mercredi 30 novembre 2016

Les démoniaques de Mattias Köping - Editions Ring

**** Chronique de Jess ****

Drogue, esclavage sexuel, meurtres, corruption, pédophilie... Au cœoeur d'’un village qui borde l'’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.
Depuis la Souille, sa datcha située au cœoeur de la forêt, l'Ours dirige son clan d'une poigne de fer. Père incestueux et proxénète aux méthodes cruelles, l'ancien para ne recule devant aucune horreur pour étendre son empire criminel.
Sa fille, dealeuse et prostituée de force, trouvera un soutien inattendu auprès d'un paisible et solitaire professeur. Elle n'aura dès lors qu’'une obsession : attendre froidement l’'heure de la vengeance, car si personne ne se souvient de son visage, le monde n'oubliera pas sa colère.

Köping prend le lecteur à la gorge et ne le lâche plus, jouant sur tous les codes du noir : infiltration, horreur, polar...
Les Démoniaques est un livre où l'on crie, pleure, et saigne aussi. Une onde de choc étourdissante qui fait figure d'événement dans la scène du roman noir français.
 
Je remercie les éditions Ring et Laura pour cette lecture.

Voici un livre dont on parle beaucoup en ce moment et en bien! Toutes mes "copines lectrices" m'ont tenté j ai donc sauté le pas dès sa réception et je peux vous dire qu'autant parfois je suis déçue autant ici j'ai totalement adhéré.

Mattias dépeint dans son livre tous les aspects les plus glauques et les plus sordides que l'espèce humaine peut malheureusement rencontrer.
Nous voici dans un bled paumé de Normandie où vit Jacky dit l'Ours, un  type qui gère son entreprise, sa boîte de nuit et d' autres boui-boui qui lui servent de couvertures pour trafiquer. Prostitution de mineurs, soirées glauques entre notables, torture, perversion, pédophilie et trafic de drogues sont au cœur de ses spécialités. Sa fille, Kimy 18 ans n'a pas eu une enfance comme les autres. Violée, prostituée et droguée dès son plus jeune âge, elle décide à sa majorité d'en finir avec les personnes qui l'ont fait souffrir. Ses tortionnaires ne sont autres que son père,  son oncle et sa grand-mère.
Elle va faire une rencontre qui va la conforter dans sa décision. S'en suit un plan machiavélique que je ne vous dévoilerais pas  ;-)

Pour les âmes sensibles attention car certaines scènes sont très dures à lire mais elles étaient nécessaires pour que ce roman ait la force qu' il a. Ce livre est un premier roman et c'est une totale réussite. L'auteur a su nous faire rentrer dans ce monde hideux grâce à un vocabulaire cru et vulgaire. La description des scènes nous décrit aussi très bien ce monde de pourri.

Tous les ingrédients sont choisis pour qu'on tourne les pages frénétiquement afin de connaître le dénouement. J'ai angoissé avec Kimy, j'ai stressé avec elle, j'ai été en colère contre ce père qui n'a pas le droit de porter ce nom qu'il ne mérite pas. Et le pire c'est que quand on se rapproche de la fin et que notre cœur recommence à avoir un rythme à peu près normal Mattias nous assène le coup final.... Et c'est une droite comme si Jackie m'en avait collé une qui m'a assommé. Quel final magistral! Chapeau M. Koping ce livre est une totale réussite et il mérite d'être connu. Encore un coup de cœur en ce qui me concerne.

mardi 29 novembre 2016

Troupe 52 de Nick Cutter - Editions Denoël

4ème de couverture 
Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.


Nick Cutter est le pseudonyme d'un célèbre écrivain qui vit à Toronto. Troupe 52 a remporté le James Herbert Award for Horror  Writing.

Mon avis
Je remercie les éditions Denoël pour cette lecture plus que flippante !

Tim Riggs, chef scout, emmène un groupe d'adolescents sur l'île de Falstaff Island pour trois jours de camping. Tout se passe bien jusqu'à l'arrivée d'un mystérieux individu affamé, et n'ayant plus qu'une forme humaine approximative. Toutes les questions sont permises : comment est-il arrivé sur l'île ? Pourquoi est-il affamé de la sorte ? Qu'est ce qui l'a mis dans cet état ? Une étrange infection va se propager mais je passerais celle-ci sous silence afin de ne pas spoiler le livre.

J'ai tout de suite été attiré par la 4ème de couverture. Et tout ce que je peux vous dire, c'est que je ne m'attendais pas du tout à cela ! En fait, avec du recul, je ne sais pas à quoi je m'attendais réellement... J'avais bien vu la citation "Troupe 52 m'a terrifié. Âmes sensibles s'abstenir" de Stephen King et pourtant...

Nick Cutter s'est inspiré de la structure narrative de "Carrie" de Stephen King, honnêtement je n'ai jamais lu de S. King. L'histoire est entrecoupée de coupures de journaux, interviews et extraits de procès après cette catastrophe. Tous ces éléments ajoutés contribuent grandement à la compréhension de l'histoire. Nous avons donc deux points de vue, celui sur l'île avec nos jeunes scouts et d'autre part, celui des adultes sur la terre ferme.

Au début de ma lecture, je ne comprenais pas grand chose. J'ai failli abandonner à plusieurs reprises tant l'ambiance de ce livre est malsaine, glauque,... Mais comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, j'ai tout de même continuer. Et là, ô surprise ! Je me suis prise au "jeu". Je me suis retrouvée à tourner les pages frénétiquement avec une fringale démesurée. Pourquoi me direz vous ? Mais pour savoir le fin mot de cette horrible histoire !

L'auteur a réussi son pari de me faire apprécier son livre alors que j'avais de sérieux doutes. Un roman d'horreur à l'état pur grâce aux minutieuses descriptions qui sont littéralement répugnantes. Si seulement, cela s'arrêtait là, mais non l'auteur en rajoute une couche avec les personnalités/comportements des adolescents. 

Nick m'a horrifiée et dégoûtée avec cet abominable huis clos. Je vous promets une lecture angoissante, flippante mais qui se dévore ! Je recommande ce livre aux amateurs d'horreurs, frissons garantis !!!

# By Aurélie :)

TROUPE 52 de Nick CUTTER - Traduit par Eric FONTAINE - 2016 - Editions DENOEL - 443 pages

vendredi 25 novembre 2016

Des noces noires d'Arnaud Sérac - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****

Laure, jeune officier de police de trente-six ans, s'est promis de retrouver coûte que coûte les agresseurs de son père, policier, lui aussi, victime d'une attaque à main armée qui l'a cloué sur un fauteuil roulant. Elle fait équipe avec François, dit "le vieux", flic, veuf et désabusé, abandonné par son fils. Ensemble, ils doivent résoudre plusieurs crimes d'une rare atrocité qui ont lieu dans leur secteur.
Les corps démembrés d'étudiants sont retrouvés éparpillés à travers la ville sans qu'il y ait un lien les rattachant entre eux, mis à part leur jeunesse, leurs valeurs, et le fait qu'ils postulaient à des petits boulots pour joindre les deux bouts. La recherche de mobile sans indice est ardue et délicate, d'autant plus que les fausses pistes et les témoignages bancals s'accumulent... La vérité n'est pas toujours celle que l'on croit et les apparences sont parfois trompeuses.
Peu à peu, le malaise plane, le doute s'insinue et Laure ne sait plus qui croire. Le Vieux aurait-il un lien avec ces crimes ? Dans cette intrigue policière, l'auteur saisit la finesse de la psychologie des personnages et dépeint avec réalisme le milieu difficile dans lequel ils évoluent. Nous suivons tour à tour, Laure et le Vieux ; nous pénétrons leurs pensées. Ce sont deux écorchés vifs qui traînent de profondes blessures : la recherche d'un agresseur pour l'un, la quête de l'amour filiale pour l'autre.
Deux âmes esseulées en quête de rédemption.




 
 
Après avoir grandement apprécié les romans du terroir chez De Borée, j'ai décidé de tester leur polar.
Voici un polar plein de sentiments, avec deux flics super attachants.
Laure, jeune femme de 36 ans troublée par l'accident qui a cloué son flic de père dans un fauteuil roulant 10 ans auparavant. Et aussi le "Vieux" son coéquipier, flic en bout de carrière, veuf et abandonné par son fils qui est un peu un papa bis pour Laure. On sent d'entrée de jeu que ces deux là s'apprécient énormément.
Ils vont devoir enquêter sur une sombre affaire où des bouts de cadavres sont retrouvés éparpillés dans la ville. Pas l'ombre d'une piste à l'horizon pour nos deux flics. Qui se cache derrière ses horribles meurtres? Quel est le point commun entre ses jeunes sans histoire?
 
En filigrane de l'enquête, nous avons la vie personnelle de Laure. Elle vit depuis quelques années avec Romain, qui lui pourrit l'existence avec sa jalousie maladive. Je l'ai plaint et me suis beaucoup attachée à la jeune femme qui souhaite juste trouver le bonheur et le faire autour d'elle. De plus, sa quête pour retrouver l'auteur du crime de son père est très touchante.
 
Je vais dire une chose étonnante mais ce polar est tout en tendresse et en sentiments sur la vie en général. Nous ne retrouvons pas les supers héros que l'on pourrait trouver dans les polars actuels qui se retrouvent dans des situations improbables. J'ai trouvé que ce polar était très réaliste dans la façon de résoudre l'enquête. Pas de longueurs inutile, toute information est là pour quelque chose, rien n'est superflu dans cette histoire qui découle sur une fin très surprenante.

Je continue à dire que De Borée publie des auteurs de qualité et je ne regrette jamais mes choix de lecture. Toujours de bons moments en perspective!

mercredi 23 novembre 2016

La pieuvre de Jacques Saussey - Editions du Toucan

**** Chronique de Jess ****
 
 
Lisa Heslin est officier de policier judiciaire dans un commissariat parisien. Elle est aussi la fille d'un juge d'instruction célèbre, assassiné au début des années quatre-vingt-dix. Lorsqu'elle apprend que sa mère, avec laquelle elle n'a plus aucune relation depuis bien longtemps, est à l'agonie, elle met de côté sa rancoeur, saute dans un avion pour Nice et rejoint la clinique. Au même moment à Paris, ses collègues sont appelés sur le lieu d'un meurtre crapuleux : un modeste coursier parisien a été retrouvé exécuté de deux balles dans la tête. Arrive pourtant une information qui change tout : l'arme de ce crime est la même qui a servi à tuer le Juge Heslin en 1992. Pour l'équipe du capitaine Daniel Magne, supérieur et amant discret de Lisa, c'est une enquête impossible qui commence, où tous les contacts sont aussi des pièges.
 
 
 
 
Après avoir lu quelques chapitres où j'ai peiné à rentrer dans l'histoire, j'ai vite été prise dans la double enquête de Daniel Magne et de sa compagne Lisa. Double enquête car en effet dans cette nouvelle histoire, Lisa part dans le sud au chevet de sa mère mourante. Elle apprend de ce fait des nouveautés concernant l'assassinat de son père et commence une enquête sans savoir que son compagnon le commandant Magne est aussi sur une nouvelle piste. Ce qui est intéressant c'est que les deux enquêtes sont racontées à quinze jours d'intervalle : fin août pour Lisa et début septembre pour Daniel. Ils avancent donc chacun de leur côté pour mieux se retrouver dans l'enquête.

Dans cette nouvelle affaire, Daniel apprend qu'un livreur a été assassiné par la même arme qui a tué le père de Lisa 20 ans plus tôt. D'autres personnes sont à leur tour tuées avec la même arme. Pourquoi cette arme réapparait 20 ans après? Va-t-on enfin trouver l'assassin de Lionel Heslin? Daniel s'embarque dans une sombre affaire.
 
Nous comprenons dès le départ que la fameuse pieuvre est en fait la mafia, qui est représenté dans l'animal aquatique. Et je trouve qu'elle est très bien représentée on peut très bien s'imaginer les ramifications et des pouvoirs comme des tentacules de la mafia.
Jacques a tout mis en œuvre pour que nous soyons complètement paumé pendant notre lecture. Plusieurs fois j'ai cru trouver le fin mot de l'histoire et au final je me suis complètement plantée. La construction de ce livre y fait beaucoup aussi, ça aurait pu être d'ailleurs casse-gueule mais pas un faux pas n'a été fait dans l'intrigue. Ce livre est un véritable page-turner bourré de suspens et de chapitres courts qui se terminent toujours sur un fait incroyable qui nous pousse à tourner les pages encore et encore. Certains nouveaux personnages sont ignobles, ce qui découlent sur des scènes limites insoutenables pour les âmes sensibles mais qui représentent bien les personnes à qui on a à faire.

J'avoue ne pas avoir lu les livres de Jacques dans l'ordre en ce qui concerne les enquêtes de Daniel et Lisa mais ce n'est pas dérangeant dans celui-ci.
Je suis encore une fois ravie en finissant un livre de Jacques Saussey, je peux maintenant vous confirmer que c'est un auteur sûr qui ne déçoit jamais son lecteur! C'est en tout cas mon humble avis.

mardi 22 novembre 2016

Les sept stigmates de Jean Dardi - Editions City

4ème de couverture 

Paris connaît une vague de crimes sans précédent. Une jeune secrétaire, un imam, un rappeur, un assassin, un voleur... Tous retrouvés égorgés. Aucun lien apparent, si ce n'est ce mystérieux message reçu par chacune des victimes quelques jours avant leur mort. La psychose s'installe. En haut-lieu on panique, on trépigne, on menace. Au 36 Quai des Orfèvres, en plein mois d'août, il ne reste guère que le commissaire Giovanni Dell'Orso, qui ne batifole pas sur les plages. En pleine déprime, il hérite donc de cette affaire qui s'avère particulièrement délicate. D'autant que, des bas-fonds de Paris aux arrondissements les plus chics, le tueur franchit progressivement toutes les limites. Y compris celles de sa folie meurtrière...


Mon avis

Je remercie Jean Dardi ainsi que les Editions City pour leur confiance :)

Comme vous le savez, en ce moment je lis énormément de premiers polars (Sandrine Roy, Denis Zott,...). Aujourd'hui, c'est au tour de Jean de passer sur le grill ;)

Alors commençons par le début, la couverture nous fait rentrer dans le vif du sujet. En effet, le Commissaire Giovanni Dell'Orso est plongé dans une sombre enquête. Plusieurs personnes que tout opposent sont retrouvées égorgées. Sans compter les mystérieux messages qui les accompagnent... "Némésis" suivi d'un chiffre entre parenthèse, qui à chaque fois est différent. Quel est le lien avec la déesse de la colère et de la vengeance des Dieux ? Quel est le dénominateur commun entre tous ces meurtres, ô combien impressionnants ! Quand la psychose s'installe, tout s'embrouille... et si la vérité était juste devant nous ? Je n'en dirais pas plus car je préfère titiller votre curiosité !

Les sept stigmates est un polar percutant de par le rythme que nous impose l'auteur mais pas que... Les personnages bien campés, stéréotypés avec des caractères bien trempés ont chacun leurs personnalités, ce qui nous les rend d'autant plus attachants. Une équipe de haute voltige ! J'ai beaucoup aimé notre commissaire Gio avec ses manies à vouloir passer au-dessus de la hiérarchie et de procéder à des stratagèmes plus ou moins hors procédure. Mais la surprise de ce personnage reste l'attachement que notre protagoniste entretient avec ses trois chattes. Un cœur tendre dans un corps de "brute". Ne serait-ce pas le côté sensible de Jean qui ressort ? ;)

Enfin, j'ai été prise au dépourvu par la "fin" du livre. Pour le coup, on peut le dire, l'auteur nous laisse sur notre "faim" et nous surprend au tout dernier moment. Je pense donc qu'il y aura une suite que j'ai hâte de connaître car tous les ingrédients pour un bon polar sont réunis.

# By Aurélie :)

lundi 21 novembre 2016

Génie la folle d'Inès Cagnati - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****

Au milieu des vignes, des fermes et des cuisines sombres, Marie attend sa mère. Quand elle ne l’attend pas, Marie court derrière elle à travers champs et chemins. Sa mère, c’est Génie la folle, cette fille de bonne famille devenue ouvrière agricole qui oppose un silence indéfectible à tout et à tous. Une silhouette mystérieuse et inaccessible que Marie poursuit inlassablement, rêvant de la faire sourire. C’est animée par cet espoir sans faille que la petite fille raconte sa mère. Porté par la voix bouleversante d’une enfant, un récit d’une beauté singulière qui consacre le talent d’Inès Cagnati.



Que dire de ce petit roman? Difficile de faire une chronique quand nous n'avons pas été conquise par notre lecture. J'avais été emballé par la 4ème de couverture et je voulais faire une petite pause polar en lisant ce petit livre. J'ai été dérouté par le style de l'auteur qui est certes bon mais auquel je ne suis pas habituée. Je pense qu'il aurait été encore plus petit s'il n'y avait pas autant de répétitions. J'ai eu l'impression de lire 50 fois les mêmes phrases, de relire 50 fois les mêmes journées. Un peu un livre sans fin.
 
Je vais vous parler un peu de l'histoire, l'histoire de Marie, qui vit avec sa mère Génie, surnommée Génie la folle par les habitants du village. Elles ont toutes les deux été rejeté par la famille de Génie quand cette dernière est tombée enceinte hors mariage. S'ensuit pour Marie une quête d'amour auprès de cette mère absente, pas physiquement mais sentimentalement. Toute la journée Marie court après sa mère et toute la journée sa mère l'envoie ailleurs et lui demander de ne pas être dans ses jambes. J'ai eu de la peine pour cette gamine qui se retrouve sans cesse à quémander de l'amour.
Rien n'est gai dans ce livre, le travail quotidien est dur, les évènements qui arrivent à Marie sont durs, et quand tout pourrait aller mieux il y a encore un malheur qui arrive.
 
J'ai trouvé par contre que ça partait un peu dans tous les sens, un coup Marie est jeune dans un chapitre, un coup elle est jeune femme et rencontre un homme. Une impression bizarre que l'auteure n'a pas été au bout des choses.
Bon vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé ce livre. Vous le ressentirez peut-être différemment de moi si vous le lisez donc je vous laisse vous faire votre propre opinion. j'ai lu d'autres avis très positifs donc je suis peut-être passée à côté de quelque chose...
 
Merci en tout cas aux éditions Denoël pour cette lecture.
 

vendredi 18 novembre 2016

Aurore de sang d'Alexis Aubenque - Edition La bête noire

**** Chronique de Jess ****


Même en Alaska, vous ne pourrez échapper aux démons du passé. En cette fin d'été, les aurores boréales du siècle ont commencé à apparaître dans le ciel de White Forest. À deux jours du pic lumineux, et alors qu'il s'apprête à réintégrer la police, Nimrod Russell voit revenir dans sa vie Judith Gibbons, une ex-petite amie. Le mari et le fils de cette dernière ont disparu sans laisser de traces...
Dans le même temps, le corps d'un homme est retrouvé à moitié dévoré par les bêtes en pleine forêt, non loin du chalet d'un milliardaire philanthrope. La lieutenante Tracy Bradshaw est chargée de l'enquête avec Nimrod. Elle va bientôt réaliser que l'enfer n'est pas qu'un mythe biblique...
Après Tout le monde te haïra, finaliste du prix polar en séries 2016, une nouvelle enquête de Tracy Bradshaw et Nimrod Russell.

 
Il est enfin arrivé! Le petit dernier d'Alexis. Ce qui est bien avec Alexis Aubenque c'est qu'il écrit vite et bien et qu'on sait qu'on va passer un bon moment de lecture. Voici donc la suite des enquêtes du duo Tracy et Nimrod. Nous les avions découvert dans Tout le monde te haïra, qui avait été un coup de cœur, nous revoici donc en Alaska pour de nouvelles enquêtes.
 
L'Alaska qui se prépare à accueillir pleins de touristes pour la saison des aurores boréales, et avec tout un tas de manifestants écologiques qui sont en train de créer pas mal de bazar.
Nimrod, est à une semaine de réintégrer la police quand Judith sont ex-fiancée débarque chez lui et lui demande d'enquêter sur le kidnapping de son fils par son ex-mari. Dans le même temps, Tracy enquête sur la découverte d'un cadavre dans les bois bouffée par des bestioles avec un drôle de tatouage kabbalistique.
Deux enquêtes donc mais connaissant Alexis je me suis doutée dès le début que les deux affaires allaient se rejoindre. Le truc est de savoir comment et pourquoi!?
 
Nous voici dans un véritable page-turner! Je pense que si le matin où je l'ai commencé je n'avais pas été bossé je l'aurai fini dans la journée. Tout est bien orchestré pour qu'on tourne les pages vite vite et qu'on apprenne enfin ce qu'il s'est passé. Nous allons de surprises en surprises, de fin de chapitres en cliffhanger, d'une alternance entre l'enquête de Tracy et celle de Nimrod qui nous donne un rythme rapide et qui s'accélère dans les 100 dernières pages.
Nous apprenons aussi beaucoup de l'enfance de Nimrod et ce qu'il s'est passé entre ses parents. Je me suis encore plus attachée à lui en lisant son passé. Par contre Tracy continue à foncer tête baissée dans les ennuis et j'ai eu plusieurs fois envie de la secouer. Je vous dirais juste que la fin est juste spectaculaire et m'a laissé sur le cul et l'envie de lire la suite. Ce n'est pas très gentil ça Alexis de nous faire encore languir et de devoir attendre un an pour lire la suite surtout avec une fin pareille!
Je pense qu'Alexis est le roi des livres qui s'arrêtent sur un cliffhanger, comme les séries TV où les saisons s'arrêtent sur une scène de dingue et nous laisse bouche ouverte complètement estomaqué, et bien c'est ce que j'ai ressenti en lisant l'épilogue de ce polar.
 
Encore un super polar d'Alexis Aubenque que je vous conseille grandement!
 
Ma chronique sur Tout le monde te haïra ici
 
 

Détails sur le produit

  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Robert Laffont (17 novembre 2016)
  • Collection : LA BETE NOIRE
 
 
 


jeudi 17 novembre 2016

Vous n'aurez pas ma haine d'Antoine Leiris - Editions Fayard

**** Chronique de Jess ****

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.
À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment,
malgré tout, la vie doit continuer.
C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant.

Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Vous n’aurez pas ma haine est son premier livre.


 
J'ai voulu enfin me plonger dans ce témoignage pour le triste anniversaire de l'attentat au Bataclan.
Ce récit est bouleversant. Il est difficile de faire une chronique ou de donner son point de vue sur un tel livre. Antoine Leiris a écrit ce livre un peu pour faire le deuil de sa femme décédée lors des attentats, un peu aussi pour son fils Melvil, un livre thérapie en sorte.
Je ne vous cache pas que ce livre m'a fait pleurer, moi-même étant maman, d'imaginer la séparation d'un petit bonhomme de 17 mois d'avec sa maman a été dure.
Antoine Leiris, nous raconte cette terrible soirée, entre l'attente, l'angoisse, et enfin le verdict qui tombe impitoyable.
Il nous fait part de ses sentiments, nous livre tout l'amour qu'il porte à sa femme, et comment il va gérer seul son petit garçon. Il nous raconte aussi comment ses proches ont réagit vis-à-vis de lui dans ce drame. J'ai été touché par les marques de tendresse des mamans des enfants de la crèche envers ce petit bonhomme qui se retrouve orphelin de mère.
Un témoignage plein de sagesse, et d'espoir. La haine ne sera pas au rdv dans ce livre, Antoine Leiris lui-même le dit il ne répondra pas par la haine et son fils non plus.
Un message donc d'espoir et d'amour que nous a transmis Antoine Leiris à travers de son récit.
 

mercredi 16 novembre 2016

Autre monde : Genèse de Maxime Chattam - Editions Albin Michel

**** Chronique de Jess ****
 
 
4ème de couverture :
 
Traqués par l'empereur et par Entropia, Matt, Tobias, Ambre et les leurs doivent fuir et rallier des terres inconnues pour s'emparer du dernier Cœur de la Terre avant qu'il ne soit détruit. Mais le monde souterrain qu'ils découvrent ne grouille pas seulement de dangers. Il recèle d'incroyables révélations. La guerre est proche. Les sacrifices nécessaires. L'ultime course-poursuite est déclarée. Autre-Monde s'achève et livre enfin tous ses secrets.
 
 
Voici enfin le dernier tome de la série Autre Monde de Maxime Chattam que j'attendais avec impatience. Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture.
Dans ce dernier tome nous comprenons enfin le pourquoi de la Tempête qui a ravagée le monde et modifiée les espèces et les Hommes.
Matt, Tobias et Ambre partent avec leurs compagnons à la recherche du 3ème cœur de la Terre afin d'essayer de détruire Ggl et entropia.
 
J'ai trouvé dans ce dernier tome que malgré l'aventure et les mésaventures de nos compagnons de voyage, Maxime Chattam nous faisait une vraie leçon de morale sur comment est devenu le monde depuis quelques dizaines d'années. Notamment notre addiction aux nouvelles technologies et à internet qui prend une part importante de notre vie. Il essaie de nous ouvrir les yeux et de nous rappeler comment nous évoluions avant l'ère internet. Et quand il nous démontre par des exemples que le monde est addict aux réseaux sociaux et toutes sortes de relations virtuelles il n'a pas tort. Moi qui prend les transports je vois tous les gens le nez dans leur téléphone, ou même dans la rue. Plus personnes ne se regardent et ne se parlent, les relations réelles en pâtissent. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous spolier le dernier tome.
 
Nous partons donc avec l'Alliance des Trois et leurs compagnons dans l'ouest. Ils vont découvrir de nouveaux mondes et de nouveaux peuples amicaux et aussi hostiles, il y a de la bagarre, de la peur, de l'émotion comme dans tous les tomes de cette série. L'approche de la fin est une épée de Damoclès au dessus de leur tête, et les questions sont toujours les mêmes : vont-ils s'en sortir? Ambre va-t-elle réussir à ingérer le dernier cœur de la Terre sans mourir? Vont-ils vaincre Ggl?

Un dernier opus à la hauteur de mes espérances, tout y est pour nous embarquer loin dans ce nouveau monde que Maxime Chattam a créé de toute pièce avec ses attentes, ses peurs, son suspens, ses amours, ses amitiés. Un final où l'auteur a su nous décrire la puissance extraordinaire de la bataille finale. Amis lecteurs je pense que vous ne serez pas déçus avec le dernier tome de cette série. Mon seul regret quitter pour de bon Matt, Tobias et Ambre.

Si vous ne connaissez pas cette série je vous la conseille fortement.
 
 


 

Entraves d'Alexandra Coin - Editions Aconitum

**** Chronique de Jess ****

Enfant, Ilario fut chahuté par ses camarades de classe et aura souffert de la rudesse de son père. Adulte, il reproduira ce même schéma de domination poussant sa femme, Emma, jusqu'à l'internement en psychiatrie.
Alternant flash-backs et scènes d'hôpital, "Entraves" décrypte un cheminement lourd de conséquences, pointant du doigt faiblesse et machiavélisme. Un roman sur la perversion narcissique, sombre, criant de vérité et diaboliquement rythmé.
 
Une seule phrase me vient à la bouche en refermant ce livre "Wahou! Quel bouquin!!"
Moi qui aime les histoires qui traitent de manipulation mentale je suis servie. Alexandra Coin a réussi à me manipuler en beauté.
Je suis passée par tout un tas de sentiments et j'adore! Avec l'histoire d'Emma, jeune maman qui est mariée à Illario. L'auteure nous décrit l'enfer vécut par la jeune femme vivant aux côtés d'un pervers narcissique.
J'ai souffert avec Emma, j'ai voulu me rebiffer avec elle, j'ai été en colère contre tout ceux qui essayait de l'enfoncer au lieu de l'aider.
 
L'histoire se découpe entre passé où l'auteur retrace certains évènements de la vie d'Emma avec son mari et présent dans l'hôpital psychiatrique où est internée Emma suite à sa tentative de suicide. Tout porte à croire qu'elle va enfin s'en sortir, mais non! L'auteure nous assène plusieurs claques bien violentes. Alexandra a su me retourner le cerveau avec cette histoire qui raconte la descente aux enfers d'une femme sous l'emprise de son mari. Elle nous démontre un à un les différentes manipulations mentales auxquelles nous pouvons être confrontées que ce soit de la part d'un proche ou d'une autre personne.
 
Un roman qui fait froid dans le dos qui soulève un vrai fléau actuel : les pervers narcissiques. Ces êtres sans scrupules ni empathie qui aiment voir souffrir les autres. Je pense qu'on en a tous malheureusement connu dans notre entourage. Et c'est cette vérité qui rend ce roman si réel.
Avec ce livre, l'auteure nous fait réfléchir sur un autre aspect de la manipulation. Et si nous étions tous manipulés à nos dépens?
 
Un sans faute pour ce roman et un coup de cœur en ce qui me concerne pour ce roman qui se lit d'une traite. Je ne regrette pas une seconde mon choix de lecture et remercie Gaylord et les éditions Aconitum. Alexandra n'a rien à envier aux grands auteurs de thrillers psychologiques, elle nous le prouve avec ce roman qui aurait pu être écrit par un psychiatre tellement il est bien documenté!
 
A vos librairies amis lecteurs!
 

Détails sur le produit

  • Broché: 232 pages
  • Editeur : Aconitum (14 novembre 2016)
  • Collection : ROMAN

 

lundi 14 novembre 2016

La Dame de Pierre de Xavier-Marie Bonnot - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****
 
De la famille Verdier, il ne reste plus qu'eux, Pierre et Claire, le frère et la soeur. Lui, a repris la ferme familiale, dans la vallée de Saint-Vincent, auprès de leur montagne. Elle, vit à Paris. De l'existence de sa soeur, il ne sait rien, ou si peu de choses. Simplement qu'elle lui rendra toujours visite, immanquablement, deux fois l'an, dans cette maison de famille où rien n'a changé. Mais cette fois-là, c'est différent.
Claire a des cauchemars. Toutes les nuits, elle a peur pour une certaine Vicky, et prétend qu'elle-même sera bientôt morte. Pour Pierre, l'homme de la terre, les secrets et les névroses de sa soeur ne sont que des faiblesses. Un matin d'hiver pourtant, Claire part et ne revient pas. Lorsqu'on retrouve son corps sans vie, étrangement vêtu, c'est Pierre qui est désigné comme le coupable. Pierre est seul à présent.
Lui, le taciturne qui vit reclus depuis le drame qui a brisé sa carrière d'alpiniste, aurait-il pu commettre l'irréparable ? Tant il est vrai que dans la famille Verdier les mystères et les secrets sont légions. Et qui est cette Vicky dont personne dans l'entourage de Claire ne semble connaître l'existence ? Pierre comprendra bien tard qu'elle était le secret le mieux caché de sa soeur...
 

Après avoir adoré La vallée des ombres, je m'étais promis de sortir vite La Dame de Pierre que j'avais dans ma bibliothèque depuis longtemps. C'est donc chose faite et j'ai un seul regret ne pas l'avoir lu plus tôt.
L'auteur nous embarque dans les montagnes où Pierre vit seul avec son élevage de moutons. Il voit sa sœur Claire 2 fois par an et a toujours eu une très bonne relation avec elle. Mais avec la distance et la vie qui passe, il ne connaît finalement pas grand chose de la vie de Claire sur Paris.
 
Dès le début nous apprenons que la montagne a été hostile à Pierre qui a perdu sa fiancée lors d'un périple. Lui qui était guide de haute montagne a posé les crampons et les cordages et ne veut plus entendre parler d'aller en montagne. Mais la montagne est toujours dangereuse et aux aguets. Tout au long de l'histoire, nous pouvons l'entendre bouger, avancer, faire tomber des bouts de montagne et de glace. C'est donc dans une atmosphère très particulière que se déroule ce polar.
Tout commence par l'arrivée de Claire en visite chez son frère. Pierre la trouve différente des visites précédentes. Claire est à bout, fait des cauchemars, et parle d'une amie Vickie. Pierre pense que la folie guette sa sœur. Folie qui a déjà emportée des membres de leur famille.
Un matin, Claire disparaît et son corps est retrouvée pendue. Son frère devient le coupable idéal.
 
L'histoire commence doucement, calmement, l'auteur prend son temps pour nous décrire tout en délicatesse l'environnement, les sentiments, et ses personnages meurtris au plus profond d'eux-mêmes. Xavier-Marie Bonnot a su créer une atmosphère sombre et oppressante. Ce livre n'est pas seulement un polar, mais un roman noir qui traite de différents sujets comme la différence, l'acceptation, le jugement des autres et de soit-même, le dépassement des limites, la culpabilité et l'amour.
 
Les chapitres sont beaucoup moins longs en fin de roman et rendent la lecture plus rythmée ce qui donne à l'histoire tout le suspens que l'on attend.
Un polar que j'ai énormément apprécié et dans lequel je suis rentrée dès le départ. Impossible à lâcher et où je me suis attachée à Pierre, cet homme dur, fort, meurtri au plus profond de lui-même. L'atmosphère, les paysages de montagne et les secrets de famille ont été aussi un plus.
 
Si vous ne connaissez pas encore les livres de Xavier Marie Bonnot je vous conseille fortement d'y remédier et je souhaite que vous passiez un excellent moment de lecture comme j'ai pu en passer.
 
Mon avis sur La vallée des ombres ici
 
 

dimanche 13 novembre 2016

Chacun sa vérité de Sara Lövestam - Editions Robert Laffont, Collection La Bête Noire

4ème de couverture 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan, détective sans-papiers.

Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d’asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l’Iran, sans risquer sa vie. Dans l’attente d’un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d’argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l’investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville ou les clandestins sont des proies faciles pour les criminels…

Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.


Mon avis

Kouplan, détective privé sans papiers, fait paraître une annonce pouvant aider les particuliers sans qu'ils demandent l'aide de la police. Pernilla qui ne veut justement rien avoir à faire avec la police, décide de faire appel à ses services. Kouplan va devoir retrouver Julia, sa fillette de 6 ans enlevée en pleine rue sans que personne s'en aperçoive... Kouplan qui cherche à tout prix à ne pas se faire remarquer, va se fondre dans la masse ; il joue au chat et à la souris avec tout son entourage pour ainsi mener à bien sa propre enquête. Que cache Pernilla ? Pourquoi ne veut elle pas l'aide de la police ? Cette affaire en cacherait-elle pas une autre ? et pourquoi Kouplan qui joue avec son physique en se faisant parfois passer pour un enfant et non un adulte ? Les apparences sont parfois trompeuses... 

Dès que j'ai reçu "Chacun sa vérité" de Sara Lövestam, je me suis empressée de le lire. Comme vous avez pu le constater, j'aime beaucoup les romans nordiques :) A mon sens, celui-ci ne pouvait faire exception. Et en effet, Sara remporte sa victoire avec succès.

Tout commence par la préface de Marc de Gouvenain qui révèle beaucoup de choses sur Sara Lövestam et son oeuvre. Une préface qui en dit long et qui introduit très bien notre sujet majeur dans ce polar. L'auteur nous explique qu'elle tire son inspiration des gens (pour la plupart des immigrés) ; ils lui racontent leurs propres histoires. Ainsi Sara s'imprègne de leurs récits et les écrit à sa façon noir sur blanc. 

L'auteure écrit un "roman polar", pourquoi me demanderez-vous ? Pour moi, l'histoire principale se concentre sur le quotidien de notre cher détective Kouplan. L'enquête n'est que secondaire car c'est son gagne-pain mais elle nous permet aussi de mieux connaître en quelque sorte le personnage principal qu'est Kouplan. 

Sara aborde des sujets tels que la clandestinité, l'identité,... De plus, l'auteure ne fait pas les choses comme tout le monde. Elle se différencie déjà avec son personnage principal qui n'est autre qu'un détective privé sans papiers et à ce jour, je n'ai jamais lu de livre avec un enquêteur qui n'entre pas dans la légalité. Dans la plupart des romans policiers, nous avons affaire à un flic usé, alcoolique et rempli de clichés, mais là c'est tout autre ! Sara arrive à nous mettre dans la peau de Kouplan, et du coup, on fait comme lui, on se fond dans la masse, on devient un vrai caméléon. 

J'ai juste une petite remarque négative, j'ai vu arriver la fin de l'enquête mais cela ne m'a pas pour autant gâché ma lecture car à la fin du livre, Sara réalise un vrai tour de maître auquel on ne s'y attend pas du tout. Je suis restée complètement scotchée !! Un mystère peut toujours en cacher un autre ;) 

Un polar comme je les aime, rondement mené avec ses chapitres courts et une écriture fluide. Ce livre est un vrai page-turner ! "Chacun sa vérité" se dévore sans que vous ayez le temps de dire "ouf"!

Si vous aussi, vous voulez lire un polar et suivre les aventures de Kouplan, lancez-vous car l'intrigue n'est pas forcément où on l'attend !

"Chacun sa vérité" est une tétralogie dont j'ai hâte de connaître la suite ! Un joli coup de cœur pour l'auteure :) Je compte bien lire ses précédents livres.

# By Aurélie :)

samedi 12 novembre 2016

Interview d'Emmanuel Prost

INTERVIEW Emmanuel Prost


Hello mes addicts voici pour vous une interview en 5 questions d'Emmanuel Prost qui s'est gentiment prêté au jeu et je l'en remercie grandement. 



1)     Où as-tu trouvé l’inspiration pour l’histoire de ton roman La Descente des Anges ? 

Je n’ai pas eu à chercher bien loin. J’habite Sallaumines (dans le Pas-de-Calais) depuis un peu plus de 20 ans. Sallaumines se trouvait au cœur de ce que fut au tout début du XXème siècle le plus grand drame minier européen : la Catastrophe de Courrières (un terrible coup de poussière qui fit 1099 victimes, le 10 mars 1906).

Quand je me suis installé dans cette ville, j’ai très naturellement voulu en savoir plus sur ma ville et ai emprunté beaucoup de livres dans le rayon « fond local » de la bibliothèque municipale. J’ai ainsi découvert l’histoire de ma ville. L’histoire d’une cité minière, avec cette catastrophe qui revenait irrémédiablement dans tous les ouvrages. Je me suis donc un peu plus intéressé à ce terrible événement et ai trouvé que je tenais là une histoire très forte pour tisser une fiction et la faire coller au plus près de la réalité historique. Je n’ai pas voulu faire un livre sur la catastrophe elle-même (il en existe déjà pas mal sur le sujet), mais sur les dommages collatéraux de ce drame sur diverses familles sallauminoises, et ce, sur plusieurs générations. J’ai donc décliné cela en une grande fresque minière qui allait me permettre d’inviter mes lecteurs à revisiter ce qu’était le bassin minier artésien de toute la première moitié du XXème siècle. Avec un personnage, Oriane, qui serait le fil conducteur (j’ai d’ailleurs à un moment failli appeler mon roman « Le Fil d’Oriane ») de toute cette histoire. Celle qui servirait de relais dans le récit de tous ces personnages et nous aiderait à traverser 60 ans d’histoire.
 

2)     Ton dernier roman (Kamel Léon) est totalement différent des autres. J’ai cru comprendre que tu l’avais écrit bien avant. Pourquoi ce changement de registre ?

Oui, effectivement, Kamel Léon est mon tout premier roman. J’en avais écrit une première version il y a très longtemps pour participer à un concours d’écriture (je n’avais alors jamais écrit à l’époque). Cette première version était loin d’être ce que le roman est devenu aujourd’hui. Il s’agit d’un conte fantaisiste que j’ai voulu dans un univers voisin de celui de Marcel Aymé avec son Passe-Muraille. Parce que c’était un thème qui me fascinait. J’aimais ces histoires surréalistes où le fantastique utilisé pour les traiter servait surtout de prétexte à narrer l’histoire d’un type tout ce qu’il y a de plus ordinaire à qui il arrive des aventures extraordinaires. À cette époque, je n’envisageais d’écrire que du fantastique. Des nouvelles, une pièce de théâtre, toujours dans cet esprit de La 4ème dimension, une série télé de l’époque.

Quand j’ai découvert l’histoire de la Catastrophe de Courrières, je dois bien t’avouer que ma première idée avait été de la décliner dans un récit fantastique. Mes personnages étaient des collégiens qui, en visite d’un musée de la mine de nos jours, restent coincés dans une galerie. Et quand ils en ressortent, ils se retrouvent en plein cœur de ce qu’était le bassin minier de 1906, en plein pendant la tragédie qui allait rendre Courrières mondialement connu.

Mais voilà, je ne connaissais absolument rien à tout ce qui touchait à la mine, pas plus qu’à toute cette époque du début du XXème siècle dont je voulais parler. J’ai donc commencé à faire pas mal de recherches documentaires sur le sujet. Et plus je travaillais sur le sujet, plus je réalisais que je n’avais pas le droit de le traiter avec la légèreté avec laquelle j’avais alors l’habitude de m’adonner à l’écriture. Il y avait là matière à faire un très grand roman. Une fresque prestigieuse. Je me suis donc mis à revoir la chose tout autrement. Et me suis dit : « Si je dois un jour publier un roman, un seul dans toute ma vie, ce sera celui-là, et je vais donc me donner tous les moyens pour faire quelque chose de vraiment très bien. » Et ça a été je crois la décision la plus sage de toute mon existence. Parce que j’avais conscience de tenir un sujet exceptionnel, mais aussi que j’étais bien trop jeune et inexpérimenté pour arriver à faire aboutir un projet aussi fou et lui donner la qualité qu’il méritait. Alors j’ai étudié avec grande opiniâtreté et obsession tout ce savoir que je devais faire mien pour pouvoir prétendre un jour avoir la légitimité de raconter mon histoire à travers une fiction à toute une région (je ne m’attendais pas à l’époque à voir mes récits intéresser les lecteurs et lectrices de la France entière). Il m’a fallu 19 ans pour voir mon projet aboutir. Un sacré pan de vie, quand même.

C’est donc mon parcours de vie qui m’a obligé à soudain changer ainsi de registre. Parce que l’écriture n’était au départ qu’un pur divertissement. Je pouvais me contenter de la pratiquer en dilettante. Et je pensais bien ne faire qu’une seule et unique incursion dans le récit historique. Que j’allais pouvoir me dire « Ça y est, j’ai écrit un livre sérieux, je peux maintenant retourner m’amuser. » Mais voilà, j’y ai pris goût. Et comme les lecteurs répondent présents…
  

3)     Vas-tu continuer dans les belles histoires qui se passent dans le nord avec des histoires de mineurs ou vas-tu poursuivre dans le style de Kamel Léon ? 

Tu vois, sans t’en rendre compte, en me posant la question tu apportes toi-même la réponse. Tu taxes mes histoires de gens du nord de « belles histoires ». Ce sont celles que les lecteurs aiment avant tout. Alors même si je ne m’interdis pas de sortir un peu de la catégorie dans laquelle je suis dorénavant connu et reconnu (comme je l’ai fait cette année avec la ressortie de Kamel Léon), ma priorité restera ces romans historiques du terroir du nord de la France. Parce que j’ai encore tellement de chose à vous raconter. Et puis je m’astreins à chaque nouveau roman à faire différent du précédent. Pour ne pas me répéter. Je peux donc, tout en restant dans mon univers, vous embarquer dans des registres très divers. Ma seule réelle priorité, c’est tout simplement de toujours écrire ce que moi j’ai envie. Sans me préoccuper de la tendance du moment, de ce que les lecteurs (ou les éditeurs) peuvent attendre. Le plaisir est tellement plus grand quand on arrive à faire mouche en proposant quelque chose allant à contre-courant. J’ai à chaque nouveau roman toujours eu l’impression de prendre le risque de dérouter ceux qui me suivaient jusque-là. Et à chaque fois, les lecteurs ont complètement adhéré. D’où l’importance pour moi de conserver ma totale liberté de création. Parce que c’est en faisant les choses avec cœur que j’arrive à toucher les lecteurs. Et je ne suis pas le mieux placé pour en parler, mais je dois avoir une patte, un ton, bref un style d’écriture qui me permet d’embarquer mes lecteurs dans mes récits quelle que soit leur teneur. Et ça, ça me plaît bien.

4)     Voici une question que je devrais poser à ta femme. Je suppose, au vu de tes 3 romans (La Descente des Anges, Les Enfants de Gayant, Un été 48, et même Kamel Léon, d’ailleurs) que tu es un homme romantique ? Est-ce que je me trompe ? 

Ah ah ! Le grand mystère de l’homme romantique…

Alors, très honnêtement, je ne pense pas être si romantique que cela. C’est vrai que j’aime le romantisme et les belles histoires d’amour pour ce qu’ils peuvent apporter de romanesque, mais dans la vie de tous les jours, je ne pense pas être ce qu’on pourrait appeler un homme romantique. Et je suis persuadé que si tu posais la question à ma femme, elle t’apporterait la même réponse. Voire même ça l’amuserait que je puisse être perçu comme tel.

Non, ce qui est certain, c’est que beaucoup de lecteurs relèvent dans mon écriture des signes d’hyper-sensibilité. Ça, c’est indéniable. De toute façon, être un artiste, c’est quoi ? Ni plus ni moins trouver un moyen d’expression pour mettre en relief cette sensibilité que l’on a tous au plus profond de nous. Une mise à nu, en quelque sorte. Dans la vie, tous les hommes ont plus ou moins en eux une part de féminité. Certains la refoulent. D’autres l’assument complètement. Moi, j’en ai certes une grande part. Je l’assume (et le revendique, même !). Mais ça m’est très utile. Parce que dans mes récits, ce sont bien souvent de femmes dont il s’agit. C’est vrai que, dans l’ensemble, les histoires dites « de gonzesses » m’intéressent plus que celles « de mecs ». Si tu veux voir mes yeux choper la teinte de ceux d’un merlan frit tellement je m’ennuie et préfère me déconnecter de la réalité, tu viens me parler « bagnoles », par exemple (comme aiment le faire la plupart des individus de la corporation masculine de cette terre). Le pire, c’est que quand un type te tient le crachoir là-dessus, il t’en parle comme si tu étais supposé savoir de quoi il s’agissait (« Tu vois la X37 de chez Tartention ? » ; « Ben, non ! » ; « Mais si, celle avec les jantes alu, le moteur V6 Turbo et l’autocollant Bébé à bord monté en série sur la lunette arrière ! » ; « Ben, non, toujours pas. Mais, pas grave, c’est une voiture, quoi ! Une espèce de boîte métallique avec un moteur, quatre roues et un volant !») Et là, bien souvent, mon désintérêt total pour le sujet est pris pour du cynisme de ma part. Alors que non, pas du tout. Bon, je te rassure, il y a aussi des tas d’histoires de filles sur lesquelles je décroche au bout de trente secondes. Viens me raconter dans le détail ta dernière séance de shopping, et toi aussi, tu vas vite la découvrir ma face de merlan frit.  

5)     Une anecdote concernant ta vie d’auteur ? 

Tout ce que j’écris, même si je m’appuie souvent sur des événements réels ou des personnages ayant existé, n’est que de la fiction. Or, les gens de mon proche entourage ne peuvent pas s’empêcher (comme ils me connaissent bien) de chercher qui, dans la vraie vie, m’a inspiré pour tel ou tel personnage. J’ai beau me battre, et leur assurer que non, tout n’est que pure invention (même si parfois, certains de mes personnages sont forcément nés en prenant un peu d’untel, un peu d’un autre et un soupçon d’un troisième). Mais ils me répondent toujours « Oui, oui, c’est ça ! » en affichant un sourire narquois pour bien me montrer qu’ils ne sont pas dupes. Le champion dans ce genre, c’est mon père. Je le soupçonne de ne voir en mes romans que de grandes enquêtes (enquêtes que lui seul mène) au cours desquelles le jeu est de découvrir quelles personnes de sa connaissance ont bien pu m’inspirer mes personnages. C’est terrible. Je dois donc à chaque fois faire très attention dans l’utilisation des prénoms, parce que si par malheur j’utilise celui d’un des membres de ma famille, il n’y a pour lui-même plus le moindre camouflage pour tenter de tromper mon monde.

Et le plus drôle, dans ce genre, a été une nouvelle que j’avais écrite pour mon ouvrage Concerto sur le Sornin. La toute première du recueil (une nouvelle qui s’appelait Les Semelles d’or), qui raconte l’histoire d’Anthony, un jeune homme qui, ayant quitté Charlieu (la petite ville de son enfance, dans la Loire) depuis de nombreuses années y revient pour le mariage de son meilleur ami. Pour mon père, il n’en fallait pas plus. J’ai moi-même grandi dans les rues de Charlieu, j’avais quitté la région très jeune pour ensuite n’y revenir que très peu. Donc, forcément, même si le jeune homme s’appelait Anthony, il n’y avait pour lui aucun doute, je ne faisais que parler de moi. Il a donc lu ça non plus comme un récit de fiction, mais comme un témoignage de ce qu’avait été mon enfance dans la Loire (pourtant, le jeune homme racontait comment, quand, étant jeune, il était tombé sur des chaussures magiques qui le rendaient alors imbattable dans toutes les disciplines sportives dès qu’il les avait aux pieds… Et je peux te jurer, dans la vraie vie, je ne les ai toujours pas trouvé ces foutues godasses !). Mais le pire dans tout cela (mais qui, finalement, moi, me fait le plus marrer), c’est que dans ma nouvelle, mon personnage avait à 15 ans quitté sa petite ville de Charlieu parce que ses parents étaient décédés dans un accident de voiture. Ouh là là ! Sacrilège ! Qu’est-ce que j’avais fait là ! Et il paraît que mon père n’arrivait plus à faire son marché sans s’indigner auprès de ceux qui demandaient des nouvelles de la famille que dans mon dernier récit, je l’avais fait mourir…

C’est pour ça, maintenant je ne raconte que des histoires qui se déroulent dans le nord de la France du début du XXème siècle. Parce que mon père n’y connait absolument rien sur le sujet et ne peut donc plus opérer le moindre transfert.
Esquelbecq Juillet 2016

Voici le lien vers mes chroniques des livres d'Emmanuel :

vendredi 11 novembre 2016

Hôtel Angleterre de Marie Bennett - Editions Denoel

4ème de couverture
Suède, hiver 1940. Georg est appelé sous les drapeaux. Exposée à des températures extrêmes, mal équipée, sous-alimentée, son unité se trouve à la merci d’officiers incompétents qui exposent les soldats à des risques inutiles et n’hésitent pas à leur infliger châtiments et humiliations. Lorsque cinq recrues meurent, c’est la mutinerie, et Georg est envoyé en camp de travail. 

De son côté, Kerstin, la femme de Georg, survit comme elle peut à Malmö. Les années passent, et avec elles l’espoir de revoir un jour son époux. Mais une rencontre bouleverse sa vie, celle de Viola, femme riche, belle et cultivée dont Kerstin tombe éperdument amoureuse. C’est le début d’une liaison d’autant plus passionnée qu’elle est interdite. Pourtant, aveuglée par la jalousie, Kerstin détruit ce bonheur fugace. 

Le soir de Noël 1943, les deux époux se retrouvent enfin. Pourront-ils reprendre le cours de leur existence après avoir traversé autant d’épreuves.

Un superbe roman sur l’amour, la trahison et les remords.


Mon avis

Je remercie les éditions Denoel pour cette belle lecture :)

J'ai pour habitude le lire énormément de thrillers, polars... mais de temps en temps une quatrième de couverture, ou une jolie couverture attire ma curiosité. C'est ainsi que je suis partie dans cette aventure teintée de bouleversements, à mon sens un véritable drame.

Ce roman se départage en trois parties. La première partie est centrée sur Georg, nouveau jeune marié qui vient d'emménager depuis peu avec sa femme, Kerstin. Ils vivent une histoire d'amour sans querelles jusqu'à ce que Georg soit mobilisé à la frontière de la Suède dans le cadre de la seconde guerre mondiale. Il doit endurer tout un lot d'épreuves plus que difficiles, entre les conditions déplorables (manque de nourriture et d'équipements adaptés au froid), les entraînements épuisants, sans compter sur le chef tyrannique qui causera la mort de plusieurs camarades. Je me suis tout de suite attachée à Georg qui d'emblée est très sympathique. On ressent toutes ses émotions qui vont de l'espoir à abattement. J'ai eu beaucoup de compassion pour lui mais en fait à travers tous ces soldats obligés de quitter leur famille sans savoir s'ils les reverront un jour.

La seconde partie se déroule en même temps que la première sauf qu'elle est racontée par Kerstin, la femme de Georg. Dans un premier temps, elle se languit de lui et l'attend. Ne pouvant assumer seule leur appartement, elle est forcée de retourner vivre chez ses parents. Elle entretient une correspondance avec Georg qu'elle délaissera rapidement. Elle attend que Georg rentre mais au fil du temps, son souvenir s'estompe. Et c'est sans compter sur Viola, la nouvelle habitante de l'immeuble. Kerstin va irrémédiablement tombée amoureuse de Viola malgré elle. C'est à ce moment-là que je l'ai tout simplement détesté ! En effet, tromper Georg alors que lui est fidèle et n'attends qu'une chose, rentrer ! A partir de cet instant, Kerstin a cessé de croire au retour de Georg mais surtout à ne plus le vouloir. Elle va complètement dérailler, devenir jalouse, possessive, égoïste et paranoïaque, ce qui la conduira à la perte de Viola en la dénonçant à la police. 

Enfin la dernière partie fait place au retour de Georg que Kerstin a largement oublié et qui n'éprouve de remords uniquement pour la dénonciation de Viola. Quand Georg revient, Kerstin ne l'accepte pas et prend très mal son retour. Encore une fois, mon antipathie pour son personnage a refait surface. Elle continue de s'apitoyer sur son sort alors que Georg porte les stigmates de la guerre (mutilé physiquement et psychologiquement). Elle ne le reconnaît plus mais Georg ne la reconnaît pas non plus. En effet, les conséquences de la guerre, l'attente peuvent séparer deux personnes et les changer. Cependant, Georg fera tout pour reconquérir Kerstin sans la brusquer. Et Kerstin, fidèle à elle-même n'avouera jamais sa trahison.

Marie Bennett signe ici son premier roman que je trouve vraiment remarquable et bouleversant. J'ai adoré la description des personnages (même si j'ai détesté Kerstin), les sentiments qu'elle nous fait partager.
Un roman de 600 pages qui va droit au but qui se lit rapidement tant le style est fluide. L'auteur aborde les sujets tels que la guerre avec ses injustices, mais aussi l'amour avec son lot de jalousie et de remords, mais aussi l'homosexualité non reconnu à cette époque.

Un très beau roman, cependant deux bémols, j'aurais aimé avoir une fin plus concrète car l'auteure nous laisse sur notre faim en omettant l'avenir de Kerstin et Georg. Et d'autre part, les principaux événements sont résumés sur la quatrième de couverture. J'aurais aimé avoir moins d'informations pour découvrir de nouvelles choses.

# By Aurélie :) 

HOTEL ANGLETERRE de Marie BENNETT - Traduit par Thibaut DEFEVER et Maja THRANE - 2016 - Editions DENOEL - 601 pages