lundi 31 octobre 2016

Jeu concours


****** JEU CONCOURS *****



Pour fêter les 1 an du blog, nous mettons en jeu un exemplaire de "Qui a tué le Dalhia Noir" de Stéphane Bourgoin en partenariat avec la maison d'édition Ring. 

Pour cela, il vous suffit de commenter ce post et de nous envoyer un mail avec vos coordonnées à livresaddictblog@gmail.com


Vous avez jusqu'à samedi 5 novembre minuit pour vous inscrire. Tirage au sort dimanche 6 novembre.


Bonne chance !

Jessica et Aurélie

dimanche 30 octobre 2016

La Sans Pareille de Bernard Duporge - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****

4ème de couverture :

En 1914, Eglantine a 15 ans. Elle quitte son emploi de bergère pour prendre celui de bonne au château. Mais la guerre éclate, et sa vie bascule : François, son amour de jeunesse, revient mutilé et la quitte, et le maître du château la viole. Enceinte, elle est contrainte de partir : une nouvelle vie commence, faite de déboires et de débauches, qui l'obligeront à abandonner son fils : parviendra-t-elle à retrouver sa famille, son fils, et François?


Je remercie les Editions De Borée pour cette nouvelle lecture. Je peux vous dire que pour l'instant de tous les livres de cette maison d'éditions que j'ai lu et bien c'est un sans faute et un 100% coup de cœur. J'aime beaucoup faire des pauses polars avec de magnifiques romans et en voici un qui ne fait pas exception.

J'avais été emballé par la 4ème de couverture et la magnifique couverture de ce livre. Et la promesse du résumé est à la hauteur du livre.
L'histoire d'Eglantine, jeune femme de 15 ans qui a tout l'avenir devant elle, un amoureux, un métier auprès des siens et des rêves de jeunes filles qu'elle souhaitent réaliser. Mais la vie va prendre une autre tournure pour Eglantine. La guerre éclate, son fiancé part à la guerre et en revient mutilé. Pour elle, les sentiments sont toujours là mais il préfère la quitter et s'enfuir à la ville. Toute sa vie va être bouleversée quand le soir de Noël elle se fait violer par le maître du Château et qu'en conséquence elle va tomber enceinte. Elle va devoir elle aussi quitter sa famille pour la ville pour éviter que la honte ne tombe sur sa famille. S'en suit un long chemin de croix vers le bonheur.

Ce livre est magnifique, il retrace les trente premières années du début du XXeme et les 2 guerres mondiales. Nous suivons donc la vie d'Eglantine et de ses proches sur 30 ans. Je suis passée par tout un tas de sentiments en lisant cette histoire. Et ce que j'aime c'est que malgré le malheur, l'auteur nous montre qu'il y a quand même des personnes bien dans le monde d'Eglantine et que le bonheur est au bout de la route.

L'auteur aussi nous dépeint bien l'aspect social et économique de la France pendant les 2 guerres. La différence entre les riches et les pauvres. Il nous fait part aussi du rôle qu'on tenu les femmes pendant la première guerre mondiale, le fait qu'elles ont dû prendre le rôle des hommes pendant que ces derniers étaient au front. Et tout ça avec une écriture magnifique et addictive. J'aurais voulu le savourer plus longtemps mais je n'ai pas pu m'empêcher de tourner les pages pour connaître le dénouement de cette merveilleuse histoire.

Si vous aimez les tranches de vie, avec ses malheurs et ses bonheurs, à une autre époque que la notre ce livre est pour vous! 

Parution : 13 octobre 2016
320 pages





samedi 29 octobre 2016

La repasseuse de Bénédicte Lapeyre - Editions Albin Michel

4ème de couverture
De sa mère, Mone a appris les gestes minutieux du métier de repasseuse. Manipuler le linge délicat et les fers est une voie toute tracée pour cette jeune femme discrète qui n’a jamais quitté Senlis. Pourtant, Mone sait tout. Elle sait tout grâce au linge qu’on lui apporte chaque jour. Car si les gens parlent, le linge aussi, des problèmes financiers de l’aristocratie aux secrets d’alcôve, l’intimité se dévoile à travers les étoffes. L’élégante et digne repasseuse traversera les deux guerres, découvrira l’héroïsme et la collaboration, mai 68 et Rachmaninov. Elle connaîtra des amitiés cruelles et des amours éphémères. Mais c’est à l’automne de sa vie que son destin prendra des détours insoupçonnés…

Le portrait émouvant et tendre d’une femme en avance sur son temps, chronique subtile des bouleversements du XXe siècle.



Mon avis
Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture :)

J'ai découvert Bénédicte Lapeyre avec "La repasseuse", un roman court mais une très belle lecture pour une magnifique pause polar.

L'auteure nous comte la vie de Mone née en 1900, fille de repasseuse qui deviendra à son tour "la repasseuse de Senlis" mais également une couturière hors pair. Mone est une fille intelligente et discrète qui apprend à travers les revues, et la radio. Elle se dévoue entièrement à sa mère et sa soeur autiste. Lorsque celles-ci disparaissent, elle continue à travailler malgré tout. Mone connaîtra aussi Etienne, un jeune homme qui la courtisera, osera-t-elle s'aventurer dans cette histoire ? Et qu'adviendra-t-il de son amitié avec Marthe, son unique amie ?

Tout au long du roman, nous avons un bref historique de la France, mais surtout du métier de repasseuse avec les évolutions du linge, des étoffes... mais aussi des fers qui avant pouvaient peser jusqu'à 8 kilos ! J'ai adoré être la spectatrice de la vie de Mone. J'ai pris plaisir à découvrir l'art du métier de repasseuse, révélateur de l'évolution de la femme, mais qui était aussi très épuisant. 

Une phrase m'a particulièrement marqué, car je pense qu'elle est entièrement vraie : 
C'est très intéressant, le linge. Vous savez tout sur tout le monde. Les gens parlent, le linge aussi. (page 193)
Je pense qu'en effet, on apprend beaucoup sur les personnes et leurs habitudes quand on repasse leurs affaires. On rentre dans leur intimité.

Bénédicte Lapeyre a une plume sensible et agréable qui m'a fait vibrer à travers Mone via son art du repassage qui n'a plus rien à voir avec maintenant. Un très beau livre qui nous fait voyager à travers le temps, les étoffes et le progrès du repassage.

# By Aurélie :) 

vendredi 28 octobre 2016

Interview de Denis Zott

Denis Zott, auteur de "La chute du cafard" a gentiment accepté l'interview. Un auteur à découvrir ! Pour information, ma chronique : ici

1. La chute du cafard est votre premier polar, qu'est-ce qui vous a donné l'envie d'écrire ?
Depuis une bonne vingtaine d'années, j'écrivais des bouts d'histoire, parfois des nouvelles plus ou moins abouties, même des semblants de scénario. Puis il y a eu un double déclic en 2011 : d'abord une épreuve personnelle après laquelle je me suis mis à écrire tous les jours, et ensuite la rencontre en juin 2011 de René Frégni, écrivain publié chez Gallimard, à qui j'ai demandé si je pouvais lui envoyer une nouvelle. Trois jours après, il m'appelle en me disant que j'avais un potentiel et en m'encourageant à persévérer. Un an plus tard, j'ai commencé à écrire "La chute du cafard".

2. Pourquoi avoir choisi le style "polar" ?
Je suis tombé dans la marmite polar et roman noir il y a une vingtaine d'années en lisant "Les racines du mal" de Maurice G. Dantec. Plus qu'un choc, un séisme. Depuis, je ne lis plus que ça, ou presque. C'est tout naturellement que je me suis mis à écrire dans la même veine de ce que j'aime lire.

3. Comment vous est venu l'idée du scénario de "La chute du cafard" ?
Un fait divers m'avait marqué. Dans la région lyonnaise, une adolescente, victime de harcèlement au collège, se jette du 3e étage d'un immeuble par la fenêtre de l'appartement de ses parents. Je me suis dit que c'était sans doute son seul moyen d'expression et peut-être la seule façon pour qu'on la prenne au sérieux. A partir de là, j'ai transposé ce fait divers dans une région où j'ai vécu, le Berry, au sein d'un microcosme local que je connais, en imaginant que cette adolescente n'est pas n'importe qui et qu'elle ne se jette pas de n'importe quel balcon. Celui de l'appartement d'un gendarme m'a paru assez puissant comme levier dramatique !

4. Mon petit doigt m'a dit qu'un deuxième livre était en cours d'écriture, pouvez-vous nous mettre l'eau à la bouche ?
Ce sera un roman noir dédié aux femmes qui n'aiment pas le foot ! Ca se passera à Marseille entre le stade Vélodrome et la Timone, avec des personnages un peu frappés qui deviendront carrément dingues à la fin du classico OM-PSG !

5. Une anecdote rigolote à nous raconter ?
Ah oui, lors des salons, des lecteurs sont souvent effrayés par l'épaisseur de mon livre ! Alors, je leur réponds que l'éditeur l'a fait exprès pour qu'il tienne debout tout seul sur les tables de dédicaces. Plus sérieusement, je leur montre que finalement l'ouvrage ne fait que 593 pages, avec un papier de bonne qualité, un tantinet épais, ce qui explique qu'il soit un peu épais.

jeudi 27 octobre 2016

Le cri de Nicolas Beuglet - Editions XO

4ème de couverture
Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…
Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.
Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…
Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !


Mon avis
Je remercie les éditions XO pour cette lecture :)

Tout commence par un patient retrouvé mort en hôpital de psychiatrie... seulement, cette mort n'aurait jamais dû s'ébruiter et pourtant... Sarah est dépêchée sur les lieux, dans cette atmosphère glauque et va rapidement comprendre que le Directeur de l'hôpital cache pas mal de choses... De quoi est mort le fameux patient 488, inconnu de tous ? Pourquoi cette cicatrice avec ce nombre marqué au fer sur le front ? Et surtout de quoi est mort le patient 488 ? Seul indice, sa grimace du cri, marquant à jamais les personnes l'ayant vu. Autant de questions qui vont mener Sarah en France. Elle va y rencontrer, Christopher, journaliste de guerre. Ces deux-là vont allier leurs connaissances et affronter ensemble un déferlement d'aventures, ou plutôt une vraie course contre la montre !

J'ai décidé de lire ce livre car j'ai été attiré par la magnifique couverture que je trouve très énigmatique. De plus, j'aime de temps en temps aller dans l'univers des tréfonds de la psychiatrie (oui, je sais je suis sadique !). Ici, nous sommes embarqué au cœur de la science mais aussi de la religion tout en passant par la folie des hommes qui est dévastatrice... Les secrets de famille seront au centre de toute cette pagaille (chantage...).

J'ai tout de suite été attiré par notre enquêtrice, Sarah, avec qui j'ai un point commun. Et quel point commun ! Celui-ci ne peut me laisser indifférente, en effet, le parcours du combattant, la PMA ! Je me suis donc logiquement identifié à elle. Pourtant, aux premiers abords, cela aurait pu ne pas "matcher" étant donné son caractère froid d'apparence qui finira par se réchauffer au contact de notre journaliste de guerre, Christopher. Deux protagonistes humains, bien fouillés qui nous feront partagés leurs sentiments et que j'ai adoré suivre dans leurs nombreuses péripéties.

J'ai particulièrement aimé l'ambiance glauque qu'à su instaurer Nicolas Beuglet au début du livre, cela nous prend tout de suite aux tripes. Dommage que cela n'ai pas continué un peu plus car j'aurais aimé resté dans cet état angoissant, malsain. Pour autant, je n'ai pas été déçu, l'auteur a su remplacer cette atmosphère lugubre par une série d'actions allant toujours plus loin (peut-être un peu trop parfois).

L'auteur se plaît à mêler faits réels et fiction. Une histoire rondement menée qui ne s'arrête jamais, un rythme effréné qui ne prendra fin qu'à la toute dernière page! En fait, ce livre est une course-poursuite incessante qui monte crescendo. Un page-turner que l'on ne peut nier et une lecture qui devient vite addictive sans que l'on s'en rende compte. 
Un livre qu'on peut aisément "transformer" en film d'action, peut-être du fait de la profession de l'auteur qui est scénariste.

Un seul bémol, certaines scènes me paraissent un peu tirées par les cheveux mais ce n'est que mon avis.

# By Aurélie :) 

mercredi 26 octobre 2016

White Coffee de Sophie Loubière - Editions Fleuve noir

**** Chronique de Jess ****

Pierre Lombard n’'a qu’'une hâte : quitter les États-Unis, retrouver sa femme et son fils, et effacer l’'ardoise de ces quatre années passées sur la Route 66 dans l’'ombre d'’un tueur en série, dont il a malgré lui écrit les mémoires. Bourré de remords, il se sent prêt à tout pour reconquérir Lola et Gaston. Mais cette dernière ne l’'a pas attendu, et son coeœur bat désormais pour Desmond, l'’homme qui a justement mis fin au parcours sanglant du tueur. Retenu par des conférences dans la petite ville de Chautauqua, celui-ci assiste à des événements étranges, morts suspectes et autres disparitions d'’objets énigmatiques, tandis que Lola le presse de revenir en France.
 

Voici un livre que j'attendais avec impatience ayant adoré le premier Black coffee. Je remercie les éditions Fleuve noir pour cette lecture.
 
Je pense qu'il est grandement conseillé de lire le premier avant de lire celui-ci car même moi qui avait en partie un peu oublié tous les détails du premier j'ai été un peu perdu dans les 100 premières pages. J'ai trouvé que le début partait un peu dans tous les sens avec beaucoup de protagonistes et qu'il faut être bien concentré pour comprendre qui est qui, qui a fait quoi et à quel moment on se situe dans le présent ou le passé. Le fait aussi de passer de Nancy, aux différents coins des US demande un certain temps d'adaptation, mais une fois dans l'histoire tout file correctement. 

Ce nouvel opus raconte le retour de Pierre Lombard, suite à l'abandon de sa famille lors d'un périple sur la route 66. Il va devoir s'expliquer sur son copinage avec un tueur en série et réapprendre à se faire aimer des siens. Très facile avec son fils Gaston, un peu moins avec sa femme Lola, qui elle est tombée amoureuse de Desmond.
L'auteur nous comte donc la vie de Lola et de sa famille d'un côté, et la vie de Desmond, qui au cours d'une conférence dans la petite ville de Chautauqua va se retrouver face à une drôle d'enquête : une histoire de fantôme. Et entre les chapitres qui concernent la vie de Lola et celle de Desmond, nous avons la vie dans la ville où a sévi le tueur en série et où l'on recherche encore des corps, et aussi l'enquête parallèle du FBI qui je pense ne sert pas à grand chose dans l'histoire car l'auteur en parle à un moment, et puis arrête d'en parler alors que j'ai l'impression qu'il y avait des zones d'ombres à éclaircir.... Et nous avons aussi la vie des certains habitants de Chautauqua qui vivent des choses assez peu ordinaires.

Nous avons finalement deux histoires distinctes entre l'enquête de Desmond qui démarre très lentement, et s'accélère sur la fin comme s'il fallait vite finir l'enquête et la vie de Lola, et de son odieux mari. Odieux oui, j'ai trouvé ce personnage détestable. Sur le coup, l'auteure nous l'a bien dépeint ce sale type.
Pierre, donc essaie de refaire surface suite à ses mésaventures sur la route 66. Mais est-il vraiment celui qu'il prétend être? Lola va avoir de drôles de surprises et nous aussi!

L'enquête de Desmond est très originale, nous sentons qu'il se passe quelque chose de bizarre dans cette petite ville où tout le monde à l'air de bien s'y sentir. Mais que ou qui se cache réellement derrière tous ces faits étranges? Le dénouement est particulièrement émouvant.
Et il y a un fil invisible qui se créer entre les deux histoires, et les deux pays, un fil amoureux entre Lola et Desmond. J'aurai aimé que ce fil soit plus présent, et lire un peu plus de leur amour.

Malheureusement j'ai été déçue par ce deuxième opus. J'en attendais peut-être trop. Pourtant l'écriture de Sophie est époustouflante et fluide ce qui a fait que j'ai passé un bon moment de lecture mais pas de coup de cœur et un sentiment d'inachevé donc peut-être y aura-t-il un 3ème volet !

J'ai été très intrigué par cette petite ville des USA j'ai donc voulu voir à quoi ressemblait le fameux hôtel hanté de Desmond. Je vous en fait donc profiter en photo!




Hötel Athenaeum de Chautauqua








 




St Maur en Poche 2016



 
 

lundi 24 octobre 2016

un, deux, trois ... Sommeil de Gilles Vincent - Editions Cairn

**** Chronique de Jess ****

Le premier opus d'une nouvelle série, Les aventures du commissaire Holtan par Gilles Vincent auteur confirmé deux fois finaliste du Prix Landerneau. Dans son bureau du commissariat central de la rue O'Quin à Pau, le commissaire Jens Holtan peine à sortir de sa longue hibernation. Les affaires se suivent et se ressemblent, maussades et ennuyeuses comme les après-midi de pluie sur le Béarn. Ce qu'il ne peut deviner, c'est que dans moins d'une minute, le lieutenant Inès Nieves va surgir dans son bureau. Dans l'enveloppe qu'elle déposera, l'attend la photographie d'un corps inerte. Un notable du coin. Sans vie. Un corps allongé dans une posture étrange, à même le cuir fauve de son canapé de standing. Et s'il n'était que le premier de la liste... Sur la ville prête à sombrer dans la torpeur de l'été, un vent de panique s'apprête à tout balayer.
 
 
 
Gilles Vincent est un auteur que j'affectionne beaucoup et où je trouve beaucoup de plaisir à lire ses livres.
Voici le premier livre d'une nouvelle série avec de nouveaux enquêteurs. Le commissaire Holtan et le lieutenant Nieves  sa nouvelle recrue.
Pas de temps mort dans ce polar de 155 pages, tout est fait pour qu'on rentre tout de suite dans l'histoire et l'auteur ne nous laisse pas souffler une seconde. On tourne les pages vite fait bien fait pour vite connaître le dénouement de l'affaire.
 
Parlons - en de l'affaire : Quel est le point commun entre 3 suicides de notable dans la région? Est-ce vraiment des suicides? Tout porte à croire que non lorsque le commissaire reçoit des photos de la scène avant que les corps soient découvert.  
Le commissaire Holtan et Nieves vont partir à la recherche du passé des 3 victimes et quel passé!
Un petit polar - dans la taille et non dans la qualité - qui se dévore et dont la fin m'a laissé pantoise. Petit bémol : j'aurais aimé une histoire un peu plus longue, mais je pense que c'était voulu de la part de l'auteur. Et il n'est pas donné à tout le monde de faire un travail de qualité en si peu de pages!

J'espère que Gilles va vite sortir la suite des aventures du commissaire Holtan et de Nieves car il me tarde de les retrouver dans de nouvelles enquêtes.

Biographie de l'auteur

GILLES VINCENT Après 33 ans dans le Nord et onze ans à Marseille, il décide, en 2003, de poser valises et stylos dans le Béarn. Depuis quinze ans, il consacre le plus dense de sa vie à l'écriture. Il est aussi l'animateur d'ateliers d'écriture en milieu scolaire, en prison, à l'hôpital... Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l'habite... Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé.

Détails sur le produit

  • Poche: 168 pages
  • Editeur : Editions Cairn (22 mars 2016)
  • Collection : Du noir au Sud
 
 

dimanche 23 octobre 2016

Interview de Sandrine Roy

Après la sortie de son premier roman "Lynwood Miller", Sandrine Roy a eu la gentillesse de se dévoiler à demi mots dans cette interview. Pour information, vous trouverez ma chronique : ici

1. Lynwood Miller est ton premier polar, qu’est-ce qui t’a donné l’envie d’écrire ? 
L’envie d’écrire est apparue très tôt : à l’âge de 7 ou 8 ans, j’écrivais ce que je nommais déjà des romans, sur des cahiers dont je choisissais les couvertures avec grand soin, comme pour un vrai livre. C’était d’abord un moyen d’inventer une vie plus belle que celle que j’avais, de créer des personnages aux antipodes des gens qui m’entouraient.

C’était sans doute aussi une façon de combler un manque affectif. On ne m’a jamais raconté d’histoires avant de m’endormir, alors je m’en suis raconté moi-même.

En grandissant, mon goût pour l’écriture ne m’a jamais lâché, j’ai toujours eu un roman en cours de création ; la plupart de ces romans ayant fini à la poubelle parce que je ne les jugeais pas assez réussis. 

2. Quel est ton modèle dans l’écriture ? 
Je ne peux pas dire que j’aie un modèle. J’ai des goûts très éclectiques en matière littéraire et il y a trop d’auteurs que j’admire pour décréter que c’est celui-ci précisément qui m’inspire. Toutefois, dans la technique, la concision de Flaubert est effectivement un modèle. Aller à l’essentiel, ne pas noyer le lecteur dans des digressions inutiles, voilà qui constitue ma ligne de conduite. 

3. Pourquoi avoir choisi d’inclure une touche de surnaturel ? 
Je me suis vraiment mise à la lecture de polars il y a seulement environ 3 ans. C’est-à-dire après avoir écrit Lynwood Miller. Ayant fait des études de Lettres, j’ai lu quantité d’œuvres classiques et, en matière de romans policiers, ma culture se limitait à Mary Higgins Clark, Conan Doyle, Gaston Leroux ou Agatha Christie. Mon univers de prédilection est la fantaisie, et plus particulièrement les séries que j’aime lire en anglais de préférence. 

En résumé, je suis très cliente des magiciens, des ambiances médiévales, et même des vampires à l’occasion. Alors inclure une touche de surnaturel m’a semblé…naturel. 

4. Peux-tu nous parler du 2ème tome ? Allez ! des petites infos pour nous aider à patienter ;) 
Je ne veux pas spoiler alors tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a davantage d’action et de nouveaux personnages. On en apprend un peu plus sur le passé de Lynwood. Le reste est à découvrir… 

5. Une anecdote rigolote à nous raconter ? 
Beaucoup de lecteurs me demandent qui m’a inspiré le personnage de Lynwood et toux ceux qui ont proposé un acteur américain se sont plantés, ce qui me fait beaucoup rire ! Il s’agit effectivement d’un acteur américain. Le jeu est de découvrir lequel ? À vous de jouer ! 

vendredi 21 octobre 2016

La prunelle de ses yeux d'Ingrid Desjours - La bête noire

**** Chronique de Jess ****

4ème de couverture :
 
Gabriel Abramovic a tout perdu en l'espace d'une nuit. La vie qu'il s'était construite à force de sacrifices. Victor, son fils de 17 ans, battu à mort par un inconnu. La vue. Dix ans plus tard, il a appris à tout surmonter. Sa cécité, qu'il n'a pas renoncé à combattre. Sa solitude, qu'il comble en cumulant les conquêtes. Tout. Sauf le deuil de son enfant. Germe alors une idée un peu folle dans sa tête : et si sa guérison passait par la résolution du meurtre de son fils, resté impuni ? Victor était un garçon brillant mais secret, torturé, excessif, curieux. Le genre qu'on peut vouloir réduire au silence de façon radicale. Gabriel décide de partir à la rencontre des dernières personnes qui l'ont côtoyé afin de faire la lumière sur les circonstances de sa mort. Pour le guider dans sa quête sous forme de road trip, il recrute Maya Torres, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer le véritable but de ce voyage. Facile et bien payé, ce travail tombe à point nommé pour la jeune femme aux fins de mois difficiles. Elle devra être son guide, son chauffeur. Ses yeux. Mais qui guide vraiment qui ? Gabriel éveille Maya à une sensualité à laquelle elle avait renoncé depuis longtemps, la fait rire, rougir, fait battre son coeur. Seulement, quand leurs escales la ramènent systématiquement à un secret qu'elle croyait à jamais enterré, Maya commence à douter : Gabriel est-il celui qu'il prétend ? Ne lui a-t-il pas tendu un piège pour l'entraîner vers ses propres ténèbres ?

 
 
Amis lecteurs vous ne ressortirez pas indemne de cette lecture! Même moi je vais avoir du mal à me remettre de ce livre.
Ingrid Desjours nous démontre encore une fois son talent dans le thriller psychologique avec ce bouquin et quel "putain" de bouquin! Ce livre est une bombe qui vous fera passer par tout un tas de sentiments comme si vous étiez pris dans une tornade. On en ressort chamboulé, essoré.
Ca faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas bouleversé à ce point et fait pleurer autant.
Ce livre n'est pas un coup de cœur mais un coup de foudre en plein cœur!

Je vais vous parler un peu de l'histoire quand même mais pas trop. Gabriel, part à la recherche du passé en essayant de trouver l'assassin de son fils. Que s'est-il passé cette fameuse nuit de novembre 2003? Pourquoi son fils a-t-il été battu à mort? Pourquoi Maya s'est-elle enfuie? Beaucoup d'interrogation pour ce père qui a tout perdu, son fils et la vue dans un accident de voiture au lendemain du drame.
Ingrid nous décrit très bien la vie d'aveugle au point où l'on se demande si elle n'a pas été aveugle un jour. Elle a su nous transmettre les sensations, les impressions d'une personne non-voyante, elle a su nous faire ressentir à nous aussi le fait d'être dans le flou, la brume.

Avec ce livre elle dénonce certains aspects de notre société actuelle, de l'élite et des grandes écoles. Elle nous parle de l'intolérance de certaines personnes au pouvoir ou en politique (fait qui s'accorde très bien avec les actualités en cours en ce moment). Elle nous fait comprendre qu'on n'a pas besoin d'avoir perdu la vue pour avoir aussi une vision altérée du monde dans lequel on vit, et surtout la vision que l'on peut avoir de nos proches.

Le récit alterne passé et présent, entre 2003 avec le vision de Victor et 2016 avec la vision de Gabriel et Maya. Nous allons comprendre au fur et à mesure ce qu'il a pu se passer en 2003. Les chapitres courts nous entraine dans un rythme de lecture effréné, on ne peut plus lâcher ce livre une fois commencé. L'écriture d'Ingrid est magistrale tant dans l'intensité des émotions qu'elle nous fait vivre au travers de sa plume que des sujets qu'elle traite. Des scènes à vous couper le souffle tant elles sont intenses en émotions et dures pour les personnages.

Vous l'aurez compris j'ai adoré ce livre et je vous conseille de foncer dans votre librairie et de vous le procurer!


Biographie de l'auteur

Ingrid Desjours est psychocriminologue. Après avoir exercé de nombreuses années auprès de criminels sexuels en Belgique, elle décide en 2007 de se retirer en Irlande pour écrire son premier thriller. Depuis, elle se consacre entièrement à l'écriture de romans et de scénarios pour des séries télévisées. Les nombreux psychopathes qu'elle a profilés et expertisés l'inspirent aujourd'hui encore. Outre ses tableaux cliniques pertinents, l'auteur excelle dans l'art de lever le voile sur la psychologie humaine et de faire ressentir au lecteur ce que vivent ses personnages, pour le meilleur et surtout pour le pire...
Tous ses romans, Écho (2009), Potens (2010), Sa vie dans les yeux d'une poupée (2013), Tout pour plaire (2014) et Les Fauves (2015) ont été plébiscités tant par le public que par la critique et les libraires. Consécration : Tout pour plaire est en cours de développement pour une série TV par Arte. Ingrid Desjours publie également chez Robert Laffont des sagas fantastiques sous le pseudonyme de Myra Eljundir. Elle vit à Paris.

 

Détails sur le produit

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Robert Laffont (13 octobre 2016)
  • Collection : La Bête noire
  • Langue : Français
 

mercredi 19 octobre 2016

Tabous de Danielle Thiery - Editions Ombres Noires

**** Chronique de Jess ****


Dans un hôpital d’Arcachon, une femme et son bébé de 4 mois disparaissent mystérieusement. Le commissaire de la PJ de Paris, Edwige Marion, descend épauler son ancien collègue bordelais, accompagnée d’Alix de Clavery, une jeune psycho-criminologue aux méthodes singulières.

L’enfant est retrouvé… sans sa mère.

Commence alors une enquête difficile où la spécialiste se heurte aux murs du silence et à la puissances des tabous.


 
 
Je remercie les Editions Ombres noires pour cette nouvelle lecture.
J'avais connu Danielle Thiery au salon du polar de Montigny en 2014 où je lui avais pris "Affaire classée" que j'avais beaucoup aimé. J'avais comme objectif de lire tous ses livres dans l'ordre mais le temps m'a manqué et je ne pouvais pas passer à côté du dernier.
 
J'aurai dû les lire dans l'ordre car même si chaque histoire/enquête est différente il y a toujours le passif des personnages récurrents et des clins d'œil aux précédentes affaires ça m'a donc un peu dérouté. Mais ça ne change en rien le fait que l'enquête est très prenante.
 
Tabous...
Dès le titre nous savons que les enquêteurs, Marion Edwige, et ses équipiers vont avoir à faire à des enfants. On sent que chaque protagoniste en charge du dossier a un passif avec ce genre de chose. Une nouvelle personne vient d'arriver dans le service, une psycho-criminologue, Alix De Clavery, un peu en marge des autres, mais qui a comme un sixième sens pour résoudre et comprendre les tréfonds des gens. A l'instar de ses co-équipiers nous sentons un passif, une enquête jamais résolue et qui la bouffe de l'intérieur.
 
Deux histoires...
L'histoire commence par Truc, un gars paumé qui vient de voler un scooter et tente de se rendre chez un pote de prison. Malheureusement, il va aller de mauvaises surprises en mauvaises surprises. Nous savons qu'il s'est passé quelque chose à l'hôpital de la Teste mais quoi ? Mystère...
De l'autre côté, Marion reçoit un appel d'un ancien collègue bordelais, qui souhaite son aide dans la disparition d'une jeune maman et de son bébé. Elle va partir avec son équipe pour démêler le sac de nœud.
 
Nous sentons d'entrer de jeu que Danielle est du métier, ça se sent dans le déroulement de l'enquête, dans le vocabulaire. On sent le vécu, la noirceur des enquêtes. Ici comme le dit le titre nous rentrons dans un sujet tabous, les enfants, la maltraitance, et qui la fait subir.
Les équipes vont se scinder en plusieurs binômes afin de savoir ce qui a pu se passer à l'hôpital et retrouver Célia. Son bébé est vite retrouvé mais avec elle, les questions vont se bousculer. Que s'est-il passé? Que cache la famille de Célia? Pourquoi le père du bébé est lui aussi introuvable?
 
Un polar prenant, déroutant tant on a l'impression de vivre l'enquête de l'intérieur. J'ai eu qu'une seule envie connaître le fin mot de l'histoire, et contrairement à certaines critiques que j'ai pu lire, je n'ai pas vu la fin venir.
 
Un polar et une auteure que je ne peux que vous conseiller!


dimanche 16 octobre 2016

La chute du cafard - Jeux dangereux en Berry de Denis Zott - Editions Le Geste Noir

4ème de couverture
Le Mendiant l’avait prévenu à son arrivée dans le Berry où il venait d’être muté. « Fais gaffe à ne pas rester trop longtemps, mon pote ! Et fais gaffe aussi aux jeunes ! Ici ils s’emmerdent. Mortellement…»
Lorsque, en pleine période électorale, « Celui qui regarde à travers les murs » vole une photo dans une banque d’images ultra sécurisée et l’expédie par mail aux élèves du collège Colbert à Châteauroux avec le message « Vous la reconnaissez ? », c’est une bombe qui tombe sur la ville.

En découvrant la photo, Anita, « le cafard », veut disparaître de la surface de la Terre, mais non sans faire payer les responsables de son humiliation. Elle les entraînera tous dans sa chute. L’effet domino sera dévastateur. Et gare aux dommages collatéraux. 
Le commandant Yann Lespoir, qui mène l’enquête, ne sera pas épargné. Le Mendiant l’avait prévenu.

Mon avis

Je remercie Denis Zott ainsi que les Editions Geste pour cette lecture :)

Tout commence par le suicide d'Anita, fille du député en pleine campagne de réélection. Anita saute du studio du commandant Lanson, mais pourquoi ? Qu'est-ce qui l'a poussé à commettre un tel acte ? Une photo compromettante et humiliante mais est-ce la seule raison ? Qui est le fameux "Greg" qui a signé ? Est-ce le tagueur de la ville qui porte le même nom ? Quel est le lien entre ces deux faits bien distincts ?
Cet "incident" n'est que le début d'une vague de violence, force 10 qui va s'abattre en Berry ! 

Le commandant Lespoir et son équipe sont sur l'affaire qui ne va pas cesser d'aller toujours plus loin, et toujours plus fort. La commissaire Declercq va débarquer et semer la zizanie. 
Lespoir était prévenu, en Berry les jeunes s'ennuient mortellement... 

La chute du cafard avec son sous-titre "Jeux dangereux en Berry" est tout aussi important que son titre principal. A mon sens, ils sont même indissociables. Vous comprendrez son sens lorsque vous le lirez :) 

Un premier polar de 593 pages (pour un premier jet, le Monsieur avait de l'inspiration, et quelle inspiration !) 

L'auteur nous embarque d'entrée de jeu dans une histoire complexe avec beaucoup de personnages aux fortes personnalités (ce qui aurait pu le perdre doublement, mais non ! :)) Ces personnages sont minutieusement travaillés tel un travail d'horloger. Au fil de ma lecture, je me suis prise d'affection pour certains que j'ai fini par détester...

Denis Zott aborde tous les domaines : sexe, alcool, drogue, mais aussi vengeance, culpabilité, violence, adultère, rivalité, flics véreux, abus de pouvoir et j'en passe !

Le scénario est brillamment orchestré avec une écriture soignée qui s'adapte à chaque thème, tantôt douce, violente ou nerveuse. L'auteur ne cherche pas à nous épargner, au contraire il s'amuse avec nos nerfs et s'ingénie à nous semer sur de fausses pistes. Plusieurs fois, j'ai cru avoir démêlé cet écheveau d’énigmes et au final, j'ai été scotché par cette chute plus qu'inattendue. Une chute pleine de rebondissements et qui éclabousse tout le monde au passage.

Enfin de belles descriptions de la contrée Berrichonne se mêlent à l'intrigue et ont dû demander un gros travail de recherche à l'auteur. 

Un polar plus qu'abouti réunissant tous les éléments d'un bon roman ! Je tire mon chapeau à Denis Zott pour cette totale réussite.
Ici pas de héros, ou si l'auteur ! :)

# By Aurélie :) 

vendredi 14 octobre 2016

Chanson douce de Leila Slimani - Editions Gallimard

**** Chronique de Jess ****
 
Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.
 
 
 
J'ai tout de suite été emballé par la 4ème de couverture et je me suis empressée de le lire dans la foulée. Moi-même étant maman, et ayant eu affaire à une nounou ce livre ne pouvait que me parler.
Ce livre retrace l'histoire banale d'un jeune couple avec deux enfants en bas âge. Myriam décide de reprendre une vie professionnelle et se met à la recherche d'une nourrice pour s'occuper de ses deux enfants.
Elle va trouver Louise, la petite cinquantaine, qui a une longue expérience en tant que nourrice et qui a d'excellentes références. Elle va vite se montrer irremplaçable et indispensable au sein du foyer. On peut même la qualifié d'employée modèle dont toutes les mamans rêveraient d'avoir à la maison pour s'occuper de leur trésor.
L'auteure nous happe dans l'histoire dès les premières lignes et dès les premiers mots "le bébé est mort". Nous savons d'entrée de jeu que la nourrice a tué les enfants de Myriam et Paul. L'auteure rembobine le fil de l'histoire et nous raconte les évènements qui ont entrainé ce drame.
 
Mais ce qui est excellent dans ce livre c'est  l'analyse de tous les aspects socio-culturels qui sont décrits dans ce roman réaliste.
Le lien employeur-employé ou comment garder certaines distances. Le comment et le pourquoi une employée/nourrice peut du jour au lendemain péter un câble et commettre l'irréparable. La différence sociale des personnes qui peuvent travailler ensemble.
Je pense que trouver une bonne nourrice de nos jours est une chose très difficile, surtout quand on entend autour de nous des histoires pas croyable sur ce qu'il a pu se passer avec telle ou telle nourrice.
Mais le plus effrayant c'est quand on pense avoir trouver une perle et que finalement on se rend compte au fur et à mesure qu'il y a un malaise qui se créé, des petits rien insignifiants mais qui peuvent prendre des proportions alarmantes.
 
L'auteure nous décrit aussi la descente aux enfers de certaines personnes qui n'auraient jamais pensé  une seule seconde que leur monde pouvait s'effondrer : le mort d'un époux, des dettes à éponger, une solitude sociale qui peuvent être le déclencheur d'une bombe psychologique.
Elle nous parle aussi des parents actuels, de comment il est difficile de trouver un juste équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, de comment il peut être facile de laisser nos enfants aux bons soins d'une étrangère, des reproches que l'on peut recevoir de parents ou beaux-parents sur l'éducation et de la culpabilité qui en découle.
Un roman poignant qui nous fait ouvrir les yeux sur des problèmes sociologiques actuels et qui nous fait remettre en question certains aspects de notre vie privée.
En ce qui me concerne j'ai été des deux côtés du tableau et j'ai pu m'identifier à Louise (j'ai vécu 2 ans dans une famille où je gardais 2 enfants) et en tant que mère qui a employé une nourrice. Et je trouve les personnages et leur psychologie admirablement décrit.
 
Un thriller psychologique dans la veine des livres de Jacques Expert, un roman qu'on ne peut pas lâcher, qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.
Un énorme coup de cœur et une très belle découverte.


Embrigadée de Valérie De Boisrolin - Editions Les presses de la Cité

**** Chronique de Jess ****
 
 
Juin 2013. Par un bel après-midi d'été, Léa quitte la maison de ses parents avec un sac de voyage et toute l'assurance de ses seize ans. Un dernier texto : « Je pars à Paris, maman. Bisou, je t'aime. » Elle va rejoindre son amoureux, un jeune islamiste radical. Depuis des mois, elle est sous son emprise, prête à croire à toutes ses promesses. Certains signes auraient pu alerter Valérie. Sa fille changeait, mais les adolescents sont si versatiles... Un mois plus tard, la police la retrouve : en burqa. Elle fugue de nouveau. Pour ne plus revenir. A ce jour, elle est en Syrie où elle a eu un enfant. Valérie a pu cependant renouer un fragile dialogue. Malgré la confiance et l'amour, l'éducation donnée et les valeurs transmises, « l'inconcevable est arrivé ». Sa fille était équilibrée, et les raisons qui l'ont poussée à partir restent en grande partie une énigme.
Valérie de Boisrolin met aujourd'hui toute son énergie au service de parents qui vivent le même cauchemar.
 

Je remercie Babelio et les éditions Les presses de la cité pour ce livre.
 
J'ai commencé ce livre hier matin dans les transports et l'ai fini hier soir très perturbée par ce témoignage poignant d'une mère dont la fille est partie en Syrie.
L'histoire de Léa, ado de 16 ans, très fusionnelle avec sa mère va rencontrer un jeune musulman sur un site de rencontre. Sa mère va tout de suite se méfier de ce jeune homme, non pas à cause de ses origines maghrébines, mais sentant en lui une haine et une drôle de sensation.
Sa fille va  peu à peu changer de comportement, discrètement et se faire endoctriner par ce jeune malgré les recommandations de sa mère de ne plus le voir. Et puis un jour sans prévenir Léa va disparaître.
 
L'auteure nous fait part de sa peine, de sa colère, de son incompréhension à travers son histoire. Elle souhaiterait connaître les raisons qui ont fait partir sa fille dans un pays en guerre. Le pourquoi elle, et le comment une jeune fille de bonne famille et de bonne éducation a pu se faire laver le cerveau à ce point, au point de tout quitter.
J'ai ressenti dans ce livre toute la douleur de Valérie De Boisrolin. Moi, qui suis aussi maman, j'ai imaginé la peine de voir son enfant partir dans un pays en guerre, j'ai ressenti la colère de cette mère de ne pas arriver à lui ouvrir les yeux, de ne pas avoir réussi à la protéger, sa culpabilité aussi de penser qu'elle est peut-être la cause de se départ précipité.
 
Je pense que tous parents devraient lire ce livre pour justement prévenir et anticiper un éventuel endoctrinement. Valérie De Boisrolin va se rendre compte qu'elle n'est pas là seule dont l'enfant est parti et va tout faire pour arrêter ce fléau grâce à son association et à l'aide de nombreuses personnes. Elle a fait bouger les choses pour regrouper les parents dans la même situation et pour essayer de combattre ce fléau. De nombreux jeunes partent chaque année en Syrie et finissent par mourir. C'est un véritable problème à l'heure où les attentats et la guerre est au plus fort. Il faut protéger nos enfants. Il faut parler et médiatiser ce danger dont chaque famille peut faire les frais.  
 
Un livre à lire de toute urgence !
 

 

jeudi 13 octobre 2016

Lux de Maud Mayeras - Editions Anne Carrière

**** Chronique de Jess ****
 
C'est l'histoire d'un retour, d'une sentence et d'une vague qui monte à l'’horizon.

2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’'Australie.
Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l'’espace de trois mois qui l'’ont vu quitter l’'adolescence, il a connu la joie, l'’amitié, l'’amour et l’'horreur.
Aujourd’'hui il est un homme. Il n’'a pas oublié, il n’'a rien pardonné.
Mais la justice prend d'’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l'’apocalypse.
Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’'une jeune auteure au sommet de son art.
 
 
 
Voici un livre que j'attendais depuis très longtemps... 2 ans à peu près. Je me suis donc précipitée à sa sortie pour l'acheter.
J'avais lu quelques retours de lecture comme quoi ce livre était très différent de ce que Maud avait pu faire avec "Hématome" et "Réflex", j'ai voulu donc me faire ma propre opinion.
Je pense que je vais avoir beaucoup de mal à décrire ce que j'ai pu ressentir pendant ma lecture.
 
Vous avez dit polar?!?
Pour moi et ce n'est que mon humble avis ce livre n'est pas à ranger dans la catégorie polar, mais plutôt roman noir. Il dégage une atmosphère très particulière de ce livre. Maud joue avec nos peurs, notre passé, nos angoisses d'enfant. Moi en tout cas j'ai vécu mon pire cauchemar en lisant ce livre donc je ne sais pas si pour moi c'est un point positif ou négatif. Je pencherais pour le positif!
 
L'Australie... dangereuse Australie....
Je pense que Maud a très bien fait de situer son roman en Australie, car pour moi j'ai toujours trouvé dans ce pays quelque chose de fantastique, avec toutes ces bestioles bizarres et dangereuses. Le fait donc que l'histoire se déroule là-bas amplifie le côté sombre de l'histoire.
 
Je ne vous parlerai pas de l'histoire en elle-même je préfère vous laisser la découvrir par vous-même. Je dirais juste que c'est l'histoire d'Antoine, qui a passé l'été 96 dans la ville de Ceduna où il a rencontré Hunter et sa sœur Lark. De grands malheurs lui sont arrivés pendant cet été et il décide 20 ans plus tard d'y retourner pour se venger.
 
J'ai senti toute de suite un malaise en commençant ma lecture mais malgré ce malaise je continuais à tourner les pages comme hypnotisé par ce que je lisais. J'ai eu l'impression qu'une ombre me suivait pendant ma lecture, et l'histoire en elle-même est très sombre.
L'écriture de Maud est sublime, je pense vraiment que c'est une auteure talentueuse, je le savais déjà en ayant lu ses deux premiers polars mais elle est passée non pas un cran au-dessus mais je dirais sur le toit de l'immeuble tant son écriture est superbe.
En bref je suis un perturbée par cette lecture et je ne saurais dire si j'ai aimé ou pas... J'aimerai voir Maud pour en discuter avec elle.
 

Détails sur le produit

  • Broché: 252 pages
  • Editeur : Anne Carrière (6 octobre 2016)
  • Collection : THRILLER

 

lundi 10 octobre 2016

La mort nomade de Ian Manook - Editions Albin Michel

**** Chronique de Jess ****
 
 
4ème de couverture :
 
Yeruldelgger, commissaire de police à Oulan Bator, souhaitait prendre une retraite bien méritée mais ce sera pour plus tard : un enlèvement, un charnier, un géologue français assassiné et une empreinte de loup marquée au fer rouge sur les cadavres de quatre agents de sécurité requièrent ses services.
Une plongée dans les malversations des compagnies minières et les traditions ancestrales mongoles.
 

 
 
C'est avec impatience et émotion que j'ai commencé la troisième et dernière aventure de Yeruldelgger! Quel plaisir de retrouver l'écriture de Ian Manook et de retrouver les paysages de la Mongolie. J'ai adoré retrouver la culture de ce pays, ces anecdotes, ces paysages si bien décrits qu'on s'y croirait.
 
Retraite solitaire.... ou pas....
Dans ce nouvel opus, Yeruldelgger décide de passer une retraite paisible loin des siens mais c'était sans compter sur les problèmes et les morts qui semblent attirés par lui.
Il se retrouve donc un soir avec deux femmes qui viennent lui rendre visite, l'une d'elle recherche sa fille qui a été enlevée, la deuxième a vu son amant français se faire assassiner. Et le lendemain c'est un jeune nomade qui veut lui montrer un charnier. Et en partant participer à un tournoi il tombe sur 4 morts sur une route. Malgré lui, Yerul se retrouve au cœur d'une sombre affaire.
 
Un thriller mongole mais pas que....
Dans ce nouvel opus, Ian Manook nous entraîne aux 4 coins du monde, de la Mongolie, à l'Australie, en passant par la France et New-York. Ce livre fait peur, car il nous fait prendre conscience des dommages que l'homme cause à la nature. Yerul va s'en rendre compte à ses dépens, il va voir ses steppes martyrisées par l'Homme pour des raisons égoïstes et injustes. L’auteur traite d’un sujet grave, l’exploitation des ressources minières de la Mongolie par des multinationales. Un polar qui fait donc froid dans le dos.
 
Plusieurs meurtres...un seul lien?
Dès le départ je me suis posée la question : Quel est le lien entre tout ce qui se passe? Et curieusement j'ai trouvé que malgré la présence de Yerul, il était moins présent dans l'histoire et les différentes enquêtes qui elles sont dirigées par plusieurs enquêteurs. Yerul est donc au cœur des problèmes mais il ne cherche pas dans cette histoire à résoudre l'enquête mais plutôt à ce qu'on le laisse tranquillement se reposer!
Je trouve toujours que plusieurs enquêtes, dans plusieurs pays peuvent être casse-gueule dans le sens : l'auteur va-t-il nous expliquer le pourquoi du comment sans se prendre les pieds dans les fils invisibles des enquêtes et rebondissements? Ce n'est pas le cas ici, tout est bien orchestré au millimètre près! Mais j'avoue que je me suis un peu embrouillée avec tous ses personnages et que j'ai dû relire la première page des premiers chapitres pour savoir dans quel pays on se trouvait et de qui on parlait.
 
J'ai trouvé le style de Ian Manook beaucoup plus élaboré que dans les deux premiers opus, peut-être même un peu trop. Certains pourraient trouver certaines longueurs, j'en ai trouvé quelques-unes mais cela n'a pas dérangé ma lecture. Si vous voulez un polar qui vous fasse voyager et qui vous dépayse totalement foncez!
 
Je remercie les Editions Albin Michel pour cette lecture.
 
Si vous ne connaissez pas cette série voici mon avis sur le premier "Yeruldelgger"
 
 

Détails sur le produit

  • Broché: 432 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (28 septembre 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE
 
 
St Maur en poche édition 2016