mardi 31 janvier 2017

Les herbes folles de Philippe Fréling - Editions Denoël

4ème de couverture
Elle vit quelque part en province, dans la France des années 50, celle de la guerre d’Algérie. Elle connaît un premier homme, il lui fait un enfant. À cet homme on la marie. Il est absent, infidèle. Le divorce prononcé, la jeune femme laisse son enfant à sa mère, part travailler en ville. Ouvreuse dans un cinéma, un soir où on projette Johnny Guitar, elle fait la rencontre d’un deuxième homme. Il est militaire. Ils vont à l’hôtel, passent quelques nuits ensemble. Un matin, le militaire s’en va rejoindre son régiment en Algérie. Lui a-t-il fait un enfant? Elle le craint. Elle l’espère. Elle décide que oui. Très vite, elle en a la confirmation : elle porte un enfant de cet homme parti là-bas, faire la guerre. Il est le père de son enfant, il faut qu’il le soit. Il est son mari, il faut qu’il le devienne. Elle est prête à tout pour ça. Une question de vie ou de mort. D’amour peut-être.

Voici l’histoire de cette femme et de ses deux enfants : comment avec elle ils viennent au monde ; comment, dans les herbes folles, ils viennent à la vie.


Mon avis

Je remercie les éditions Denoël pour cette nouvelle lecture :)

Nous sommes dans les années 50, en France, sur un fond de guerre d'Algérie. Une jeune femme très jeune rencontre un homme qui est en scooter, elle part avec lui et entretien une relation. Ils ne se protègent pas, elle tombe enceinte, il est trop tard pour avorter. L'enfant est gardé, ils se marient et divorcent très peu de temps après. La jeune fille laisse sa mère éduquer son enfant. Elle décide de partir travailler en ville en tant qu'ouvreuse du cinéma l'Eden. Elle rencontre un militaire. De cette aventure naîtra un second enfant. Cependant, le militaire est rappelé pour retourner en Algérie. Elle entretiendra avec lui une correspondance. Il lui promet mariage et tout ce qui va avec. Elle fera tout pour que le mariage ait lieu, cela deviendra une vraie obsession. Réussira-t-elle à transformer ses désirs en réalité ?

Fait étrange dans ce livre, aucun personnages n'a de noms. Ils ne sont liés que par les liens de famille (la grand-mère, la mère, le frère/oncle, le militaire, l'aîné qui correspond au premier enfant et enfin le cadet).
Chaque personnage a un trait de caractère qui lui correspond. Par exemple pour la jeune fille c'est la naïveté, le militaire le fait d'être joueur, l'oncle protecteur et enfin la grand-mère acariâtre et portée sur l'alcool.

L'écriture est belle et parfois même poétique, néanmoins je regrette qu'elle soit si impersonnelle.
Voici un joli passage parmi d'autres :
"Ecrire une lettre d'amour, c'est écrire des mots qu'on n'a jamais dits, avait-elle pensé"
J'ai l'impression que les émotions doivent être effacées, seuls les faits tranchent. Les chapitres courts se succèdent ce qui donne un rythme de lecture entraînant. Il faut reconnaître que l'auteur excelle dans un style simple, ce qui est assez agréable à lire. Ce livre révèle la combativité/pugnacité d'une femme qui veut sortir de sa campagne et avoir une vie active remplie et épanouissante auprès de son militaire.

Les dernières pages de ce livre m'ont laissées quelque peu sur ma faim. Je n'ai pas compris où l'auteur voulait m'emmener. Je trouve cela dommage.

Pour finir, je dirais que ce livre est à lire et qu'il est très bien fait pour une pause

# By Aurélie :) 

LES HERBES FOLLES de Philippe FRELING - 2017 - Editions DENOEL - 207 pages

lundi 30 janvier 2017

Canicule de Jane Harper - Editions Kero

**** Chronique de Jess ****

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l'Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés. Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l'arme contre soi-même ? C'est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d'enfance, n'a aucune raison d'en douter. S'il n'y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste : Luke a menti.
Tu as menti. Sois présent aux funérailles. Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu'il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu'un a décidé que le moment est venu de la payer...

Je remercie les éditions Kero pour cette nouvelle lecture.

Jane Harper nous emmène dans le bush australien à Kiewarra, en pleine canicule depuis deux ans. Aaron Falk, agent spécial à Melbourne, revient sur les terres de son enfance pour les funérailles de son meilleur ami d'enfance Luke. Mais ce n'est pas des funérailles comme les autres car apparemment Luke se serait suicidé après avoir assassiné sa femme et son fils. Pour les parents de Luke il est impossible que leur fils est pu faire une chose pareille. Ils demandent donc à Falk d'enquêter sur le drame pour essayer de comprendre.
Mais Falk n'est pas vraiment le bienvenu à Kiewarra, lui qui est parti 20 ans plus tôt avec son père comme un voleur suite à la découverte du corps de sa petite amie noyée dans la rivière. Pour les habitants de Kiewarra, Falk est coupable et ils vont tout faire pour qu'il reparte d'où il vient.
J'ai eu beaucoup d'empathie pour Aaron, et j'ai eu envie de me battre pour prendre sa défense face à tous les habitants de la ville qui le harcelaient. Il va tout faire pour connaître la vérité sur la mort de son ami.
Et si la mort d'Ellie avait quelque chose à voir avec le meurtre de Luke et de sa famille. Heureusement il aura l'aide du seul flic de la ville, Rico, pour démêler le vrai du faux. Aaron va refaire un bond dans le passé qu'il ne voulait pas forcément faire.

Ne vous attendez pas à un thriller qui part à 100 à l'heure et qui va dans tous les sens bien au contraire ce polar se déguste, se savoure, prend son temps et ça change. L'auteure a su nous imprégner de l'atmosphère suffocante du bush australien, des ragots et des malveillances des habitants.
Et ne pensez pas avoir trouvé le coupable vous ne le saurez qu'à la fin! Et pourtant tous les personnages feront un coupable parfait. 
Un premier polar extrêmement bien ficelé qui nous embarque loin, et auquel on s'attache à son personnage principal. 
 
Ce polar est dans la même veine que "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joël Dicker donc si vous l'avez aimé je ne peux que vous le conseiller. 

Détails sur le produit

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Kero (11 janvier 2017)


samedi 28 janvier 2017

L'affaire Léon Sadorski de Romain Slocombe - Editions Robert Laffont, Collection La Bête Noire

4ème de couverture 

Avril 1942. Au sortir d'un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l'Occupation. Pétainiste et antisémite, l'inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d'un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d'intervenir contre les « terroristes ».

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, ou on le jette en prison. Le but des Allemands est d'en faire leur informateur au sein de la préfecture de police... De retour à Paris, il reçoit l'ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d'appartenir à un réseau antinazi.


Mon avis

J'ai remonté "L'affaire Léon Sadorski" de mon immense pile à lire à la lecture sympathique d'une chronique d'une amie. 

J'ai donc fait la connaissance de Léon Sadorski, engagé depuis ses 17 ans dans la Police Française, sa mission : chercher et arrêter des juifs, des communistes afin de les faire déporter vers les camps de concentration. Sado n'hésite pas à surenchérir les dossiers de mots fatals tels que : "terroriste", "communiste" ou autre afin que les personnes soient déportées dans les camps de concentration dans les plus brefs délais. Il n'hésite pas non plus à mentir sur ses dossiers et d'en faire pâtir des personnes innocentes. Vous l'aurez très vite compris, nous avons affaire à un policier imbu de sa personne, antisémite, égoïste, misogyne, porté sur le sexe avec des manies spéciales, cruels, pervers et j'en passe ! Un personnage en haut en couleur qui sera le fil conducteur de notre roman. Tout se passe au mieux jusqu'au jour où il se fait arrêter et emprisonner par la Gestapo à Berlin. Pour sortir de cette impasse, il y a des marchés qui ne se refusent pas, et Léon avec son flair de flic va saisir cette occasion.

Romain Slocombe a écrit un livre entre deux eaux : mi-roman noir, mi roman d'espionnage pendant la période de l'Occupation. L'auteur a su retranscrire le climat angoissant et menaçant de cette période. Il nous immerge tout de suite dans l'Histoire. Ce roman est accompagné de passages violents notamment lorsque que Sadorski dénonce un prisonnier et que celui-ci meurt tellement les violences infligées sont horribles... Une période noire qui fait froid dans le dos.

"L'affaire Léon Sadorski" est une mine d'informations précieuses et bien documentée. Un travail de recherches colossal qu'il faut reconnaître. Romain Slocombe maîtrise son sujet. Néanmoins, à trop vouloir donner des informations comme les noms des rues, les listes de noms des personnes arrêtées,... c'est trop. A mon goût, il y avait trop de longueurs et parfois, il m'est arrivé de ressentir de l'ennui sur certains passages.

Un roman qui me laisse sur ma faim, et dont je ressors avec un sentiment mitigé.

Si vous êtes amoureux de l'Histoire avec une intrigue, laissez-vous tenter, vous serez subjugué !

# By Aurélie :)

jeudi 26 janvier 2017

Brutale de Jacques-Olivier Bosco - Editions La Bête Noire

**** Chronique de Jess ****

Elle est jeune. Elle est belle. Elle est flic. Elle est brutale.
Des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnées dans des lieux déserts, comme dans les films d'horreur. Les responsables ? Des cinglés opérant entre la Tchétchénie, la Belgique et la France. Les mêmes qui, un soir, mitraillent à l'arme lourde un peloton de gendarmerie au sud de Paris.
Que veulent-ils ? Qui est cet " Ultime " qui les terrorise et à qui ils obéissent ?
Face à cette barbarie, il faut un monstre. Lise Lartéguy en est un. Le jour, elle est flic au Bastion, aux Batignolles, le nouveau QG de la PJ parisienne. La nuit, un terrible secret la transforme en bête sauvage. Lise, qui peut être si douce et aimante, sait que seul le Mal peut combattre le Mal, quitte à en souffrir, et à faire souffrir sa famille.
 
 

J'avais connu Jacques-Olivier Bosco avec son livre "Quand les anges tombent" que j'avais adoré. C'est donc avec grand plaisir que je me plonge dans son dernier polar.
 
Un personnage atypique....
Brutale est un polar qui change comme je les aime. Il est rare de voir une femme en protagoniste principal et en général ça dépote. Et bien c'est le cas dans ce livre. Lise est un personnage comme on en voit peu. Flic borderline, atypique, charismatique avec des problèmes de gestion de la colère, hyper-violente depuis sa plus tendre enfance, elle a besoin d'évacuer sa colère de temps en temps. Et je dois avouer que sa façon de libérer les soupapes m'a beaucoup plu!
Quand son frère se fait tirer dessus devant elle en plein service elle va tout faire pour retrouver les coupables. Et parlons-en de son frère, lui par contre qui au tout début me plaisait bien m'a dégoûté par la suite. Il ne mérite pas tout ce que sa sœur va faire pour lui mais je ne vous en dirais pas plus.
 
J'ai vraiment adoré Lise, elle aurait pu m'agacer à prendre des risques inutiles mais au contraire j'ai ressenti de l'admiration pour elle, pour sa force, pour son caractère autonome, pour son sex appeal et sa confiance.

Un polar qui décoiffe...
JOB nous offre un polar exceptionnel, qui va à 200 à l'heure, et qui ne nous laisse pas une minute de répit. Nous allons retrouver d'autres personnages connus de l'auteur et c'est un grand plaisir de les revoir et de les voir s'associer à notre flic préférée.
Une histoire de voyou aussi qui change, car nous connaissons les auteurs des différents crimes, nous cherchons donc le pourquoi et le comment les arrêter. Il n'y a rien à jeter dans ce livre tout est là pour que le lecteur passe un super moment. J'ai qu'une seule hâte c'est de retrouver Lise dans de nouvelles enquêtes donc j'espère M. Bosco qu'une suite est déjà prévu car je suis restée plus que sur ma faim!
Un gros coup de cœur pour ce bouquin!

Si vous voulez un polar qui change, qui bouge et qui ne vous laisse pas une minute de répit vous pouvez vous jeter sur ce livre vous ne serez pas déçu!

Détails sur le produit

  • Broché: 416 pages
  • Editeur : Robert Laffont (19 janvier 2017)
  • Collection : La Bête noire
  • Langue : Français
 


lundi 23 janvier 2017

Dynamique du Chaos de Ghislain Gilberti - Editions RING

**** Chronique de Jess ****

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu'à l'impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l'ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la " Génération Nada " : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu'au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d'acier s'appelle Séverine.
 
 

Je referme ce livre et la première chose qui me vient est "ouah quel putain de bouquin! Quel vie! Quelle histoire!". On ne ressort pas indemne d'une telle lecture. Ce livre est une drogue une fois commencé on ne peut plus le poser jusqu'à la dernière page. En une soirée j'avais déjà lu la moitié! Et même après nous repensons sans cesse à cette histoire de malade.
 
L'histoire de Gys, histoire basée sur des faits réels, l'histoire de sa vie ou d'une partie du moins. Il se livre à nous sans concession, sans tabous, et c'est ce qui donne toute la force à ce livre. Je ne vous cache pas que certains passages sont très durs, le langage choquant, mais il n'en fallait pas moins ni plus pour nous faire plonger dans la descente aux enfers de Gys.
 
Gys ce jeune homme qui a mal commencé dans la vie dès la naissance, et qui va toujours avoir du mal à s'intégrer dans notre société. Et malgré l'horreur, la violence, la drogue, le sexe il y a aussi l'amour. Et quel amour! Un amour qu'on voudrait tous rencontrer un jour, mais un amour tellement fort qu'il en est destructeur. Car la désintoxication de Gys qui est la plus dure n'est pas celle que l'on pourrait croire. C'est le manque de Séverine qui sera le plus dur. Et pour l'oublier il va tout tenter, tout tester, aller au bout de ses limites.
 
Malgré la rudesse du texte, ce livre est bourré de sentiments, malgré l'horreur c'est beau, c'est vrai, ça m'a touché au plus profond de moi. Jamais je n'aurais pensé qu'un livre me bouleverserai autant et c'est maintenant chose faite avec ce thriller.
Nous ressentons, nous vivons, nous nous droguons avec Gys. Nous ressentons sa colère, son mal-être, ses montées, ses descentes,son chaos, son amour aussi, sa volonté de changer.
 
Tout au long du livre nous nous attendons à une belle fin, nous la voulons pour Gys, qu'il s'en sorte, qu'il voit enfin la lumière au bout du tunnel. Mais la fin m'a complètement chamboulée, lessivée, essorée, je n'arrive pas à me retirer ce livre de la tête.
Je n'ai pas assez de mots pour décrire ce livre. Je vous dirais qu'une seule chose foncez l'acheter!
 
Merci Ghislain pour ce livre, et merci aux Editions Ring d'avoir publié ce roman.
 
 
 
 

samedi 21 janvier 2017

Majestic Murder d'Armelle Carbonel - Editions Fleur Sauvage

**** Chronique de Jess ****
 
Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches.
Un squat à fuir, un homme secret et tourmenté.
Et une audition menée par une troupe étrange dans un théâtre abandonné...
Le Majestic.

Serez-vous prêts pour la première ?

Après un « Criminal Loft » encensé par la critique, « Majestic Murder » est un thriller sombre et original, asseyant définitivement son auteure parmi les plumes majeures de la littérature noire.
 

Voilà encore un livre que j'attendais avec impatience peut-être un peu trop. Cette chronique est difficile à écrire pour moi. D'une part car il va être difficile à chroniquer sans dévoiler trop de l'intrigue et de l'histoire et d'autre part car je ne peux vous dire si j'ai aimé ou non ce livre.
 
Armelle nous offre un livre très différent de son Criminal Loft que j'avais adoré. Il est différent mais il y a quand même certaines similitudes dont le huit clos que l'auteur affectionne.
Dans ce nouveau livre, Armelle nous immerge dans le monde du théâtre, fini les chapitres, place aux scènes, actes, entractes et levé de rideau. Son style a beaucoup évolué pour s'adapter à la pièce de théâtre. Ce livre est aussi très visuel, je verrais aisément une adaptation cinématographique de ce roman.
 
Lillian fuit avec Seamus un squat de St Louis pour auditionner pour une pièce de théâtre au Majestic, un vieux théâtre désaffecté. Ils vont  y rencontrer Allan le metteur en scène, Sarah la maquilleuse/accessoiriste, Clark le machiniste et Maddy la couturière.
Ils vont jouer la vie de Peg Entwhistle, une actrice américaine qui a eu un destin assez tragique (véridique). Armelle a le don de trouver des personnages fascinants et qui ont vraiment existés ce qui est le cas de Peg. C'est à se demander où elle va trouver et chercher ses personnages très peu connus.

J'ai ressenti un mal aise tout au long de ma lecture. Une sensation d'oppression, que quelqu'un nous observe et nous veut du mal. Je n'ai pas forcément eu d'empathie pour les personnages qu'ils soient principaux ou secondaires. Nous sentons que chacun à des secrets bien cachés mais lesquels mystère! En fait, j'ai ressenti la même chose que quand je lis un livre de Stephen King ce qui peut être un compliment et donner à certains lecteurs envie de se plonger dans l'univers d'Armelle mais qui est un sentiment très particulier pour moi.
Je vous laisse donc vous faire votre propre opinion sur ce livre ;-)

Pour ceux qui n'ont pas lu ma chronique de Criminal Loft c'est ici
 

jeudi 19 janvier 2017

Ne prononcez jamais leurs noms de Jacques Saussey - Editions du Toucan

**** Chronique de Jess ****
 
Muté au pays basque pour insubordination, le commandant Magne s'est aussi éloigné de sa compagne, la lieutenant Lisa Heslin. Alors qu'il noie son ennui dans une consommation d'alcool au-delà des limites autorisées, il est par hasard témoin d'un gigantesque attentat en gare d'Hendaye. Un wagon entier est soufflé par une explosion, laissant plusieurs dizaines de victimes. Lancé à la poursuite d'un suspect, Magne tombe dans un piège et se retrouve kidnappé dans un lieu inconnu. Lisa est alertée et décide de rejoindre Hendaye pour participer à l'’enquête.
 
 
Voici un des livres que j'attendais avec impatience en ce début d'année 2017. C'est avec plaisir que je continue les aventures de Lisa et de Daniel. Attention ce livre est la suite directe de "La pieuvre" en ce qui concerne la vie privée des personnages donc je vous conseille de le lire avant.
 
L'histoire commence par un terrible attentat dans un train dans le Sud Ouest de la France. Daniel Magne muté depuis 2 mois dans la région est témoin de l'attentat et prend en chasse un homme qu'il suspecte d'en être l'auteur. Il va se retrouver dans un traquenard et se faire kidnapper. Commence alors la descente aux enfers.
De son côté, Lisa vit recluse dans le chalet de son père en Suisse. Henri son ancien co-équipier l'appelle pour la prévenir que Daniel s'est fait kidnappé. Lisa n'hésite pas une seconde et saute dans le premier train pour partir à la recherche de son ex-compagnon.
Jacques nous a créé un nouveau personnage diabolique, rongé par un passé douloureux et glauque, sans pitié, ni empathie pour son prochain et qui ne reculera devant rien pour arriver à ses fins.
 
Dans ce nouvel opus, l'auteur a décidé de malmener ses personnages et par la même occasion nous aussi, pauvres lecteurs! Ce polar ne va pas vous laisser une minute de répit. Attention, Jacques va jouer avec vos nerfs et ça du début à la fin. Même quand on croit que le dénouement est proche et que tout va rentrer dans l'ordre une nouvelle tuile nous tombe sur le coin du museau. Vous ne ressortirez pas indemne de cette lecture tout comme nos personnages favoris. Une course contre la monte, une bombe littéraire qui va vous exploser à la tronche et vous envahir de sentiments de plus en plus fort.

Encore une fois, Jacques nous démontre qu'il n'a plus rien à prouver et qu'il est bien un grand auteur de polar français. Un sans faute pour ce thriller haletant que je vous conseille vivement!
Et pour la petite anecdote j'ai adoré avoir un personnage qui porte mon prénom dans cette histoire ;-)

Merci aux éditions du Toucan pour leur confiance :-)

Détails sur le produit

  • Broché: 496 pages
  • Editeur : Editions Toucan (11 janvier 2017)
  • Collection : TOUC.NOIR
  • Langue : Français
 
 

lundi 16 janvier 2017

Au-dessus des horizons verticaux d'Olivier Maurel - Editions Lajouanie

4ème de couverture 
Un commandant de la crim’, torturé à souhait, hanté par le suicide de son père et la maladie de sa fille ; un adjoint parfait mais peinant à remplacer son prédécesseur assassiné par un psychopathe ; des tueurs à gages qui tombent comme des mouches en se scarifiant inexplicablement dans tous les coins de ce bas-monde ; de curieux pendentifs ornés d’un crucifix ; un mystérieux message évoquant d’énigmatiques « horizons verticaux » ; une hallucinante émeute dans une prison marocaine ; une course poursuite dans le parc du château de Versailles... 

Voilà les ingrédients majeurs, et on en omet volontairement beaucoup, de ce roman foisonnant, à mi-chemin entre le roman policier et le thriller.

Olivier Maurel a imaginé une intrigue originale : les scènes d’actions succèdent aux séquences plus psychologiques dans un ordonnancement quasi-parfait. Les personnages précisément campés, les décors (on pourrait parler de lieux de tournage) dans lesquels se déroule le roman font de ce livre un véritable « page-turner ».

Mon avis
Je remercie les éditions Lajouanie pour cette nouvelle lecture :)

Olivier Maurel nous embarque dans l'histoire de Zac Bechler, un commandant torturé à souhait et qui depuis toujours mène une vie en étant l'ombre de lui-même. Petit, son père tue sa mère et sa sœur avant de se donner la mort. 

Récemment, au cours d'une affaire, il perd son coéquipier et celui qui l'abat n'est autre que celui qui a violé et torturé sa fille qui est maintenant hospitalisée et amnésique... 

Seulement, la vie continue et une nouvelle affaire lui est attribuée... une affaire plus qu'atypique car ce sont des tueurs à gages qui se font assassiner, avec pour seuls indices, un crucifix en or et un message disant "J'accepte le châtiment qui m'a conduit au-dessus des horizons verticaux"... Cette phrase va faire resurgir le passé de notre commandant... Quels sont les liens entre la mort de sa famille et l'enquête d'aujourd'hui ? Tant d'interrogations qui le mèneront jusqu'à Marseille, puis au Maroc... pour enfin finir dans les jardins de Versailles.

Olivier Maurel a choisi d'introduire chaque chapitre par une citation de l’Apocalypse selon Saint Jean et nous plonge inévitablement dans l'ambiance. Le ton est donné :) 

"Au-dessus des horizons verticaux" est captivant, hypnotisant... Une intrigue réussie, lancée à vitesse grand V et parfaitement maîtrisée. L'auteur nous mène par le bout du nez avec une avalanche de rebondissements. Les personnages sont joliment travaillés autant sur le fond que sur la forme. On plonge dans les tourments de notre commandant d'autant plus lorsqu'il a ses crises de folie pure où il ne se contrôle quasiment plus. Notamment dans la scène de la prison au Maroc mais pas que... On fini tout de même par s'attacher à Zac malgré sa personnalité déroutante et violente.

Olivier nous déroule un film qui en impose avec des plans réalistes. Un rythme d'une lente noirceur qui peut se changer à une vitesse incroyable et vous décalque au passage. Entre le policier et le thriller mais pas que... On sent que l'auteur nous fait partager son vécu au travers de cette fiction. J'ai tout simplement adoré cette véracité.

Je n'ai qu'une hâte c'est de connaître la suite des aventures de Zac Bechler avec son prochain roman "Fallait pas..." dont vous pouvez retrouver un résumé ici.

Petit clin d’œil à Caroline Lainé dont je salue le travail graphique sur les couvertures. Celle-ci est psychédélique et donne le vertige. Toujours en rapport avec l'histoire du livre et encore plus avec ses horizons verticaux ;)


# By Aurélie :)

vendredi 6 janvier 2017

La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud de Frédéric Révérend - Editions Lajouanie

**** Chronique de Jess ****

1906 : Gilbert Petit-Rivaud, un artiste-peintre parisien s'’installe à Giverny. Son rêve : approcher le déjà illustre Claude Monet. Dans l'attente de cette hypothétique rencontre le jeune homme fait tranquillement la connaissance des voisins et des proches du grand peintre.

Soudain, au beau milieu du paradis des Impressionnistes, voici, dans l'eau, un corps décapité ! Est-ce celui du prêtre ? d'’un peintre ? d'un vagabond ? d'un inventeur génial… ? Détourné de la peinture, mordu par cette énigme, Gilbert Petit-Rivaud va se lancer dans un périple à vélo à la recherche de la vérité où l'authentique va se frotter à l’'« impression ». Au cours de cette drolatique aventure sur les boucles de la Seine, le jeune enquêteur va croiser bon nombre de gens curieux : un gentleman cambrioleur, un savant travaillant à une œuvre révolutionnaire, un ministre de l'’Intérieur amateur d'Art, deux sœoeurs originales bien moins naïves qu'’'il n’'y paraît, des aubergistes crapuleux qui en rappellent d'autres.… L'’identité de la victime finira bien heureusement par être découverte par notre valeureux apprenti détective.…
Ce roman pas policier mais presque a été conçu comme un engin drolatique pour voyager dans le temps, ses énigmes, ses lieux communs et ses lieux singuliers.
Il commence à Giverny dans un Eden propice à la contemplation, où, comme le dira un jour Clemenceau à l'enterrement de Monet, « Le noir n'est pas une couleur ».
Cette drolatique histoire est un objet littéraire bigrement original, fort bien troussé. On s'amuse, on apprend, on sourit et l'on est ravi de cette découverte littéraire et presque policière.
Giverny, La Roche-Guyon et son château extraordinaire, la Seine, les faubourgs parisiens sont les principaux lieux visités par ce drôle d'enquêteur.
Gilbert Petit-Rivaud a existé et a peint quelques toiles de bonne facture.


Merci aux éditions Lajouanie pour cette nouvelle lecture.
J'ai tout de suite été attirée par la couverture et le lieu où se déroule ce roman. Giverny, village de Normandie très prisé des artistes. J'y suis allée suite à ma lecture de "Nymphéas Noirs" de Michel Bussi et j'avais envie d'y retourner dans une nouvelle histoire pas policière mais presque.
Nous rencontrons dans ce roman Gilbert Petit-Rivaud, 24 ans, qui quitte Paris pour aller s'installer à Giverny. Il décide de devenir peintre à plein temps et rêve de rencontrer son idole, Claude Monet. 
Il va rencontrer dans ce village de drôles de personnages. Il se retrouve mêlé à une affaire de meurtre quand un corps est retrouvé décapité. Lui qui ne rêvait que de peindre et de tranquillité se retrouve malgré lui enquêteur.
Il va donc partir sur son vélo pour trouver le fin mot de l'histoire. Sur sa route il va rencontrer de nouveaux personnages plutôt célèbre et il va lui arriver de drôles d'aventures.
J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Je pense que cela n'a rien à voir avec ce livre mais parce qu'il m'arrivait des choses personnelles quand j'ai commencé ma lecture. Je l'ai donc arrêté une première fois pour le reprendre de plus belle et le finir d'un coup.
Il m'a été agréable de revisiter les lieux qui me sont proches mais à une autre époque. Je me suis attachée à Gilbert, ce jeune homme un peu naïf, toujours prêt à rendre service à son prochain, très généreux. L'histoire peut paraître rocambolesque mais c'est ce qui fait tout son charme. L'enquête est très bien menée et on ne voit pas du tout arriver la fin.
Je me suis demandée parfois où l'auteur allait chercher tout ça mais cela donne un roman inimitable, et improbable.
Un roman pas policier mais presque qui change comme tous les livres des éditions Lajouanie et c'est encore une belle surprise.