vendredi 19 janvier 2018

Juste après la vague de Sandrine Collette - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****

Une petite barque, seule sur l’'océan en furie.
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots.
Un combat inouï pour la survie d'’une famille.

Il y a six jours, un volcan s’'est effondré dans l’'océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et soeœurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n'y a plus qu'une étendue d'eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage. Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île.
Et l'eau recommence à monter. Les parents comprennent qu'il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’'aide. Mais sur leur barque, il n'y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.

Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l'amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.



Ne jamais dire "fontaine je ne boirais plus de ton eau". En effet, après avoir lu Il reste la poussière (mon avis ici) j'avais dit que j'abandonnais les livres de Sandrine Collette. Mais après avoir lu le résumé de son dernier livre j'ai eu vraiment envie de le lire.
A peine reçu, à peine lu car je voulais en parler avec elle ce week-end au salon d'Osny.
 
Alors chose curieuse mais ce qui me dérangeait dans le dernier livre ne m'a pas du tout dérangé dans celui-ci. Je pense que le sujet me plait et que ça joue énormément. Il me plait et il m'effraie au possible aussi. Car tout commence par un tsunami qui va détruire la ville où vit cette famille. Et les tsunamis me font une peur bleue. Cela fait partie de mes pires cauchemars.
Nous avons donc cette famille qui se retrouve prisonnière de la mer en haut de leur colline où se trouve leur habitation. Encore une fois, ne cherchez pas à savoir en quelle année nous sommes car il n'y a aucun indice spatio temporel à part la date à laquelle se déroule l'histoire : le mois d'août.
La mer petit à petit au lieu de décroître va continuer de monter au grand malheur de cette famille. Ils décident donc de partir vers les plaines hautes pour trouver de l'aide même si tout porte à croire qu'ils sont seuls au monde.
Mais dans leur malheur il se trouve que la barque qu'ils ont ne peut pas contenir tous les membres de la famille. Ils décident donc d'abandonner 3 de leurs enfants à la maison et de partir.
 
Dans la première partie nous allons suivre la vie sur l'île avec Louie, Perrine et Noé. Comment ils vont passer leur journée seuls au monde à attendre désespérément de revoir leurs parents et leurs frères et sœurs. Tout ne va pas être rose.
Dans la seconde partie, l'auteur nous raconte la vie sur l'eau, sur la barque du point de vue de Madie la mère mais aussi de Pata le père. Chacun va vivre sa culpabilité à sa façon. Un long voyage de plus de 12 jours qui ne sera pas de tout repos. Ils vont vivre leur lot de peurs et de malheurs.
Et enfin dans la troisième partie nous retournons sur l'île avec les enfants. La mer monte de plus en plus. Il va falloir faire des choix compliqués pour survivre.
 
J'ai été complètement subjuguée par ce livre. Les descriptions et les sentiments décrits sont tout simplement sublimes.
Le mer est le personnage principal de ce livre. Cette mer omniprésente, dangereuse, angoissante, tueuse.
La mère aussi, coupable, lâche, ou pas. Car comment faire ce choix que de laisser 3 de ses enfants de côté au risque qu'ils leur arrivent malheur. Moi-même maman je ne peux concevoir ce choix. Mais je ne suis pas non plus dans la même situation dramatique. La culpabilité va ronger cette femme. Elle qui a porté la chair de sa chair ne peut pas se remettre de perdre un de ses petits. Le père ne pourra pas comprendre le comportement de sa femme même si il aime ses petits, l'amour d'une mère est plus fort. Il ne comprend donc pas la folie qui la guette.
 
Sandrine Collette a réussi l'exploit de nous offrir un huis clos étouffant dans l'immensité de la mer. La mer hostile, qui semble sereine mais dont il faut se méfier. La mer qui monte, qui menace de nous engloutir, de nous noyer. Ce livre vous fera suffoquer. Vous allez espérer que tout le monde s'en sorte et que la fin soit joyeuse. Vous allez vous aussi voguer en pleine mer et avoir peur. Vous allez même en rêver la nuit.
Le style de Sandrine Collette est toujours parfait, juste. Les émotions sont au rendez-vous et ne vous laissera pas indifférent. Un livre qui ne s'oublie pas et qui restera gravé longtemps dans mon esprit.
Comme quoi j'ai bien fait de persévérer et de lire ce livre car sinon je serais passée à côté d'une pépite.

mercredi 17 janvier 2018

Mado, Retour de l'Enfer de Chérif Zananiri - Editions Marivole

4ème de couverture
Au départ de Gilbert pour la Grande Guerre, Mado son épouse, sait qu'elle doit survivre. Elle rouvre sa boutique de cordonnier, fait venir le père Émile pour apprendre le métier et s'installe, avec succès, en nouveau patron. Si le succès de son entreprise a été rapide, Mado apprend à vivre avec l'angoisse de la guerre, l'attente du mari, l'espoir d'une permission souvent déçu, les informations mal contrôlées, peu précises, souvent erronées qui filtrent à travers la presse. Elle s'aperçoit qu'au fur et à mesure que le temps passe, le poilu aguerri, devient une bête de guerre et souvent oublie une partie de son humanité. Mado s'applique alors à offrir à son époux, les meilleures conditions pour sa réintégration. Mais cela suffira-t-il ?

Un beau récit d'une femme qui voulait, avec beaucoup de volonté, être digne pendant l'absence de son mari et retrouver une vie de famille dès son retour. Ce récit plein d'humanité évoque la vie compliquée des femmes dont les époux sont partis sur le front. D'une certaine façon, elles devaient s'en accommoder : se passer du mari, prendre sa place dans la direction de la maison, tenir l'échoppe et devenir ainsi, le chef de famille.


Mon avis
Je remercie les éditions Marivole pour cette lecture.

Gilbert et Mado viennent de se marier et vivent le parfait amour. Ils étaient fait pour être ensemble, c'est certain ! Peu de temps après leur mariage, ils sont contraints d'être séparé par la Grande Guerre de 1914. Gilbert est mobilisé et part sur le champs se battre contre les Boches.
Quant à Mado, elle se retrouve seule et cherche à survivre. Elle décide de reprendre l'échoppe de cordonnerie de son mari sans lui dire. Mado avec l'aide d'Emile, apprend, jour après jour, le métier de cordonnier. Petit à petit, elle fait revivre sa place en faisant venir un écrivain, un conteur... Les femmes seront-elles prêtes à reprendre la relève ?
En parallèle, nous suivons la guerre au travers des lettres de Gilbert. Jusqu'où la guerre peut-elle nous atteindre ? nous retirer notre âme ? notre savoir-être ?

Je découvre Chérif Zananiri, un auteur que je ne connaissais pas et j'avoue je suis... sous le charme. J'ai beaucoup aimé l'histoire qu'il m'a raconté. Un sujet vu et revu et que beaucoup d'auteurs s'approprie, mais cette fois-ci, il y a un je ne sais quoi qui m'a davantage plu. J'ai apprécié suivre le train de vie de Mado et la Guerre que Gilbert nous raconte. Je suis fière de Mado qui ne s'est pas laissé abattre, qui a su prendre le taureau par les cornes afin de ne pas se laisser dépérir. Mado (aux côtés d'Emile) a appris le métier de cordonnier de son mari. Malgré tout ces succès, Mado souffre de l'absence de Gilbert... Mado arrivera-elle a gérer sa maison, son échoppe, sa sœur de lait et surtout l'absence de Gilbert ?

Parallèlement à la reconversion de Mado, nous suivons Gilbert au front par le biais des lettres qu'il envoi à Mado. Passé l'euphorie du début de la guerre, Gilbert commence à broyer du noir mais heureusement pour lui après un an d'absence dans son foyer, il obtient une permission. Quelle surprise a-t-il de voir que sa femme a repris l'échoppe. Son moral en prend un coup, il se sent de trop. Tout a changé pendant qu'il n'était pas là et il se rend compte que sa femme s'en sort très bien sans lui. Il sombre petit à petit dans un état d'une noirceur incomparable.

J'ai beaucoup aimé l'écriture et le style de Chérif. Je trouve qu'il a une écriture habitée, il fait littéralement vivre ses personnages à travers une très belle écriture. J'ai vécu avec ces personnages. L'émotion est palpable. L'auteur arrive avec brio à nous faire rentrer dans les pensées de Mado et Gilbert. Je mettrais une mention spéciale pour le cas de Gilbert, où l'auteur analyse/décortique son état d'esprit. Nous avons le ressenti d'un poilu qui est heureux au départ puis qui devient l'ombre de lui-même. On assiste à sa déchéance sans pouvoir l'aider. Il se croit persécuter, voit des boches partout, n'arrive pas à se faire à la nouvelle vie pendant qu'il était au front. On voit son état d'esprit complétement catapulter dans des endroits que nous ne connaissons pas. Il plonge lentement mais sûrement dans un abîme de douleur et de folie où malheureusement personne ne peut l'atteindre.

"Mado, retour de l'enfer" est un livre vivant et poignant où les pages se tournent toutes seules sans que l'on s'en rende compte. Un beau roman d'une femme courageuse et humble qui se hausse au niveau des hommes.


 By Aurélie :)

mardi 16 janvier 2018

Burn-out de Didier Fossey - Editions Flamant noir

**** Chronique de Jess ****

Paris. Avril 2014. Une série de vols d'objets d'art a lieu dans les cimetières parisiens. La police est sur le coup mais, lors d'une nuit de planque, un policier se fait assassiner. Pas de témoins. Peu d'indices. Ses collègues présents sur place n'ont rien vu. Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l'affaire. Malgré son manque d'effectifs et plusieurs enquêtes à gérer, il devra en plus faire face à la descente aux enfers d'un de ses hommes... Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi et les pistes sont dérisoires. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires, non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel. C'est un monde désenchanté, un monde dans lequel l'histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine c'est tout. Certains flics boivent pour oublier, d'autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible. Burnout, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s'alourdit de quelques cauchemars....
 


Tout commence par une nuit de planque au cimetière du Père Lachaise qui se finit en cauchemar pour les gars de la BAC 20. Manu un de leur collègue part soulager un besoin naturel quand il tombe nez à nez avec les pilleurs qu'ils recherchent. Ses coéquipiers le retrouve avec un tournevis enfoncé dans le cœur.
L'affaire va être donnée à l'équipe de Boris Le Guenn du célèbre 36 Quai des Orfèvres.
Franck le coéquipier de Manu va tout faire pour retrouver les coupables et se met en arrêt de travail pour pouvoir enquêter de son côté sans prévenir sa hiérarchie.
Et puis nous avons Guillaume, un des membres de l'équipe Le Guenn, qui manque à l'appel depuis 3 jours. Suite à sa rupture avec sa femme il va petit à petit péter les plombs.
 
Nous allons avoir le point de vue de chaque protagoniste de l'histoire. Nous allons vivre l'enquête avec différentes visions. Car chaque personnage va jouer un rôle précis dans cette enquête. Au début, j'ai pensé que l'histoire de Guillaume était secondaire et que ses petits problèmes perso allaient seulement faire perdre du temps à son équipe mais au final il est pour moi le personnage principal de l'intrigue.
Car Guillaume dans sa quête de vengeance et de désespoir va être au cœur de l'affaire sans le savoir.
Bon sur le coup j'avais compris dès le départ où voulait nous mener Didier. Et je pense que la plupart des gros lecteurs de polar verront le lien aussi.
 
Personnellement je n'ai pas lu ce livre comme un polar mais plus comme un témoignage de ce que vivent au quotidien les policiers. L'auteur décortique les états d'âme de ces différents policiers. Certains sont en fin de carrière, d'autres n'en sont qu'à leur début mais ce qui ressort est un profond mal être pour chacun d'entre eux et une grande lassitude.
Pour moi ce livre est un polar réaliste, vrai et plein de sentiments humains. L'auteur connaît son sujet et nous offre une enquête très bien menée. Rien n'est laissé au hasard, tout est fait dans les règles ou presque. On a un peu l'impression de vivre une véritable enquête de police avec les différents protagonistes.
 
La fin du livre est vraiment très prenante. J'ai eu hâte d'arriver au dénouement et ai espéré un happy end. Malheureusement la vie n'est pas faite que de joie et de bonheur.
Par contre, je suis restée sur ma faim quand j'ai tourné les dernières pages. Et il me semble qu'il y aura une suite. En tout cas je lirais les prochains livres de l'auteur avec un grand plaisir.

 

samedi 13 janvier 2018

Le sceaux des sorcières de Jacques Vandroux - Editions Robert Laffont

**** Chronique de Jess ****
Quand Isabelle Desrameaux, chef d'entreprise à la vie privée débridée, est retrouvée torturée à mort à son domicile, c'est du côté du milieu libertin que va fouiller la police. Mais quand une mère de famille sans histoires est découverte, quelques jours plus tard, immolée par le feu sur le campus de Grenoble, l'enquête prend une autre tournure. Rapidement, le capitaine Nadia Barka comprend que c'est dans le passé qu'elle aura une chance de trouver la clé de ces meurtres. Les secrets du Vatican ou la mémoire d'un vieil aristocrate misanthrope tapi sur le sommet du Trastevere à Rome sauront-ils l'aider à décrypter les rares indices dont elle dispose ?
Passant des procès iniques de l'Inquisition du XVIIe siècle aux turpitudes d'une élite lyonnaise dépravée, l'officier de police va se battre pour découvrir la signification du sceau des sorcières, tatouage commun aux victimes, et tenter d'arrêter les assassinats qui s'enchaînent.
Ce roman prend racine dans l'histoire de France pour livrer au lecteur une quête qui l'emmènera à la rencontre d'une guérisseuse au savoir ancestral, d'un prêtre romain séduisant, de truands tapis dans toutes les couches de la société et de flics au bord de la crise de nerfs.

 

J'ai découvert Jacques Vandroux l'année dernière avec le Projet Anastasis (ma chronique ici) qui avait été une superbe découverte et un énorme coup de cœur.
J'ai donc commencé Le sceau des sorcières confiante, en sachant que j'allais passer un très bon moment. En plus c'est un beau pavé de plus de 500 pages donc de quoi passer de belles heures de lecture.

Dès le premier chapitre je suis plongée dans l'histoire qui débute en 1615. C'est une période qui m'intrigue énormément. J'étais curieuse de voir ce que Jacques nous avait concocté et comment il allait dérouler un polar sur une aussi longue période.
Au XVIIème siècle nous rencontrons donc Margot Malherbe, guérisseuse de son village et accusée de sorcellerie. Elle était protégée par le Baron des alentours. Mais à la mort de ce dernier les choses changent. Son fils n'est pas du même acabit et a cherché plusieurs fois à mettre Margot dans son lit mais celle-ci a toujours refusé. Mais la vengeance d'un homme éconduit peut être sans limite. Surtout qu'il sait que ses aïeuls ont donné un trésor à la famille de Margot et il veut absolument le récupérer. La chasse aux sorcières va donc commencer.

De nos jours, Nadia Barka, commandant de police et jeune mère d'une petite Adèle 9 mois, enquête sur le meurtre d'une femme. Elle a été torturée avant d'être assassinée. Tout porte à croire qu'elle faisait partie du milieu libertin. Sur son corps le médecin légiste retrouve un drôle de tatouage. S'ensuit d'autres assassinats qui laisse Nadia et son équipe sur les rotules car tout mène à une impasse. Mais rapidement ils vont comprendre que les tortures infligées aux victimes ressemblent étrangement à ce qui se faisait aux temps de l'Inquisition.

Et d'un autre côté Nadia doit répondre de ses actes suite à l'arrestation musclée de 4 violeurs pris sur le fait. En effet Nadia n'y a pas été de main morte et a envoyé les quatre individus à l'hôpital. Un des jeunes est le fils du bras droit du Préfet de Grenoble et ils vont tout faire pour discréditer Nadia. Entre son enquête et sa mise en examen, Nadia est à deux doigts du burn-out. Son mari, également policier va tout faire pour l'aider à se sortir de ce mauvais pas. Mais vu le caractère volcanique de Nadia elle veut que personne ne l'aide. On peut dire qu'elle a un caractère bien trempé! Tout comme toutes les femmes que nous rencontrerons dans ce polar.

L'enquête va prendre une tournure inattendue et va emmener Nadia à Rome où elle va faire un saut en arrière directement au XVIIème siècle. J'ai adoré cette partie du livre qui nous raconte cette chasse aux sorcières. Les coutumes, les mœurs de l'époque. L'auteur va nous plonger directement dans cette période pour mon plus grand bonheur. J'aime remonter dans l'histoire le temps d'un livre et quand c'est si bien écrit ça en devient un vrai délice. Je peux vous dire que j'ai frisé l'orgasme littéraire avec ce polar.
En plus de nous faire remonter le temps, Jacques nous emmène dans le milieu libertin. Il ne nous épargnera aucun détails mais ne tombe pas dans le vulgaire.
Les protagonistes de l'histoire ne seront pas épargnés non plus par l'auteur. J'ai eu plusieurs fois peur pour eux.

J'avais un peu peur qu'il y ait des longueurs au vu du pavé que je m'apprêtais à lire et bien pas une seule seconde je me suis ennuyée dans ce livre qui ne vous laissera pas une minute de répit.
Une enquête palpitante qui vous fera voyager entre Grenoble et Rome et entre le XVIIème siècle et de nos jours. Jacques doit être un peu sorcier car il m'a envoûté ! Je suis totalement fan de ses bouquins. Déjà avec le Projet Anastasis ça avait été l'extase mais alors là chapeau bas!  



vendredi 12 janvier 2018

La demoiselle de Marie de Palet - Editions De Borée

4ème de couverture
Sur ce causse sauvage de la région de Mende, l'hiver isole de longs mois la ferme de Chaumette. L'été, il faut lutter contre la sécheresse. Sur ce plateau désolé vit, avec valets et servantes, la famille Combes, des paysans aisés. A l'orée du XXe siècle, la ferme fête le retour de Claire, la " demoiselle ", partie étudier dans un pensionnat religieux de la ville depuis quatre années.

Cependant, pour Claire, ce retour sur le causse est teinté de tristesse : elle regrette la vallée pleine de bruits et de rires. Sa vie s'éclaire lors du carnaval où elle rencontre Louis, un géant blond aux moustaches tendres et irrésistibles. C'est alors qu'arrive du Midi, Delphine, sa belle cousine, dont les parents viennent de périr dans un accident...


Mon avis
Je remercie les éditions De Borée pour cette lecture.

J’avais apprécié l’écriture de Marie de Palet ainsi que son précédent livre avec « Le Valet de Pique ». Ma chronique est ici ! C’est donc avec plaisir que j'ai voulu suivre son actualité en lisant « La demoiselle ».

Claire, la demoiselle de la ferme Chaumette est de retour, dans son causse qui lui est si cher. Elle gambade à travers son causse comme une abeille qui butine les fleurs. Claire a tout pour être une parfaite épouse mais aucun prétendant ne se présente. Elle se convainc que cela n’a aucune importance même si cela la rend triste car elle ne s’aime pas physiquement jusqu’au jour où elle va au Carnaval et qu’elle fait la rencontre de Louis. Celui-ci la courtise mais du jour au lendemain, il ne lui accordera plus un regard au grand damne de la jeune fille. Que s’est il passé pour qu’il renonce ainsi ? Jusqu’où peut-on aller par amour ?
En parallèle, Claire apprend que les parents de sa cousine Delphine ont péri dans un tragique accident. C est donc ses parents qui lui offre l’hospitalité à Chaumette. Mais Delphine est-elle celle qu’elle prétend ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour arriver à ses fins ?
Entre amitié et amour, où se situe la limite ? Claire apprendra à voir clair dans le jeu de Delphine à ses dépens ! 

L'auteure reste dans sa région lozérienne et continue de nous décrire ses petits panoramas de nature qu'elle aime tant (et nous aussi!). J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver l’écriture de Marie. Son style est toujours aussi fluide, limpide, doux. Malgré que l’histoire en soit ne sorte pas du lot, cela ne m'a pas empêché de passer un très bon moment de lecture.

Nous découvrons la vie à la ferme de Chaumette du côté des gens de grande renommée au contraire de ce qui se fait d'habitude (où se sont plutôt les malheurs des paysans qui sont mis en première ligne). 
J'ai beaucoup aimé le personnage de Claire qui est très attachant et parfois trop naïf (j'aurais tellement voulu lui ouvrir les yeux sur de nombreux passages). Nous suivons sa vie à travers ses yeux, son retour à Chaumette, ses aventures avec les garçons, l'arrivée de Delphine à la ferme, mais également le travail à la ferme avec les ouvriers.

Un ouvrage sans prise de tête qui revient aux vraies valeurs, très facile à lire et apaisant. Je ne peux que vous le conseiller pour apaiser vos maux avec des mots.

 By Aurélie :)

jeudi 11 janvier 2018

Quelque part avant l'enfer de Niko Tackian - Editions Scrineo


**** Chronique de Jess ****

Anna R. est une survivante. L'espace d'une seconde, lorsqu'une tonne d'acier a fracassé l'habitacle de sa voiture, elle a vécu une expérience de mort imminente. De retour parmi les vivants, Anna n'aura de cesse d'essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. Qui était cet homme baigné de lumière noire qui la menaçait jusqu'aux portes de la mort ? Pourquoi n'a-t-elle pas, comme les autres « expérienceurs », la conviction de pouvoir vivre une vie meilleure ?
Parfois, il faut peut-être mieux ne pas revenir...
 


Quand j'aime un auteur j'aime lire les premiers romans qu'il a pu écrire. Cette fois je me suis lancée dans Quelque part avant l'enfer. La quatrième de couverture m'avait plus qu'attirée et je trouve le sujet passionnant. Les EMI, expériences de mort imminente m'ont toujours troublé et c'est donc avec plaisir que j'ai commencé ma lecture.

Anna, jeune mère de famille, a un grave accident de voiture après avoir déposé son fils à l'école. Pendant que les secours essaient de la désincarcéré de sa voiture elle se sent sortir de son corps et est aspiré dans un tunnel. Mais contrairement aux histoires que l'on entend sur les EMI et le fameux tunnel blanc plein de lumière et d'amour, Anna se retrouve dans un tunnel froid, angoissant et noir. Elle va y rencontrer un homme qui va lui dire qu'il compte la tuer.

Après cette expérience, Anna va changer de comportement. Elle est persuadée que l'homme existe et tente de la tuer. Ses doutes vont vite s'avérer vrais.
D'un autre côté, nous suivons Zed, capitaine de Police qui enquête sur la mort de plusieurs prostituées. Il semblerait que le tueur soit l'homme qu'Anna a vu pendant son EMI.

Voici un véritable page turner ! J'ai été complètement happée dans cette histoire. Les chapitres courts donnent un rythme effréné à l'histoire. On ne s'ennuie pas une seule seconde. Les descriptions font que l'on visualise très bien toute l'histoire. Je n'ai eu qu'une envie c'est de savoir qui en avait après Anna. J'avais bien ma petite idée. Mais franchement ne cherchez pas vous allez vous y casser le nez. Car je me suis fait avoir sur le final et je ne m'y attendais pas une seule seconde. Une chose à dire sur la fin : MAGISTRAL. Moi qui adore être surprise je peux dire que j'ai été plus que gâtée!

Encore une fois c'est un sans faute pour Niko qui a su m'embarquer très loin et me faire passer un excellent moment de lecture. Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur l'année dernière et d'avoir maintenant tout lu car en regard de mes lectures je peux vous dire qu'il a tout d'un grand auteur de polar. Un auteur à suivre de très près.  

Mes chroniques sur les livres de Niko :
fantazmë ici
toxique ici
La nuit n'est jamais complète ici

lundi 8 janvier 2018

Comme de longs échos d'Elena Piacentini - Editions Fleuve Noir

4ème de couverture
« Partout, les monstres sont chez eux… »
Vincent Dussart est sûr de son coup. Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd'hui. Il n'a rien laissé au hasard. Comme toujours.
Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l'accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l'espace. Ce hurlement, c'est le sien. Branle-bas de combat à la DIPJ de Lille. Un mari en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.
Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d'elles, Sénéchal n'est jamais aussi brillante que sous la pression de l'urgence. Son équipe s'attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L'écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l'affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…


Mon avis
Je remercie les éditions Fleuve noir pour cette lecture.

J'avais beaucoup entendu parler d'Elena Piacentini à travers les réseaux sociaux. Toutefois, je ne connaissais pas ses écrits, c'est donc avec "Comme de longs échos" que je découvre cette auteure. Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas l'avoir découvert plus tôt. J'ai tout simplement adoré l'histoire qu'elle m'a raconté...

Le couple de Vincent Dussart va mal, ils font un break. Mais cela va d'autant plus mal lorsqu'il retrouve sa femme morte sans compter que son bébé d'à peine trois mois a disparu... C'est le choc et il se retrouve hospitalisé. C'est l'équipe du chef de groupe de Lazaret qui va s'en occuper. Celle-ci se constitue de Mathilde Sénéchal qui est en quelque sorte son bras droit, puis de Dédé et enfin de Muller (la nouvelle de l'équipe). Ils ne vont laisser aucune piste au hasard. Tout va être largement ratissé/épluché au peigne fin. Tous les délinquants seront interrogés. Vincent Dussart sera suspecté d'autant plus qu'il n'est pas un saint. Enfin, un personnage fera son entrée un peu plus tard dans l'histoire, il s'agit de Pierre Orsalhièr, ancien gendarme qui reviendra à la civilisation car cette nouvelle enquête lui fait de l’œil, une histoire de déjà-vu. Jusqu'où cette enquête nous mènera-t-elle ? Car ne l'oubliez pas, "partout, les monstres sont chez eux...". 
En parallèle de notre histoire, l'auteure nous emmène également sur celle de Sénéchal, une flic dure à cuire, qui ne laisse rien passer et qui ressent tout de manière olfactive et je dois dire que c'est plutôt bien réussi. Que nous cache Sénéchal ? 

Elena Piacentini a une très jolie plume, elle puise son énergie dans ses sens pour nous faire ressentir plein d'émotions et pour certaines de manière inattendues comme la perception olfactive. Mais, rassurez-vous, ce n'est pas pour autant qu'elle nous épargne. Tout de suite, elle donne le ton en étant tout à la fois douce puis alarmante. L'état d'urgence est déclaré. L'atmosphère est tendue. On fait partie de l'équipe de Sénéchal. On compile, on analyse/décortique, et on agit ! Vous l'avez compris l'enquête est menée doucement mais sûrement avec raison. L'auteure prend son temps pour nous immerger au coeur de son enquête et j'ai apprécié. Les chapitres sont courts mais concis et garde le rythme voulu par l'auteure.

Les personnages sont bien campés avec de fortes personnalités. Chacun à son caractère, chacun est indépendant et cache ses fêlures. Mais celles qui sont le mieux cachées sont celles de Sénéchal, on en aperçoit des infimes parties mais je pense que cela n'est rien par rapport à ce qui nous attend. J'ai hâte d'en savoir plus sur ce personnage qui pourtant n'est pas d'une gaieté à toute épreuve bien au contraire. Ce sont ses faiblesses qui nous la rendent attachante.

"Comme de longs échos" est issu de l'imagination d'Elena mais également tiré d'un fait réel dont elle s'est inspirée, elle l'explique à la fin du livre. C'est un livre qui se lit à une vitesse fulgurante mais avec une enquête qui prend son temps et cela ne m'a pas déplu du tout. 

Je conclurais en disant qu'Elena est une auteure à suivre tant son style et son écriture d'une netteté impressionnante sont addictifs ! D'ailleurs, j'attends avec impatience la suite des histoires de Mathilde Sénéchal dont je suis devenu "fan"!
 By Aurélie :)

Une femme entre deux mondes de Marina Carrère D'Encausse - Editions Anne Carrière

**** Chronique de Jess ****
Pour une fois je ne vais pas mettre la quatrième de couverture car je trouve qu'il résume et spoile trop le livre. D'ailleurs j'ai bien fait de ne pas l'avoir lu avant de lire le livre car ça m'aurait gâché le plaisir de la découverte de certains points du livre.
Valérie vit une vie bien remplie. Divorcée, elle vit avec ses deux ados et sort depuis quelques mois avec Olivier. Journaliste et romancière elle n'a pas le temps de s'ennuyer. Lorsqu'on lui propose de rendre visite à des femmes emprisonnées qui ont lu son livre, curieuse, elle accepte. Elle va ressortir très chamboulée de cette visite et de la rencontre avec ses femmes. Notamment une, Nathalie, qui n'a pourtant pas décroché un mot mais qui lui a laissé une drôle d'impression.
Quelques semaines plus tard elle reçoit une lettre du centre pénitencier de la part de Nathalie qui excuse son comportement lors de sa visite. Valérie va lui répondre et une correspondance va commencer entre les deux femmes. Valérie pense aider Nathalie, atténuer sa morosité et lui donner de l'espoir. Mais chose inattendue c'est Valérie qui va ressortir différente de ces échanges. Elle sent un malaise au fond d'elle qu'elle n'arrive pas à comprendre et Nathalie va l'aider et la guider. La vie de Valérie va prendre un tournant inattendu.
En effet, Valérie ne sait plus trop où elle en est dans sa vie. Après un mariage et une trahison qui lui ont laissé un goût amer dans la bouche elle reprend goût au bonheur lorsqu'elle va rencontrer Olivier. Ils vont se rencontrer lors d'un salon littéraire. Olivier est lui même auteur. Celui-ci va se montrer aussi charmant que possible jusqu'au jour où il va révéler sa vraie face et celle-ci n'est pas jolie jolie.
Nathalie va devenir plus qu'une confidente pour Valérie au fil des rencontres. Mais Elle se demande bien pourquoi Nathalie purge une peine de 20 ans de prison. Elle pourrait très bien le découvrir par elle-même mais préfère que son amie se confie. Nathalie va donc se confier elle aussi petit à petit.
Dès les premiers chapitres ce livre m'a chamboulé. Je n'avais qu'une seule envie : tourner les pages pour vite le finir. Mais d'un côté je n'avais pas non plus envie de le finir. D'ailleurs je pense que si je ne l'avais pas commencé tard un soir je l'aurai lu d'une seule traite. J'ai été le témoin silencieux de la vie de Valérie, de ce qu'elle vivait. J'ai eu de la peine pour elle lorsque son histoire d'amour s'est détériorée. J'ai été curieuse aussi de savoir ce qu'avait bien pu faire Nathalie, elle qui semble si gentille. Qu'a-t-elle pu faire pour avoir échoué en prison et pourquoi se fustige-t-elle autant? Et quand on sait enfin, on a de la peine pour elle pour son histoire, pour ce qui lui est arrivé.
Le dénouement de cette histoire est encore plus bouleversant. Je ne m'attendais pas à une fin pareille. L'auteure nous raconte ses deux femmes avec justesse, attention, et pleins de sentiments. Une magnifique histoire entre deux femmes qui n'auraient jamais dû se rencontrer : l'une libre, l'autre emprisonnée mais au final qui ont tellement en commun. La plume de Marina Carrère d'Encausse est belle, elle embellit cette histoire. Un roman que je ne suis pas prête d'oublier.
Moi qui n'avais encore jamais lu de livre de Marina Carrère d'Encausse je suis ravie de cette découverte et je pense que je vais me pencher sur ses autres ouvrages.


Il court, il court, le furet de M.J Arlidge - Editions 10/18

**** Chronique de Jess ****

Southampton, quartier rouge. Le corps d'un homme est découvert. Atrocement mutilé, le cœur arraché. Peu de temps après, un colis est déposé au domicile de la victime. Sur un écrin de journaux, repose... son cœur. Bientôt, un autre corps est retrouvé. Même mise en scène macabre. La peur s'empare de la ville.
Pain bénit pour les tabloïds, le tueur en série est bientôt comparé à Jack l'Éventreur. Pourtant, ce ne sont pas les prostituées qui sont visées mais leurs clients. Les victimes, des hommes en apparence bien sous tout rapport, fréquentaient tous en secret les bas-fonds de la ville.
Le commandant Helen Grace est chargée de l'enquête. Le tueur est déchaîné. À elle de l'arrêter avant qu'il ne frappe à nouveau.
Dans la continuité d'Am stram gram, Il court, il court, le furet est le nouveau thriller électrisant de M.J. Arlidge.
 
 
 
Comme j'ai adoré Am Stram Gram (ma chronique ici) j'ai donc continué avec une nouvelle enquête d'Helen Grace. L'auteur reprend l'histoire un an après le dénouement de la dernière enquête qui a mis Hélène à rude épreuve tant sur le plan professionnel que personnel.
Charlie vient de reprendre du service après un an d'arrêt maladie. Tony a pris du galon.
Un cadavre est retrouvé avec le torse complètement ouvert dans une maison insalubre. Son cœur a été arraché et envoyé à sa famille. Tout porte à croire qu'il était avec une prostituée au moment du drame. Pourtant sa femme est catégorique : jamais son mari ne se serait rabaissé à aller voir des prostituées, lui qui est un fervent catholique.
D'autres meurtres vont avoir lieu et il va être difficile de trouver la meurtrière. Car en effet les enquêteurs ont affaire à une tueuse en série.
 
J'ai été moins happée par cette enquête que je l'ai été dans le livre précédent. J'ai malgré tout passé un agréable moment. Je ne m'attendais pas du tout à ce dénouement.
L'auteur nous offre de belles surprises et de beaux rebondissements. Ses personnages sont très torturés encore plus que dans le précédent roman. Chacun à ses petits problèmes. Helen va être confronté à son passé et ses démons. La journaliste qui était déjà détestable dans le premier est encore plus antipathique dans le second. Elle va s'en prendre à Helen personnellement. De nouveaux personnages font leur apparition notamment une nouvelle commissaire Ceri Harwood qui est aussi très antipathique.
 
Je vais lire le dernier de la trilogie pour connaître le dénouement personnel qui touche Helen car je suis restée sur ma faim et il me manque des informations.
L'auteur en dehors de l'enquête a fait un très bon travail sur ses personnages. Nous connaissons la vie privée de chaque enquêteur, leur famille, leur drame personnel ...
Donc pour moi ce n'est pas un coup de cœur mais un bon polar quand même qui donne envie de continuer l'histoire des personnages. Juste un petit bémol, vous ne pourrez pas lire Am stram gram si vous lisez celui-ci en premier car l'auteur nous remémore toute la première enquête et nous donne le nom du meurtrier.
 
 
 

jeudi 4 janvier 2018

Les âmes des grandes combes de Jean-Louis Desforges - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****
Quand Jean arrive à la ferme des Grandes Combes pour se louer, il doit faire face à deux accueils bien différents : celui méfiant d'Ange Bornillon, le maître des lieux autoritaire, et celui séduisant de Mathilde, sa fille, dont il tombe rapidement amoureux. Au fur et à mesure, Jean apprend à se rendre indispensable et à se faire apprécier, au point que Bornillon lui propose de prendre sa suite. Mais Jean semble porter un lourd secret qui l'empêche d'être heureux. Le révéler pourrait-il le soulager ? Et les âmes des Grandes Combes parviendraient-elles à l'aider ?



Pour moi, en général, c'est toujours un plaisir de commencer un livre des Editions De Borée. Je dois avouer que j'ai commencé ce livre il y a quelques temps et je l'ai arrêté après un chapitre. J'ai eu du mal à me faire au style de l'auteur et du mal à rentrer dans l'histoire que je trouvais longue à se mettre en place.
Mais comme je n'aime pas abandonner un livre je l'ai repris fin décembre pour ne plus l'arrêter. J'ai enfin réussi à rentrer dans l'histoire.

L'histoire se déroule au début du siècle juste avant la première guerre mondiale. Jean Romestaing, est un jeune homme qui court les fermes à la recherche de travaux et d'un abri pour dormir. Il vient de sortir de prison et ne souhaite qu'une seule chose, travailler pour essayer d'apaiser la peine d'avoir perdu celle qu'il aimait.  
Il trouve du travail aux Grandes combes qui appartient à Ange Bornillon. Dès le départ ces deux là ne vont pas s'entendre. Pourtant Mathilde la fille adoptive d'Ange va vite tomber amoureuse de Jean et tout faire pour adoucir le vieil homme. Mais Jean se complait dans son malheur et refuse le bonheur. D'autres ouvriers comme Casimir et Léa vont être distants vis-à-vis de lui.
Petit à petit, à force de labeur, Ange va trouver un allier en Jean. Il va de plus en plus lui faire confiance au point de lui donner la main de sa fille et vouloir lui léguer son domaine. Mais Jean ne va pas laisser aller sa culpabilité et il va falloir tout l'amour de ses gens pour qu'il laisse entrer un peu d'espoir et de bonheur en lui. Pourtant il va trouver dans les gens des grandes combes une véritable famille qui va tout faire pour qu'il retrouve confiance en lui et reste dans la ferme.
Mais Jean préfère garder le secret qui le ronge à savoir ce qu'il a pu faire pour aller en prison. J'ai été intrigué par ce secret. Jean va nous raconter son passé petit à petit, nous en dévoilant peu pour nous tenir en haleine. Et quand enfin j'ai su le pourquoi, j'ai été triste pour lui. L'auteur a très bien su décrire les sentiments dans son roman. Les sentiments d'amour, d'amitiés, de famille.

Ce roman est un pur roman du terroir, avec son vocabulaire, ses descriptions des différents métiers de l'époque et des travaux de la ferme. J'ai appris beaucoup de choses en lisant ce livre. L'auteur nous raconte la vie de labeur que menaient les gens de la ferme à cette époque. Il nous raconte la guerre aussi et les tourments qui en découlaient.
J'ai finalement été emballée par ce roman et je me suis faite au style de l'auteur. Je me suis attachée à tous les personnages, que ce soit Jean, ce garçon un peu bourru qui n'a pas confiance en lui et pense qu'il ne peut apporter que le malheur. Mathilde, pétillante, pleine de vie et d'amour à donner. Casimir, ce grand costaud un peu niais mais au final tellement gentil et attachant. Et tous les autres aussi.
Au final j'aurais passé un agréable moment aux grandes combes et j'aimerais bien retrouver les personnages dans un autre roman. 




Défaillances de B.A Paris - Editions Hugo Thrillers

*** Chronique de Jess ****

Tout a commencé cette nuit-là, dans la forêt.
Cassandra ne s'est pas arrêtée pour proposer son aide à la conductrice de la voiture immobilisée sur le bord de la chaussée, en plein orage.

Lorsqu'elle apprend le lendemain que la femme a été retrouvée sauvagement assassinée, Cass est assaillie par la culpabilité. Et les coups de fil anonymes qu'elle reçoit désormais chez elle ravivent son angoisse. Elle en est persuadée : quelqu'un l'a vue, ce soir-là. Quelqu'un qui continue de l'observer. Quelqu'un qui pourrait bien être l'assassin.

Pourtant ni son mari, ni sa meilleure amie ne prennent ses craintes au sérieux. Et alors que Cass elle-même commence à douter face à ses trous de mémoire de plus en plus fréquents, ses angoisses se transforment en terreur.



En début d'année j'avais découvert B.A Paris avec Derrière les portes (ma chronique ici) qui avait été une superbe découverte et un gros coup de cœur. Donc quand j'ai vu qu'un nouveau thriller sortait je ne pouvais pas passer à côté. Merci aux Editions Hugo Thriller pour cette lecture.
Ce nouveau livre n'est pas  un coup de cœur mais un énorme coup de cœur, une grosse claque dans ma tronche. Ce thriller est machiavélique. Le surnom de reine du psychologique est plus que fondé, B.A Paris excelle dans ce style. Et moi le thriller psychologique j'adore ! Mais quand c'est bon comme ça je surkiffe (désolée je sais que ce mot n'existe pas). Tous les ingrédients d'un bon thriller sont réunis : l'angoisse, le suspens, un meurtre, la sensation d'être épié, de perdre petit à petit la boule, d'être incomprise, d'avoir peur tout le temps, d'être harcelé. Ne cherchez pas vous ressentirez tout ça en lisant ce livre. Et un conseil, si vous lisez dans les transports faites bien attention de ne pas rater votre station car une fois dans l'histoire il est impossible de revenir sur la terre ferme.
Si j'avais pu le lire d'une traite je l'aurais fait mais j'ai quand même mis 2 soirs à le finir tellement je voulais connaître le fin mot de l'histoire.

Et cette histoire, c'est la vie de Cass, 33 ans, mariée avec Matthew depuis un peu moins d'un an. Elle est prof d'histoire dans un collège et pour fêter la fin de l'année scolaire, ses collègues se retrouvent dans un pub. Sur le chemin du retour un orage violent éclate. Cass appelle son mari pour lui dire qu'elle rentre et il lui déconseille de passer par le raccourci de la forêt. Malgré ses conseils Cass va prendre le raccourci et tomber sur une voiture en panne sur une aire de stationnement. Elle voit une femme au volant. Elle s'arrête mais comme la femme ne lui fait aucun signe elle repart. Le lendemain elle apprend que la jeune femme a été sauvagement assassinée. La culpabilité va la ronger de plus en plus surtout quand elle va se rendre compte qu'elle la connaissait.
Des appels anonymes vont l'angoisser de plus en plus. Et si le tueur l'avait vu?
De plus, Cass va avoir de plus en plus de pertes de mémoire qui vont lui faire de plus en plus peur. Sa mère était attente de démence et elle a peur d'avoir la même maladie. Elle va sombrer de plus en plus dans la dépression. Elle pense devenir folle surtout que son mari et sa meilleure amie ne la croient pas.
Comment ne pas penser être folle quand on oublie de petites ou de grandes choses tous les jours.

J'ai eu un doute dès le départ sur ce qui se passait vraiment. J'avais une partie de la solution. Mais malgré ça, j'ai eu de grosses surprises à la fin. Je ne m'attendais pas à un tel dénouement. Cette fin d'histoire est vraiment excellente. J'avais peur que l'auteur prenne une solution de facilité et bâcle la fin mais pas du tout. Le personnage de Cass est vraiment très bien travaillé sur le plan psychologique. On ressent son désarroi, sa culpabilité. On se met à sa place : qu'aurions-nous fait à sa place?
On doute aussi, est-elle en train de sombrer dans la folie ou fait-elle vraiment l'objet d'un harcèlement?
Et malgré ses faiblesses elle se relève plus forte. Je n'avais pas envie de la quitter. Déjà dans son précédent roman la victime à la fin retourne la situation de façon magistrale mais ici c'est encore plus jouissif!
Ce thriller est un vrai page-turner. B.A Paris fait maintenant partie de mes auteurs préférés. J'avais peur que son deuxième livre soit moins bon que le premier et bien non c'est tout le contraire ! Une bombe! Si vous ne connaissez pas encore ses livres foncez et vous ne serez pas déçus une seule seconde.



mercredi 3 janvier 2018

Journal d'un notaire de campagne d'Alain Lebrun - Editions Marivole

4ème de couverture
1960, à Saint-Fly-en-Bray, commune rurale de 1 500 habitants. Fraîchement installé, maître Louis découvre un monde en pleine métamorphose. Arrivée du franc lourd, mécanisation, démantèlement des fermes… le jeune notaire assiste à l’expansion et à la prospérité croissante qui vont marquer cette décennie. Confident des uns, partageant leurs secrets les plus intimes, et conseiller des autres, il est confronté à de nombreuses affaires souvent cocasses et insolites, qui l’entraînent dans des aventures rocambolesques et le placent dans des positions parfois inconfortables. Assurément, le quotidien d’un notaire de campagne n’est pas de tout repos !


Mon avis
Je remercie les éditions Marivole pour cette lecture des années Sixties.

Je dois avouer que la 4ème de couverture a attisé ma curiosité. Et pourtant, cela n'était pas gagné d'avance car sincèrement je ne pense pas que j'aurais accordé un regard a cet ouvrage si je l'avais vu dans le commerce. Ne vous fiez donc pas aux apparences, ce livre est très plaisant à lire. Pour ma part, je l'ai lu en deux jours tellement j'étais avide de toutes ces histoires.

En 1960, Maître Louis, notaire, arrive sur Saint Fly, petit village d'un peu plus de 1000 habitants. Fraîchement débarqué, il devient vite la personne qu'on vient voir pour demander un conseil, un service ou tout simplement parler. Maître Louis va être au cœur des histoires afin de trouver une solution aux différents litiges ou aménager des arrangements. Il sera le témoin de beaux actes, mais aussi de décès...

Avec le "Journal d'un notaire de campagne", nous partons dans les années 60 avec les tracas et joies des gens du village. Nous ferons la connaissance de Marie, et des trois Jean (Jean-Jacques, Jean-Pierre et Jean-Paul) d'où tout commencera. J'ai particulièrement aimé la première anecdote avec "La bonne à Boniface" et sa suite avec "Dans le cochon tout est bon". Des anecdotes salvatrices avec une belle morale.

Nous ferons également la connaissance d'autres personnages tels que Gaston, Annie, Françoise,... toutes ces anecdotes se succèdent telles des nouvelles. Nous croiserons à nouveau des personnages des histoires précédentes, quoi de plus normal pour un si petit village où tout le monde se connaît et sait tout les uns sur les autres. L'attachement des gens pour leurs animaux ou leurs terres est inépuisable surtout dans "La vente aux enchères".

Je suis passé tour à tour par tous les sentiments : le rire, la dérision, la pitié, l'énervement, la satisfaction, la joie... L'émotion est présente quoi qu'il arrive. Un livre qui vit littéralement à travers ses personnages.

Alain Lebrun décrit l'atmosphère des années 60 avec ses difficultés, ses nouveautés,... toutes ces petites choses mais toujours avec une touche d'humour et de dérision. J'ai vraiment apprécié cette lecture où chaque histoire est unique.

Un beau moment de lecture avec toutes ses histoires qu'on est pressé de découvrir.

 By Aurélie :)