avouer que plusieurs scenarios me sont venus en tête tout au long de ma lecture. J’étais à chaque fois persuadée d’avoir trouvé la solution à l’énigme car Mme Giebel nous donne les indices au compte-goutte. Mais au final j’ai quand même été surprise ce que j’apprécie dans les lectures de Karine Giebel.

Nous retrouvons bien son style, sa noirceur, son écriture addictive. Tous les chapitres (qui sont assez courts) s’enchaînent à une rapidité déconcertante tant nous avons envie de connaître le fin mot de l’histoire.
Elle nous livre dans ce livre toute la noirceur de ce monde, et toutes ces addictions : drogue, sexe, cupidité, jalousie et les résultats qui peuvent en découler.

Comme j’ai lu tous ces livres je commence à m’habituer au fait que la fin ne sera pas joyeuse, donc pas une surprise ici. Pourtant on s’attache aux personnages et on aimerait une fin heureuse. Mais n’y comptez pas avec Karine Giebel.

Encore un bon Giebel, mais pas aussi bon que « Meurtres pour rédemption », « Le purgatoire des innocents », ou « Juste une ombre » à mon goût.








Détails sur le produit
  • Broché: 528 pages
  • Editeur : Belfond (3 mars 2016)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2714459633
  • ISBN-13: 978-2714459633
  • Dimensions du produit: 14,2 x 3,5 x 22,6 cm


mardi 1 mars 2016

Maudits soient les artistes de Maurice Gouiran - Edition Jigal Polar

4ème de couverture 

La découverte de centaines d'oeuvres d'art dans l'appartement d'un octogénaire munichois, sept décennies après la fin de la guerre, a fait resurgir de vieux fantômes : le vieux homme n'était-il pas le fils d'un célèbre marchand d'art ayant oeuvré pour le Reich ?

A Marseille, un modeste couple de retraités des quartiers Nord, Valentine et Ludovic Bertignac, entame une procédure judiciaire afin de récupérer une dizaine de tableaux retrouvés à Munich.

Clovis Narigou, qui a un urgent besoin d'argent, effectue quelques piges pour un grand magazine national. On le retrouve en Ariège, sur les traces d'un des plus grands mathématiciens du XXème siècle qui a fui le monde pour y mourir en ermite.

De fil en aiguille, Clovis va s'intéresser au camp de Rieucros, en Lozère, où le matheux a séjourné avec sa mère. Un camp pour femmes et enfants, créé alors par Vichy. Clovis apprend que Valentine Bertignac y a également été incarcérée.

Pour les besoins de son enquêtes, Clovis va se replonger dans ces années noires, la guerre que livra Goebbels à l'art dégénéré et le pillage des collections juives par Goering. Tout va s'accélérer lorsqu'il apprend l'assassinat sauvage des époux Bertignac au cours d'un bien curieux home-jacking.


Mon avis

Je remercie les éditions Jigal Polar pour cette lecture alliant histoire et enquête.

Dans le cadre de cette lecture, je ne vais pas vous résumer l'histoire mais plutôt introduire les personnages concernés. Je vous laisse imaginer toutes les possibilités pouvant se produire avec la quatrième de couverture ainsi que les nombreux personnages, tant du passé qu'actuel.

Quel peut-être le dénominateur commun entre : 
- Alexandre Grothendieck, un mathématicien mort en 2014, 
-Cornelius Gurlitt, un collectionneur allemand chez lequel nous retrouvons de nombreuses oeuvres d'arts soupçonnées d'avoir été volés au profit des nazis, ainsi que,
- les Bertignac, un couple de retraités vivant plus que modestement et retrouvés morts. 

Parallèlement, nous découvrons Hidebrande Gurlitt, père de Cornelius, Otto Landau, médecin et amateur d'art et Valentine Bertignac pour la partie historique.

Clovis Narigou, journaliste à ses heures perdues est notre narrateur principal. Clovis va essayer de démêler cet écheveau en se plongeant dans le passé où règne le nazisme, les camps d'internement...

Par ailleurs, Clovis reçoit son fils et sa "Girelle" pour les vacances. Mais son fils va venir accompagnés de plusieurs couples d'amis qui pour certains, leur présence ne serait pas si anodine. Je ne rentrerais pas plus dans les détails afin de ne rien dévoiler de l'intrigue et de laisser votre propre imagination faire son chemin avec toutes sortes de suites plus inimaginables les unes que les autres.

Un polar mené avec brio se partageant entre deux époques. Ce livre permet d'en apprendre un peu plus sur une partie de l'histoire du nazisme, sur des aspects parfois méconnus du public. Une documentation de qualité et étudiée minutieusement afin de ne pas nous noyer dans un trop plein d'informations. Quelques chapitres d'histoire pure afin de nous aider à comprendre le présent, le tout rythmé dans les calanques marseillaises en compagnie de Clo, séducteur dans l'âme :)
Un quelques mots, une belle intrigue historique pour les amoureux de l'Histoire !

# By Aurélie :)