mercredi 31 janvier 2018

Ca ne coûte rien de demander de Sara Lövestam - Editions Robert Laffont, Collection La Bête Noire

4ème de couverture
Ça y est, l'autoproclamé « détective » Kouplan, immigré iranien à Stockholm, n'a plus un rond. Il en est réduit à collecter des canettes vides pour les revendre contre quelques pièces.
En fouillant dans les poubelles du quartier huppé de Lidingö, il croise le chemin de Jenny Svärd, conseillère municipale aux dents longues, dont il surprend la conversation : Jenny vient de se faire escroquer par son amante, qui a disparu dans la nature avec deux cent mille couronnes.
Puisque ça ne coûte rien de demander, Kouplan saute sur l'occasion pour lui proposer ses services d'enquêteur...


Mon avis
Il me tardait de lire le deuxième volet de la tétralogie de Sara Lövestam. Le premier volet avec "Chacun sa vérité" (ma chronique ici!) m'avait complétement conquise. Ce fut un vrai coup de cœur pour moi.

Ici avec "ça ne coûte rien de demander", nous retrouvons notre très cher détective privé sans papiers, Kouplan. Sara nous immerge un peu plus dans la vie de Kouplan. Nous ne faisons qu'un avec lui. Nous le suivons au fil de ses pérégrinations avec les soucis de son corps et je n'en dirais pas plus à ce niveau-là pour ne pas spolier le premier volet.
En parallèle, Kouplan enquête "au noir" pour le compte de Jenny Svard, conseillère municipale coriace, qui s'est fait avoir en se faisant arnaquer de deux cent mille couronnes par son ex-petite amie. Pourquoi Jenny ne fait pas appel à la police ? Est-elle vraiment la victime dans cette histoire ? Dès lors, Kouplan rentre en piste et se lance à la recherche de la fameuse Amanda, qui deviendra tour à tour, Patricia, Consuela, Nathalie... Tout au long de cette enquête, nous en apprenons davantage sur Kouplan lui-même mais aussi sur son passé. Comme je le disais dans son précédent livre, je trouve encore une fois que l'enquête est plus ou moins secondaire et j’apprécie cet aspect où tout ne tourne pas uniquement autour de l’intrigue.

Mon seul regret est que la fin de l'enquête arrive d'un coup avec une résolution facile et assez banale. Je pense que l'auteure aurait pu y mettre un peu plus d'originalité, de piquant. Par contre, la fin laisse présager une suite que j'ai hâte de découvrir car celle-ci concerne toujours notre histoire sur le personnage de Kouplan. Peut-être pourra-t-il bientôt se promener dans la rue sans regarder par dessus son épaule...

Ici, le thème principal est toujours la clandestinité, n'oublions pas le statut de Kouplan ;) Toutefois, d'autres thèmes sont également abordés tels que la manipulation par le mensonge, l'escroquerie/duperie, et l'homosexualité. Toujours des sujets de société qui frappent fort.

La psychologie de Kouplan est parfaitement étudiée, on ne peut que s'y attacher. Le personnage en lui-même est toujours aussi atypique de par son physique mais aussi par ses traits de caractère (naïf mais débrouillard, économe et prudent avec une tendance à la parano) et nous réserve de belles surprises.

Sara Lövestam nous a concocté un bon polar nordique avec son attachant personnage qui fait toute la différence. Un livre qui se lit tout seul car l'auteure sait alpaguer son lecteur l'air de rien. Les pages défilent et on ne se rend pas compte qu'on arrive très vite à la fin.

# By Aurélie :)

mardi 30 janvier 2018

Les passagers perdus de Stéphane Bellat - Editions Lajouanie


**** Chronique de Jess ****

Marc Loebb est un homme à qui tout réussi. Il est l'un des cadres incontournables d'une grosse compagnie, la Mitchell computer network, roule dans de somptueuses voitures de sport, est propriétaire d'un appartement avec vue imprenable sur le Saint Laurent. Une vie parfaite, une mécanique bien huilée qui ne demandait qu'à voler en éclats. C'est par un soir pluvieux d'octobre que tout a commencé. Un chien surgit de nulle part, un terrible accident sur le pont Jacques Cartier, puis le néant. A son réveil, tout a basculé. Plus rien ne correspond à ce qu'il a vécu. Les circonstances de l'accident, l'heure et le lieu auxquels il s'est produit se sont comme effacés. Une réalité différente les transforme peu à peu en un cauchemar dont il ne parvient plus à se détacher. Toutes les certitudes qui jalonnaient sa route jusqu'à présent vont peu à peu voler en éclats. Qui est-il vraiment ? Qui est Calvin White, un énigmatique bouquiniste croisé au cours d'une promenade ? Et cette rencontre était-elle vraiment due au hasard ? Et si il s'agissait d'une ultime chance de commencer à vivre vraiment ?


J'ai connu Stéphane Bellat grâce à son magnifique roman La chambre d'Hannah (ma chronique ici).
J'ai donc été ravie de voir qu'il sortait un nouveau livre et qu'en plus c'était chez Lajouanie. Car pour l'instant j'ai aimé chacune de leur parution.

Marc Loebb ne vit que pour son boulot ou presque. Informaticien chez Mitchell Computer Network il ne compte pas ses heures. Et suite à un gros appel d'offre dont il remporte le contrat, son patron invite toute la boite au restaurant. Mais en sortant du restaurant Marc va avoir un accident de voiture. A son réveil lorsqu'on lui raconte son accident il n'en croit pas ses oreilles : ce n'est pas du tout l'accident qu'il a vécu. Pour lui il était sur le pont Jacques Cartier et non dans la ville et c'est à cause d'un chien qu'il a eu un accident et non à cause d'un chauffard. Rien ne convient dans la version officielle comparé à ses propres souvenirs.
Que lui arrive-t-il? Il se trouve aussi que d'autres faits ont changé depuis son accident dont certains historiques.

Il va essayer de comprendre ce qu'il s'est passé cette fameuse nuit. Et chemin faisant il va rencontrer ou redécouvrir des personnes qu'il connaît et dont il n'a jamais vraiment pris le temps de découvrir et de connaître. Et puis il va rencontrer un drôle de bouquiniste, Calvin White qui va l'aider dans sa quête de vérité. Mais une chose est sûre ce qu'il a vécu va le changer complètement.

Stéphane Bellat aime créer ses histoires autour de la temporalité. Déjà dans son précédent roman il en était question. Existe-il des vies parallèles que nous ne connaissons pas? Nos actes dans un monde peuvent-ils avoir des répercussions sur l'avenir ou sur un autre monde? Existe-il des êtres hors du commun qui ont une mission sur Terre?
Marc va comprendre qu'il est particulier et qu'il a survécu à son accident dans un but précis mais lequel ? Mystère.  


Ce qui est formidable dans ce roman ce sont les faits dont Stéphane nous fait part. Et certains de ces faits sont vraiment troublants. Ces derniers m'ont fait m'interroger sur pas mal de choses.
Ce bouquin ferait un très bon film. Je vais vous dire quelque chose qui pourrait être pris pour certain pour une insulte mais qui pour moi est un véritable compliment c'est que j'ai eu l'impression de lire un livre de Musso mais de bien meilleur qualité. 
Je souhaite donc à ce roman autant de succès voir plus car il est vraiment excellent. Le sujet du livre est vraiment passionnant. Un livre qui mêle ésotérisme, spiritualité, religion, et qui perturbera même les plus sceptiques d'entres vous.

Je serais incapable de classer ce roman dans un genre en particulier. Un peu de fantastique, une dose de surnaturelle, un brin d'humanité, une couche d'amour et le tout donne une superbe histoire qui nous fait bien réfléchir sur le devenir de notre Humanité.
Stéphane Bellat nous offre une fois de plus une belle leçon de vie à sa manière. Il m'avait bluffé avec son précédent roman il m'épate encore plus avec Les passagers perdus.
Un conseil lisez ce livre même si vous pensez que ce n'est pas votre genre. Je peux vous garantir que vous ne serez pas déçu !

Je remercie les Editions Lajouanie pour cette nouvelle lecture.



lundi 29 janvier 2018

Lumière noire de Lisa Gardner - Editions Albin Michel

**** Chronique de Jess ****

472 jours : c'est le temps qu'a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n'espérer qu'une chose : survivre. Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues. Quand, à la recherche de l'une d'elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu'un prédateur court les rues de Boston, qui s'assurera cette fois que Flora ne revoie jamais la lumière...
Après le succès du Saut de l'ange, Lisa Gardner, l'un des grands noms du thriller psychologique, se met dans la peau d'une femme pourchassée par son passé, dans une enquête qui nous confronte aux plus insoupçonnables déviances humaines.« À ne manquer sous aucun prétexte. »Harlan Coben


J'ai enfin eu l'occasion de découvrir un livre de Lisa Gardner depuis le temps que j'en entends parler.
Dès le départ je regrette de ne pas l'avoir lu plutôt car dès les premières lignes je suis happée par l'histoire. Flora, jeune femme d'une vingtaine d'année, s'est fait kidnapper à la sortie d'un bar en Floride. Elle va passer plus d'une année avec son tortionnaire qui l'enfermera dans un cercueil quand il n'est pas là.
Flora est une jeune fille qui est complètement changée suite à son premier enlèvement. Pour se reconstruire elle va prendre des cours d'auto-défense et de survie qui lui permettront de s'en sortir si jamais elle devait une nouvelle fois se faire enlever. C'est pour cela qu'une fois libérée elle va passer son temps à faire justice elle-même et mettre hors d'état de nuire plusieurs violeurs et kidnappeurs.

Une autre jeune femme a été enlevé il y a 3 mois et Flora pense avoir trouvé son kidnappeur. Elle se fait enlever à son tour à la sortie d'un bar. Flora va réussir à s'en tirer en tuant son kidnappeur d'une manière peu commune.
D.D Warren est la première appelée sur les lieux du crime où elle va rencontrer Flora. Mais D.D n'est pas d'accord avec les méthodes de Flora qu'elle trouve dangereuse pour elle et pour autrui.

Mais Flora va se faire de nouveau kidnapper à son domicile et cette fois son kidnappeur ne va pas se laisser avoir aussi facilement que les autres. Tout porte à croire que ce nouveau kidnapping est en lien avec son premier enlèvement.
D.D va enquêter avec l'aide de Keynes, le victimologue qui gère le cas de Flora.
Les chapitres vont alterner entre l'enquête de D.D, la captivité de Flora et ce qu'elle a vécu pendant 472 jours.
L'auteure a su très bien décrire le calvaire qu'a enduré Flora pendant 472 jours. Comment peut-on survivre à une telle situation ? Etre réduite à une esclave sexuelle, un objet que l'on prend et que l'on range dans une boite. Et dire que certaines femmes ont vécu un tel enfer je me dis qu'il y a vraiment des tarés sur cette Terre.

Ce thriller est vraiment prenant. Nous allons apprendre au compte-goutte ce qu'il s'est passé pendant la captivité de Flora avec son tortionnaire et comment tout cela s'est terminé. Je dois dire que je n'ai rien vu venir pourtant quand on y réfléchis c'était d'une logique ! Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde pendant cette lecture. J'ai trouvé le personnage de Flora particulièrement exceptionnelle, une sorte de McGiver féminine qui avec un rien arrive à se libérer de situation inextricable.

Petit bémol il y a une énorme incohérence au 3/4 du livre. C'est vraiment dommage car ça aurait pu être un thriller presque parfait. Je trouve ça quand même bizarre qu'une incohérence pareille soit passée au travers des corrections.
Mais en dehors de ça j'ai trouvé l'histoire originale et cela m'a même donné envie de prendre les mêmes cours que Flora au cas où un jour j'aurais besoin de m'échapper.

Je remercie les Editions Albin Michel pour cette lecture.


jeudi 25 janvier 2018

7/13 de Jacques Saussey - Editions du Toucan

**** Chronique de Jess ****

Hiver 2015. Durant l'absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d'un crime atroce. Lorsqu'il arrive sur les  lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n'est plus  reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l'identification  s'annonce compliquée.

Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de  l'Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour  rejoindre la France où il doit préparer l'arrivée prochaine de ses  hommes. Le mauvais temps s'éternise mais bientôt, une proposition  inattendue va faire basculer son destin.
Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l'un des mystères les plus stupéfiants qu'ils aient jamais rencontrés.
 
 
 
Ah j'aime commencer les livres de Jacques, surtout j'aime retrouver notre couple d'enquêteurs Lisa et Daniel. Dans le dernier opus, ils ont vécu des évènements tragiques qui les a bien chamboulés. Surtout Lisa. Comment peut-on se remettre de ce qu'elle a vécu? Mais elle est forte et l'appel d'une enquête qui piétine va la remettre en selle.
 
Une femme est retrouvée assassinée et torturée au domicile d'un couple parti en vacances. Ils ne connaissaient pas la victime.  Daniel Magne et ses coéquipiers vont avoir du mal à identifier la victime qui n'a plus ni tête ni mains. Ils vont finir par connaître son identité suite au signalement de sa disparition par son mari. Il se trouve qu'elle était journaliste et enquêtait dans le Nord de la France. L'affaire emmène  donc les enquêteurs à Boulogne sur Mer.
Daniel va se retrouver face à un camp de migrants qui a connu la victime. Jacques traite le sujet des réfugiés avec beaucoup de pudeur et de respect. Il nous montre une vision autre que ce que nous montre les médias à savoir des gens qui essayent de s'en sortir et non des malfrats qui cherchent à nous voler et nous agresser.
Plus l'enquête va avancer plus les morts vont se multiplier. Que s'est-il passé à cet endroit qui a fait que Béatrice Mérieux en soit arrivée à se faire assassiner? Qu'a-t-elle découvert qui a pu mettre sa vie et celles des personnes qu'elle a côtoyé en danger de mort?
 
Nous avons une histoire parallèle qui se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale. La disparition du homme célèbre. Que s'est-il passé le jour du 15 décembre 1944 ? Qu'est devenu l'avion dans lequel il a volé? Une tonne de théories a émergé suite à sa disparition. J'ai trouvé cette partie du livre vraiment passionnante. Jacques a fait un énorme travail de recherche sur cette partie historique et je lui tire mon chapeau. 
 
Mais quel est le lien entre ce soldat américain disparu en 44 et l'assassinat de cette femme? J'avoue n'en avoir eu aucune idée tout au long de ma lecture.
 
L'équipe de Magne est renforcé avec l'arrivée de deux nouveaux dans l'équipe qui sont envoyé depuis l'Yonne pour leur prêter main forte. Nous avons rencontré ces deux loustics dans son livre Le loup peint. Ces deux là m'ont bien fait marrer, un duo de Laurel et Hardy policier mais qui sous leurs airs un peu bêtes ont au final quelques lumières intéressantes.
 
J'ai été un peu déçue par ce livre. Je m'explique. J'ai eu l'impression qu'il se passait vraiment quelque chose qu'à la fin du livre. L'histoire piétine, les morts s'accumulent, les enquêteurs n'ont aucune piste ou alors une infime et en un claquement de doigts avec très peu d'explications sur leurs recherches ils trouvent le coupable.
J'ai eu l'impression que Jacques s'est dépêché de finir l'histoire, de clôturer l'enquête. J'aurai aimé que la découverte du coupable soit amené plus subtilement peut-être. Le livre tire en longueur sur la première moitié du livre et les longueurs disparaissent totalement dans les 100 dernières pages alors que justement j'aurais préféré un peu plus de développement sur la fin de l'enquête.Et je n'ai pas ressenti l'empathie habituelle que je ressens pour le couple Lisa / Daniel.
 

Par contre le style de Jacques se bonifie au fil des livres qu'il écrit. J'ai vraiment trouvé sa plume magnifique. Et le travail qu'il a accompli sur le plan historique est vraiment incroyable. J'ai appris des choses que je ne connaissais pas et pour moi c'est un bon point.
Un très bonne idée de polar sur fond de Deuxième guerre mondiale mais pour moi ce ne sera pas un coup de cœur.
 
 
 
 
Mes chroniques :
 
 
 

mercredi 24 janvier 2018

La Toile aux alouettes - Livre 1 : l'Inclus de Lou Vernet - Editions Border Line

4ème de couverture
Il était une fois deux enquêteurs interlopes, une jeune fille en recherche de sens, un voisin bruyant, un gourou du web, une chef de service peau de vache, et une maman névrosée… C’est comme cela qu’elle nous la joue, Lou Vernet, avec une myriade de personnages qu’elle cisèle de sa plume efficace. Tous semblent évoluer dans des mondes parallèles jusqu’au moment où le récit bascule dans l’insondable noirceur de l’âme, entraînant le lecteur dans ses rêts. Dans La Toile aux alouettes, son premier polar, Lou Vernet manie en virtuose, l’art de la mystification. En attendant que l’Inclus et la Virgule reviennent défaire un nouvel écheveau, frissonnez avec ce premier opus, tout en ombres et lumières ! La Toile aux alouettes paraît aux Éditions Border Line.


Mon avis
J'ai rencontré de Lou Vernet au salon Polar'Osny, une auteure qui m'était inconnue mais que j'ai été enchantée de rencontrer. Après bien des échanges avec Lou, je me suis lancé un défi : mettre ma lecture actuelle de côté (chose que je n'ai jamais fait), lire son livre pour qu'on puisse en parler une semaine après au salon de Nemours. Tout ça, pour savoir, si j'allais adhérer à son style pour prendre ou pas son deuxième livre à notre prochaine rencontre ;)

Lou m'avait dit que c'était plutôt un polar psychologique, et comme vous le savez, c'est un peu ma came ;)

La Toile aux alouettes est donc le premier polar de Lou et celui-ci se découpe en trois parties. 
Dans la première partie, nous faisons la connaissance de Clara qui est une jeune femme docile, sérieuse, timide, effacée jusqu'au jour où elle pète littéralement les plombs sous nos yeux. Elle envoie balader tout le monde : son voisin, son ex-amant, sa chef... Clara se rebelle et ça fait mal, mais qu'est-ce que ça fait du bien ! Qui l'aurait cru ? Si elle a osé tout cela, c'est grâce à Domino, qui jour après jour l'a aidé via son blog sur la toile. Mais qui est Domino, celui qui la nomme aussi "petite soeur" ? Ils se sont promis de se rencontrer, mais que se passera-t-il ?
Ensuite, nous avons notre duo atypique "les concertistes", il s'agit de Pierre dit "La carpe" (et aussi l'Inclus), et Bastien dit "La virgule". Ils vont tous les deux agir de concert afin de savoir ce qui s'est passé au bord du lac où un fauteuil roulant a été retrouvé abandonné avec un habit ancien d'hôtesse de l'air.
Pour conclure, nous avons un final explosif, avec des révélations sur tout notre petit monde. Je ne vous en dirais pas plus pour vous tenter davantage.

Quand j'ai commencé le livre de Lou, je n'ai pas pu m'arrêter. Une fois commencé, ce livre se lit quasiment d'une traite tant il vous obsède. Il est impossible à lâcher et pour ma part je l'ai littéralement dévoré. J'ai tout de suite été surprise (dans le bon sens hein!) par le style de Lou mais surtout par sa plume. Ce livre de par son écriture est d'une immense richesse comme j'en ai rarement lu. Tout est dans le style de Lou. Chaque mot est mûrement réfléchi, minutieusement choisi. Ce livre est tout simplement d'une beauté incroyable, à couper le souffle. Le mélange thriller et poésie était un pari osé et plutôt risqué mais dans notre cas parfaitement maîtrisé et réussi. Je suis sous le charme. On sent que l'auteure est très attachée à la langue française. Une écriture travaillée, parfaitement dosée et très efficace. Tout est en finesse (tout en étant noir) et pourtant Lou nous réserve bien des traitements de chocs pour ses personnages. Les émotions sont omniprésentes car elles pointent et appuient systématiquement le mal-être de ses personnages.
Un suspense qui monte crescendo. Plus on s'enfonce dans notre lecture et plus la tension monte pour enfin exploser en une chute magistrale.

Cette histoire restera longtemps dans ma mémoire de par ses personnages qui ont chacun une particularité surtout notre duo de concertistes : Pierre avec ses roulages de cigarettes à l'infini, et Bastien avec sa jambe en biais, sa jambe "pile".

Pour ma part, vous l'aurez compris, c'est un joli coup de coeur, autant pour Lou que pour "La Toile aux alouettes" mais aussi pour le personnage de Clara. Ne vous fiez pas aux apparences, vous aussi vous vous ferez piéger par Lou et sa Toile diabolique ;)

Un thriller psychologique toute en poésie, avouez qu'il fallait oser ! Un thriller à ne surtout pas louper au risque de vous en mordre les doigts ! Lou est promise à un bel avenir !
# By Aurélie :)

mardi 23 janvier 2018

Le cheptel de Céline Denjean - Editions Marabout

**** Chronique de Jess ****

Le corps d'une jeune femme est retrouvé en Lozère. Au regard des éléments qu'ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis : elle a fait l'objet d'une chasse à l'homme... Pour le capitaine Merlot, d'Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série. Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu'Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d'êtres humains.  
Louis Barthes, notaire à la retraite, est à la recherche de sa soeur jumelle dont il ignorait l'existence. Ses démarches vont a peu à peu le faire remonter jusqu'à une poignée d'orphelins juifs dont la fuite vers l'Espagne s'est arrêtée dans les Pyrénées... 
Jeune adolescent de 13 ans, surdoué, Bruno passe des vacances dans les Pyrénées quand il tombe dans un dangereux torrent et est emporté par les flots. Il parvient miraculeusement à s'extirper des eaux tumultueuses, et cherchant de l'aide, découvre une communauté vivant hors temps et hors réalité dirigée par une grande prêtresse qui se fait appeler Virinaë.  
Trois fils que Céline Denjean tissent ensemble dans un suspens et une tension exceptionnels, et surtout avec sa remarquable maîtrise du récit révélée dans ses précédents romans.

Merci à Anne pour cette lecture en avant-première.
La fille de Kali avait été une superbe découverte en ce qui me concerne (ma chronique ici). C'est donc avec impatience que j'attendais le nouveau thriller de Céline.
Et une fois de plus je suis happée dès les premières lignes. Pourtant ce livre rien qu'en apparence peut nous faire peur au vue de sa taille (quasiment 650 pages) mais les pages filent sans que nous nous en rendons compte.
Tout commence par l'histoire de Louis Barthes qui à la mort de son père découvre un drôle de papier. Il est en effet peu commun de tomber sur son acte de décès! De plus en plus surpris Louis va partir à la recherche de son passé et découvrir qu'il a une sœur jumelle quelque part et qu'ils sont nés au Vel' d'hiv lors de la grande rafle. Il va donc essayer de remonter dans le temps pour retrouver sa sœur et connaître son histoire.
Une jeune femme est retrouvée assassinée en Lozère. Tout porte à croire qu'elle s'est retrouvée dans une chasse à l'homme horrible. De plus la fille a des vêtements peu commun sur le dos et a reçu des soins médicaux d'une autre époque.
Agathe Bordes et son équipe vont enquêter sur cet assassinat et se rendre compte qu'Interpol bosse sur un trafic d'être humain depuis plus de 20 ans. Et en retrouvant les meurtriers de la fille sur Toulouse ils vont devoir faire équipe avec la célèbre Eloïse Bouquet qui a résolu l'affaire de la fille de Kali. La cellule TEH va être créée.

Et puis nous avons Bruno, un ado geek qui se retrouve emporté par les flots devant son frère et ses cousines et qui réussit miraculeusement à s'en tirer. Mais en cherchant de l'aide il pénètre dans une propriété et y rencontre deux drôles de jeunes femmes qui ont l'air de sortir d'une autre époque. Nous comprenons dès le départ où Bruno a mis les pieds.

Les chapitres alternent entre les différents protagonistes et j'ai trouvé que c'était parfaitement dosé. On a qu'une envie c'est d'enchainer les chapitres pour savoir ce qu'il va se passer.
Bon à mi-lecture j'ai une petite idée derrière la tête et j'attends avec impatience de savoir si j'ai raison. Et en fin de lecture je me rends compte que je me suis plantée en beauté!
Ce livre est passionnant et haletant. Aucun temps mort, aucunes longueurs. On connaît tout avant les gendarmes et on a qu'une envie c'est de leur hurler qui est derrière le cheptel et leur dire où trouver Bruno. L'enquête est rondement bien menée. Nous suivons pas à pas le cheminement des enquêteurs pour arriver au dénouement de l'enquête.

Je me suis demandée aussi tout du long qu'elle pouvait être le lien entre Louis Barthes et l'enquête en cours. Au final et au vue des éléments distillés au compte goutte je me rends compte que j'aurais dû comprendre dès le départ. Mais Céline est très forte dans la tromperie. Elle nous a créé un puzzle livresque et nous donne les pièces petit à petit.

Je trouve ça exceptionnel d'écrire un pavé aussi gros tout en tenant en haleine le lecteur sans fausse note. Pour moi c'est un véritable exploit. Cette histoire est tout simplement incroyable et finalement je me dis que ça pourrait très bien arrivé c'est ce qui m'a fait le plus flipper.
La fin est ouverte et il me tarde donc de lire le prochain car ce final m'a laissé sur ma faim. Céline confirme son talent dans ce deuxième livre. Elle fait partie désormais des auteurs que je vais suivre de très près.

vendredi 19 janvier 2018

Juste après la vague de Sandrine Collette - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****

Une petite barque, seule sur l’'océan en furie.
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots.
Un combat inouï pour la survie d'’une famille.

Il y a six jours, un volcan s’'est effondré dans l’'océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et soeœurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n'y a plus qu'une étendue d'eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage. Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île.
Et l'eau recommence à monter. Les parents comprennent qu'il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’'aide. Mais sur leur barque, il n'y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.

Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l'amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.



Ne jamais dire "fontaine je ne boirais plus de ton eau". En effet, après avoir lu Il reste la poussière (mon avis ici) j'avais dit que j'abandonnais les livres de Sandrine Collette. Mais après avoir lu le résumé de son dernier livre j'ai eu vraiment envie de le lire.
A peine reçu, à peine lu car je voulais en parler avec elle ce week-end au salon d'Osny.
 
Alors chose curieuse mais ce qui me dérangeait dans le dernier livre ne m'a pas du tout dérangé dans celui-ci. Je pense que le sujet me plait et que ça joue énormément. Il me plait et il m'effraie au possible aussi. Car tout commence par un tsunami qui va détruire la ville où vit cette famille. Et les tsunamis me font une peur bleue. Cela fait partie de mes pires cauchemars.
Nous avons donc cette famille qui se retrouve prisonnière de la mer en haut de leur colline où se trouve leur habitation. Encore une fois, ne cherchez pas à savoir en quelle année nous sommes car il n'y a aucun indice spatio temporel à part la date à laquelle se déroule l'histoire : le mois d'août.
La mer petit à petit au lieu de décroître va continuer de monter au grand malheur de cette famille. Ils décident donc de partir vers les plaines hautes pour trouver de l'aide même si tout porte à croire qu'ils sont seuls au monde.
Mais dans leur malheur il se trouve que la barque qu'ils ont ne peut pas contenir tous les membres de la famille. Ils décident donc d'abandonner 3 de leurs enfants à la maison et de partir.
 
Dans la première partie nous allons suivre la vie sur l'île avec Louie, Perrine et Noé. Comment ils vont passer leur journée seuls au monde à attendre désespérément de revoir leurs parents et leurs frères et sœurs. Tout ne va pas être rose.
Dans la seconde partie, l'auteur nous raconte la vie sur l'eau, sur la barque du point de vue de Madie la mère mais aussi de Pata le père. Chacun va vivre sa culpabilité à sa façon. Un long voyage de plus de 12 jours qui ne sera pas de tout repos. Ils vont vivre leur lot de peurs et de malheurs.
Et enfin dans la troisième partie nous retournons sur l'île avec les enfants. La mer monte de plus en plus. Il va falloir faire des choix compliqués pour survivre.
 
J'ai été complètement subjuguée par ce livre. Les descriptions et les sentiments décrits sont tout simplement sublimes.
Le mer est le personnage principal de ce livre. Cette mer omniprésente, dangereuse, angoissante, tueuse.
La mère aussi, coupable, lâche, ou pas. Car comment faire ce choix que de laisser 3 de ses enfants de côté au risque qu'ils leur arrivent malheur. Moi-même maman je ne peux concevoir ce choix. Mais je ne suis pas non plus dans la même situation dramatique. La culpabilité va ronger cette femme. Elle qui a porté la chair de sa chair ne peut pas se remettre de perdre un de ses petits. Le père ne pourra pas comprendre le comportement de sa femme même si il aime ses petits, l'amour d'une mère est plus fort. Il ne comprend donc pas la folie qui la guette.
 
Sandrine Collette a réussi l'exploit de nous offrir un huis clos étouffant dans l'immensité de la mer. La mer hostile, qui semble sereine mais dont il faut se méfier. La mer qui monte, qui menace de nous engloutir, de nous noyer. Ce livre vous fera suffoquer. Vous allez espérer que tout le monde s'en sorte et que la fin soit joyeuse. Vous allez vous aussi voguer en pleine mer et avoir peur. Vous allez même en rêver la nuit.
Le style de Sandrine Collette est toujours parfait, juste. Les émotions sont au rendez-vous et ne vous laissera pas indifférent. Un livre qui ne s'oublie pas et qui restera gravé longtemps dans mon esprit.
Comme quoi j'ai bien fait de persévérer et de lire ce livre car sinon je serais passée à côté d'une pépite.

Salon Polar Osny 2018
 
 

mercredi 17 janvier 2018

Mado, Retour de l'Enfer de Chérif Zananiri - Editions Marivole

4ème de couverture
Au départ de Gilbert pour la Grande Guerre, Mado son épouse, sait qu'elle doit survivre. Elle rouvre sa boutique de cordonnier, fait venir le père Émile pour apprendre le métier et s'installe, avec succès, en nouveau patron. Si le succès de son entreprise a été rapide, Mado apprend à vivre avec l'angoisse de la guerre, l'attente du mari, l'espoir d'une permission souvent déçu, les informations mal contrôlées, peu précises, souvent erronées qui filtrent à travers la presse. Elle s'aperçoit qu'au fur et à mesure que le temps passe, le poilu aguerri, devient une bête de guerre et souvent oublie une partie de son humanité. Mado s'applique alors à offrir à son époux, les meilleures conditions pour sa réintégration. Mais cela suffira-t-il ?

Un beau récit d'une femme qui voulait, avec beaucoup de volonté, être digne pendant l'absence de son mari et retrouver une vie de famille dès son retour. Ce récit plein d'humanité évoque la vie compliquée des femmes dont les époux sont partis sur le front. D'une certaine façon, elles devaient s'en accommoder : se passer du mari, prendre sa place dans la direction de la maison, tenir l'échoppe et devenir ainsi, le chef de famille.


Mon avis
Je remercie les éditions Marivole pour cette lecture.

Gilbert et Mado viennent de se marier et vivent le parfait amour. Ils étaient fait pour être ensemble, c'est certain ! Peu de temps après leur mariage, ils sont contraints d'être séparé par la Grande Guerre de 1914. Gilbert est mobilisé et part sur le champs se battre contre les Boches.
Quant à Mado, elle se retrouve seule et cherche à survivre. Elle décide de reprendre l'échoppe de cordonnerie de son mari sans lui dire. Mado avec l'aide d'Emile, apprend, jour après jour, le métier de cordonnier. Petit à petit, elle fait revivre sa place en faisant venir un écrivain, un conteur... Les femmes seront-elles prêtes à reprendre la relève ?
En parallèle, nous suivons la guerre au travers des lettres de Gilbert. Jusqu'où la guerre peut-elle nous atteindre ? nous retirer notre âme ? notre savoir-être ?

Je découvre Chérif Zananiri, un auteur que je ne connaissais pas et j'avoue je suis... sous le charme. J'ai beaucoup aimé l'histoire qu'il m'a raconté. Un sujet vu et revu et que beaucoup d'auteurs s'approprie, mais cette fois-ci, il y a un je ne sais quoi qui m'a davantage plu. J'ai apprécié suivre le train de vie de Mado et la Guerre que Gilbert nous raconte. Je suis fière de Mado qui ne s'est pas laissé abattre, qui a su prendre le taureau par les cornes afin de ne pas se laisser dépérir. Mado (aux côtés d'Emile) a appris le métier de cordonnier de son mari. Malgré tout ces succès, Mado souffre de l'absence de Gilbert... Mado arrivera-elle a gérer sa maison, son échoppe, sa sœur de lait et surtout l'absence de Gilbert ?

Parallèlement à la reconversion de Mado, nous suivons Gilbert au front par le biais des lettres qu'il envoi à Mado. Passé l'euphorie du début de la guerre, Gilbert commence à broyer du noir mais heureusement pour lui après un an d'absence dans son foyer, il obtient une permission. Quelle surprise a-t-il de voir que sa femme a repris l'échoppe. Son moral en prend un coup, il se sent de trop. Tout a changé pendant qu'il n'était pas là et il se rend compte que sa femme s'en sort très bien sans lui. Il sombre petit à petit dans un état d'une noirceur incomparable.

J'ai beaucoup aimé l'écriture et le style de Chérif. Je trouve qu'il a une écriture habitée, il fait littéralement vivre ses personnages à travers une très belle écriture. J'ai vécu avec ces personnages. L'émotion est palpable. L'auteur arrive avec brio à nous faire rentrer dans les pensées de Mado et Gilbert. Je mettrais une mention spéciale pour le cas de Gilbert, où l'auteur analyse/décortique son état d'esprit. Nous avons le ressenti d'un poilu qui est heureux au départ puis qui devient l'ombre de lui-même. On assiste à sa déchéance sans pouvoir l'aider. Il se croit persécuter, voit des boches partout, n'arrive pas à se faire à la nouvelle vie pendant qu'il était au front. On voit son état d'esprit complétement catapulter dans des endroits que nous ne connaissons pas. Il plonge lentement mais sûrement dans un abîme de douleur et de folie où malheureusement personne ne peut l'atteindre.

"Mado, retour de l'enfer" est un livre vivant et poignant où les pages se tournent toutes seules sans que l'on s'en rende compte. Un beau roman d'une femme courageuse et humble qui se hausse au niveau des hommes.


 By Aurélie :)

mardi 16 janvier 2018

Burn-out de Didier Fossey - Editions Flamant noir

**** Chronique de Jess ****

Paris. Avril 2014. Une série de vols d'objets d'art a lieu dans les cimetières parisiens. La police est sur le coup mais, lors d'une nuit de planque, un policier se fait assassiner. Pas de témoins. Peu d'indices. Ses collègues présents sur place n'ont rien vu. Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l'affaire. Malgré son manque d'effectifs et plusieurs enquêtes à gérer, il devra en plus faire face à la descente aux enfers d'un de ses hommes... Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi et les pistes sont dérisoires. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires, non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel. C'est un monde désenchanté, un monde dans lequel l'histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine c'est tout. Certains flics boivent pour oublier, d'autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible. Burnout, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s'alourdit de quelques cauchemars....
 


Tout commence par une nuit de planque au cimetière du Père Lachaise qui se finit en cauchemar pour les gars de la BAC 20. Manu un de leur collègue part soulager un besoin naturel quand il tombe nez à nez avec les pilleurs qu'ils recherchent. Ses coéquipiers le retrouve avec un tournevis enfoncé dans le cœur.
L'affaire va être donnée à l'équipe de Boris Le Guenn du célèbre 36 Quai des Orfèvres.
Franck le coéquipier de Manu va tout faire pour retrouver les coupables et se met en arrêt de travail pour pouvoir enquêter de son côté sans prévenir sa hiérarchie.
Et puis nous avons Guillaume, un des membres de l'équipe Le Guenn, qui manque à l'appel depuis 3 jours. Suite à sa rupture avec sa femme il va petit à petit péter les plombs.
 
Nous allons avoir le point de vue de chaque protagoniste de l'histoire. Nous allons vivre l'enquête avec différentes visions. Car chaque personnage va jouer un rôle précis dans cette enquête. Au début, j'ai pensé que l'histoire de Guillaume était secondaire et que ses petits problèmes perso allaient seulement faire perdre du temps à son équipe mais au final il est pour moi le personnage principal de l'intrigue.
Car Guillaume dans sa quête de vengeance et de désespoir va être au cœur de l'affaire sans le savoir.
Bon sur le coup j'avais compris dès le départ où voulait nous mener Didier. Et je pense que la plupart des gros lecteurs de polar verront le lien aussi.
 
Personnellement je n'ai pas lu ce livre comme un polar mais plus comme un témoignage de ce que vivent au quotidien les policiers. L'auteur décortique les états d'âme de ces différents policiers. Certains sont en fin de carrière, d'autres n'en sont qu'à leur début mais ce qui ressort est un profond mal être pour chacun d'entre eux et une grande lassitude.
Pour moi ce livre est un polar réaliste, vrai et plein de sentiments humains. L'auteur connaît son sujet et nous offre une enquête très bien menée. Rien n'est laissé au hasard, tout est fait dans les règles ou presque. On a un peu l'impression de vivre une véritable enquête de police avec les différents protagonistes.
 
La fin du livre est vraiment très prenante. J'ai eu hâte d'arriver au dénouement et ai espéré un happy end. Malheureusement la vie n'est pas faite que de joie et de bonheur.
Par contre, je suis restée sur ma faim quand j'ai tourné les dernières pages. Et il me semble qu'il y aura une suite. En tout cas je lirais les prochains livres de l'auteur avec un grand plaisir.

 

samedi 13 janvier 2018

Le sceaux des sorcières de Jacques Vandroux - Editions Robert Laffont

**** Chronique de Jess ****
Quand Isabelle Desrameaux, chef d'entreprise à la vie privée débridée, est retrouvée torturée à mort à son domicile, c'est du côté du milieu libertin que va fouiller la police. Mais quand une mère de famille sans histoires est découverte, quelques jours plus tard, immolée par le feu sur le campus de Grenoble, l'enquête prend une autre tournure. Rapidement, le capitaine Nadia Barka comprend que c'est dans le passé qu'elle aura une chance de trouver la clé de ces meurtres. Les secrets du Vatican ou la mémoire d'un vieil aristocrate misanthrope tapi sur le sommet du Trastevere à Rome sauront-ils l'aider à décrypter les rares indices dont elle dispose ?
Passant des procès iniques de l'Inquisition du XVIIe siècle aux turpitudes d'une élite lyonnaise dépravée, l'officier de police va se battre pour découvrir la signification du sceau des sorcières, tatouage commun aux victimes, et tenter d'arrêter les assassinats qui s'enchaînent.
Ce roman prend racine dans l'histoire de France pour livrer au lecteur une quête qui l'emmènera à la rencontre d'une guérisseuse au savoir ancestral, d'un prêtre romain séduisant, de truands tapis dans toutes les couches de la société et de flics au bord de la crise de nerfs.

 

J'ai découvert Jacques Vandroux l'année dernière avec le Projet Anastasis (ma chronique ici) qui avait été une superbe découverte et un énorme coup de cœur.
J'ai donc commencé Le sceau des sorcières confiante, en sachant que j'allais passer un très bon moment. En plus c'est un beau pavé de plus de 500 pages donc de quoi passer de belles heures de lecture.

Dès le premier chapitre je suis plongée dans l'histoire qui débute en 1615. C'est une période qui m'intrigue énormément. J'étais curieuse de voir ce que Jacques nous avait concocté et comment il allait dérouler un polar sur une aussi longue période.
Au XVIIème siècle nous rencontrons donc Margot Malherbe, guérisseuse de son village et accusée de sorcellerie. Elle était protégée par le Baron des alentours. Mais à la mort de ce dernier les choses changent. Son fils n'est pas du même acabit et a cherché plusieurs fois à mettre Margot dans son lit mais celle-ci a toujours refusé. Mais la vengeance d'un homme éconduit peut être sans limite. Surtout qu'il sait que ses aïeuls ont donné un trésor à la famille de Margot et il veut absolument le récupérer. La chasse aux sorcières va donc commencer.

De nos jours, Nadia Barka, commandant de police et jeune mère d'une petite Adèle 9 mois, enquête sur le meurtre d'une femme. Elle a été torturée avant d'être assassinée. Tout porte à croire qu'elle faisait partie du milieu libertin. Sur son corps le médecin légiste retrouve un drôle de tatouage. S'ensuit d'autres assassinats qui laisse Nadia et son équipe sur les rotules car tout mène à une impasse. Mais rapidement ils vont comprendre que les tortures infligées aux victimes ressemblent étrangement à ce qui se faisait aux temps de l'Inquisition.

Et d'un autre côté Nadia doit répondre de ses actes suite à l'arrestation musclée de 4 violeurs pris sur le fait. En effet Nadia n'y a pas été de main morte et a envoyé les quatre individus à l'hôpital. Un des jeunes est le fils du bras droit du Préfet de Grenoble et ils vont tout faire pour discréditer Nadia. Entre son enquête et sa mise en examen, Nadia est à deux doigts du burn-out. Son mari, également policier va tout faire pour l'aider à se sortir de ce mauvais pas. Mais vu le caractère volcanique de Nadia elle veut que personne ne l'aide. On peut dire qu'elle a un caractère bien trempé! Tout comme toutes les femmes que nous rencontrerons dans ce polar.

L'enquête va prendre une tournure inattendue et va emmener Nadia à Rome où elle va faire un saut en arrière directement au XVIIème siècle. J'ai adoré cette partie du livre qui nous raconte cette chasse aux sorcières. Les coutumes, les mœurs de l'époque. L'auteur va nous plonger directement dans cette période pour mon plus grand bonheur. J'aime remonter dans l'histoire le temps d'un livre et quand c'est si bien écrit ça en devient un vrai délice. Je peux vous dire que j'ai frisé l'orgasme littéraire avec ce polar.
En plus de nous faire remonter le temps, Jacques nous emmène dans le milieu libertin. Il ne nous épargnera aucun détails mais ne tombe pas dans le vulgaire.
Les protagonistes de l'histoire ne seront pas épargnés non plus par l'auteur. J'ai eu plusieurs fois peur pour eux.

J'avais un peu peur qu'il y ait des longueurs au vu du pavé que je m'apprêtais à lire et bien pas une seule seconde je me suis ennuyée dans ce livre qui ne vous laissera pas une minute de répit.
Une enquête palpitante qui vous fera voyager entre Grenoble et Rome et entre le XVIIème siècle et de nos jours. Jacques doit être un peu sorcier car il m'a envoûté ! Je suis totalement fan de ses bouquins. Déjà avec le Projet Anastasis ça avait été l'extase mais alors là chapeau bas!  



vendredi 12 janvier 2018

La demoiselle de Marie de Palet - Editions De Borée

4ème de couverture
Sur ce causse sauvage de la région de Mende, l'hiver isole de longs mois la ferme de Chaumette. L'été, il faut lutter contre la sécheresse. Sur ce plateau désolé vit, avec valets et servantes, la famille Combes, des paysans aisés. A l'orée du XXe siècle, la ferme fête le retour de Claire, la " demoiselle ", partie étudier dans un pensionnat religieux de la ville depuis quatre années.

Cependant, pour Claire, ce retour sur le causse est teinté de tristesse : elle regrette la vallée pleine de bruits et de rires. Sa vie s'éclaire lors du carnaval où elle rencontre Louis, un géant blond aux moustaches tendres et irrésistibles. C'est alors qu'arrive du Midi, Delphine, sa belle cousine, dont les parents viennent de périr dans un accident...


Mon avis
Je remercie les éditions De Borée pour cette lecture.

J’avais apprécié l’écriture de Marie de Palet ainsi que son précédent livre avec « Le Valet de Pique ». Ma chronique est ici ! C’est donc avec plaisir que j'ai voulu suivre son actualité en lisant « La demoiselle ».

Claire, la demoiselle de la ferme Chaumette est de retour, dans son causse qui lui est si cher. Elle gambade à travers son causse comme une abeille qui butine les fleurs. Claire a tout pour être une parfaite épouse mais aucun prétendant ne se présente. Elle se convainc que cela n’a aucune importance même si cela la rend triste car elle ne s’aime pas physiquement jusqu’au jour où elle va au Carnaval et qu’elle fait la rencontre de Louis. Celui-ci la courtise mais du jour au lendemain, il ne lui accordera plus un regard au grand damne de la jeune fille. Que s’est il passé pour qu’il renonce ainsi ? Jusqu’où peut-on aller par amour ?
En parallèle, Claire apprend que les parents de sa cousine Delphine ont péri dans un tragique accident. C est donc ses parents qui lui offre l’hospitalité à Chaumette. Mais Delphine est-elle celle qu’elle prétend ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour arriver à ses fins ?
Entre amitié et amour, où se situe la limite ? Claire apprendra à voir clair dans le jeu de Delphine à ses dépens ! 

L'auteure reste dans sa région lozérienne et continue de nous décrire ses petits panoramas de nature qu'elle aime tant (et nous aussi!). J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver l’écriture de Marie. Son style est toujours aussi fluide, limpide, doux. Malgré que l’histoire en soit ne sorte pas du lot, cela ne m'a pas empêché de passer un très bon moment de lecture.

Nous découvrons la vie à la ferme de Chaumette du côté des gens de grande renommée au contraire de ce qui se fait d'habitude (où se sont plutôt les malheurs des paysans qui sont mis en première ligne). 
J'ai beaucoup aimé le personnage de Claire qui est très attachant et parfois trop naïf (j'aurais tellement voulu lui ouvrir les yeux sur de nombreux passages). Nous suivons sa vie à travers ses yeux, son retour à Chaumette, ses aventures avec les garçons, l'arrivée de Delphine à la ferme, mais également le travail à la ferme avec les ouvriers.

Un ouvrage sans prise de tête qui revient aux vraies valeurs, très facile à lire et apaisant. Je ne peux que vous le conseiller pour apaiser vos maux avec des mots.

 By Aurélie :)

jeudi 11 janvier 2018

Quelque part avant l'enfer de Niko Tackian - Editions Scrineo


**** Chronique de Jess ****

Anna R. est une survivante. L'espace d'une seconde, lorsqu'une tonne d'acier a fracassé l'habitacle de sa voiture, elle a vécu une expérience de mort imminente. De retour parmi les vivants, Anna n'aura de cesse d'essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. Qui était cet homme baigné de lumière noire qui la menaçait jusqu'aux portes de la mort ? Pourquoi n'a-t-elle pas, comme les autres « expérienceurs », la conviction de pouvoir vivre une vie meilleure ?
Parfois, il faut peut-être mieux ne pas revenir...
 


Quand j'aime un auteur j'aime lire les premiers romans qu'il a pu écrire. Cette fois je me suis lancée dans Quelque part avant l'enfer. La quatrième de couverture m'avait plus qu'attirée et je trouve le sujet passionnant. Les EMI, expériences de mort imminente m'ont toujours troublé et c'est donc avec plaisir que j'ai commencé ma lecture.

Anna, jeune mère de famille, a un grave accident de voiture après avoir déposé son fils à l'école. Pendant que les secours essaient de la désincarcéré de sa voiture elle se sent sortir de son corps et est aspiré dans un tunnel. Mais contrairement aux histoires que l'on entend sur les EMI et le fameux tunnel blanc plein de lumière et d'amour, Anna se retrouve dans un tunnel froid, angoissant et noir. Elle va y rencontrer un homme qui va lui dire qu'il compte la tuer.

Après cette expérience, Anna va changer de comportement. Elle est persuadée que l'homme existe et tente de la tuer. Ses doutes vont vite s'avérer vrais.
D'un autre côté, nous suivons Zed, capitaine de Police qui enquête sur la mort de plusieurs prostituées. Il semblerait que le tueur soit l'homme qu'Anna a vu pendant son EMI.

Voici un véritable page turner ! J'ai été complètement happée dans cette histoire. Les chapitres courts donnent un rythme effréné à l'histoire. On ne s'ennuie pas une seule seconde. Les descriptions font que l'on visualise très bien toute l'histoire. Je n'ai eu qu'une envie c'est de savoir qui en avait après Anna. J'avais bien ma petite idée. Mais franchement ne cherchez pas vous allez vous y casser le nez. Car je me suis fait avoir sur le final et je ne m'y attendais pas une seule seconde. Une chose à dire sur la fin : MAGISTRAL. Moi qui adore être surprise je peux dire que j'ai été plus que gâtée!

Encore une fois c'est un sans faute pour Niko qui a su m'embarquer très loin et me faire passer un excellent moment de lecture. Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur l'année dernière et d'avoir maintenant tout lu car en regard de mes lectures je peux vous dire qu'il a tout d'un grand auteur de polar. Un auteur à suivre de très près.  

Mes chroniques sur les livres de Niko :
fantazmë ici
toxique ici
La nuit n'est jamais complète ici

lundi 8 janvier 2018

Comme de longs échos d'Elena Piacentini - Editions Fleuve Noir

4ème de couverture
« Partout, les monstres sont chez eux… »
Vincent Dussart est sûr de son coup. Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd'hui. Il n'a rien laissé au hasard. Comme toujours.
Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l'accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l'espace. Ce hurlement, c'est le sien. Branle-bas de combat à la DIPJ de Lille. Un mari en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.
Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d'elles, Sénéchal n'est jamais aussi brillante que sous la pression de l'urgence. Son équipe s'attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L'écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l'affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…


Mon avis
Je remercie les éditions Fleuve noir pour cette lecture.

J'avais beaucoup entendu parler d'Elena Piacentini à travers les réseaux sociaux. Toutefois, je ne connaissais pas ses écrits, c'est donc avec "Comme de longs échos" que je découvre cette auteure. Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas l'avoir découvert plus tôt. J'ai tout simplement adoré l'histoire qu'elle m'a raconté...

Le couple de Vincent Dussart va mal, ils font un break. Mais cela va d'autant plus mal lorsqu'il retrouve sa femme morte sans compter que son bébé d'à peine trois mois a disparu... C'est le choc et il se retrouve hospitalisé. C'est l'équipe du chef de groupe de Lazaret qui va s'en occuper. Celle-ci se constitue de Mathilde Sénéchal qui est en quelque sorte son bras droit, puis de Dédé et enfin de Muller (la nouvelle de l'équipe). Ils ne vont laisser aucune piste au hasard. Tout va être largement ratissé/épluché au peigne fin. Tous les délinquants seront interrogés. Vincent Dussart sera suspecté d'autant plus qu'il n'est pas un saint. Enfin, un personnage fera son entrée un peu plus tard dans l'histoire, il s'agit de Pierre Orsalhièr, ancien gendarme qui reviendra à la civilisation car cette nouvelle enquête lui fait de l’œil, une histoire de déjà-vu. Jusqu'où cette enquête nous mènera-t-elle ? Car ne l'oubliez pas, "partout, les monstres sont chez eux...". 
En parallèle de notre histoire, l'auteure nous emmène également sur celle de Sénéchal, une flic dure à cuire, qui ne laisse rien passer et qui ressent tout de manière olfactive et je dois dire que c'est plutôt bien réussi. Que nous cache Sénéchal ? 

Elena Piacentini a une très jolie plume, elle puise son énergie dans ses sens pour nous faire ressentir plein d'émotions et pour certaines de manière inattendues comme la perception olfactive. Mais, rassurez-vous, ce n'est pas pour autant qu'elle nous épargne. Tout de suite, elle donne le ton en étant tout à la fois douce puis alarmante. L'état d'urgence est déclaré. L'atmosphère est tendue. On fait partie de l'équipe de Sénéchal. On compile, on analyse/décortique, et on agit ! Vous l'avez compris l'enquête est menée doucement mais sûrement avec raison. L'auteure prend son temps pour nous immerger au coeur de son enquête et j'ai apprécié. Les chapitres sont courts mais concis et garde le rythme voulu par l'auteure.

Les personnages sont bien campés avec de fortes personnalités. Chacun à son caractère, chacun est indépendant et cache ses fêlures. Mais celles qui sont le mieux cachées sont celles de Sénéchal, on en aperçoit des infimes parties mais je pense que cela n'est rien par rapport à ce qui nous attend. J'ai hâte d'en savoir plus sur ce personnage qui pourtant n'est pas d'une gaieté à toute épreuve bien au contraire. Ce sont ses faiblesses qui nous la rendent attachante.

"Comme de longs échos" est issu de l'imagination d'Elena mais également tiré d'un fait réel dont elle s'est inspirée, elle l'explique à la fin du livre. C'est un livre qui se lit à une vitesse fulgurante mais avec une enquête qui prend son temps et cela ne m'a pas déplu du tout. 

Je conclurais en disant qu'Elena est une auteure à suivre tant son style et son écriture d'une netteté impressionnante sont addictifs ! D'ailleurs, j'attends avec impatience la suite des histoires de Mathilde Sénéchal dont je suis devenu "fan"!
 By Aurélie :)

Une femme entre deux mondes de Marina Carrère D'Encausse - Editions Anne Carrière

**** Chronique de Jess ****
Pour une fois je ne vais pas mettre la quatrième de couverture car je trouve qu'il résume et spoile trop le livre. D'ailleurs j'ai bien fait de ne pas l'avoir lu avant de lire le livre car ça m'aurait gâché le plaisir de la découverte de certains points du livre.
Valérie vit une vie bien remplie. Divorcée, elle vit avec ses deux ados et sort depuis quelques mois avec Olivier. Journaliste et romancière elle n'a pas le temps de s'ennuyer. Lorsqu'on lui propose de rendre visite à des femmes emprisonnées qui ont lu son livre, curieuse, elle accepte. Elle va ressortir très chamboulée de cette visite et de la rencontre avec ses femmes. Notamment une, Nathalie, qui n'a pourtant pas décroché un mot mais qui lui a laissé une drôle d'impression.
Quelques semaines plus tard elle reçoit une lettre du centre pénitencier de la part de Nathalie qui excuse son comportement lors de sa visite. Valérie va lui répondre et une correspondance va commencer entre les deux femmes. Valérie pense aider Nathalie, atténuer sa morosité et lui donner de l'espoir. Mais chose inattendue c'est Valérie qui va ressortir différente de ces échanges. Elle sent un malaise au fond d'elle qu'elle n'arrive pas à comprendre et Nathalie va l'aider et la guider. La vie de Valérie va prendre un tournant inattendu.
En effet, Valérie ne sait plus trop où elle en est dans sa vie. Après un mariage et une trahison qui lui ont laissé un goût amer dans la bouche elle reprend goût au bonheur lorsqu'elle va rencontrer Olivier. Ils vont se rencontrer lors d'un salon littéraire. Olivier est lui même auteur. Celui-ci va se montrer aussi charmant que possible jusqu'au jour où il va révéler sa vraie face et celle-ci n'est pas jolie jolie.
Nathalie va devenir plus qu'une confidente pour Valérie au fil des rencontres. Mais Elle se demande bien pourquoi Nathalie purge une peine de 20 ans de prison. Elle pourrait très bien le découvrir par elle-même mais préfère que son amie se confie. Nathalie va donc se confier elle aussi petit à petit.
Dès les premiers chapitres ce livre m'a chamboulé. Je n'avais qu'une seule envie : tourner les pages pour vite le finir. Mais d'un côté je n'avais pas non plus envie de le finir. D'ailleurs je pense que si je ne l'avais pas commencé tard un soir je l'aurai lu d'une seule traite. J'ai été le témoin silencieux de la vie de Valérie, de ce qu'elle vivait. J'ai eu de la peine pour elle lorsque son histoire d'amour s'est détériorée. J'ai été curieuse aussi de savoir ce qu'avait bien pu faire Nathalie, elle qui semble si gentille. Qu'a-t-elle pu faire pour avoir échoué en prison et pourquoi se fustige-t-elle autant? Et quand on sait enfin, on a de la peine pour elle pour son histoire, pour ce qui lui est arrivé.
Le dénouement de cette histoire est encore plus bouleversant. Je ne m'attendais pas à une fin pareille. L'auteure nous raconte ses deux femmes avec justesse, attention, et pleins de sentiments. Une magnifique histoire entre deux femmes qui n'auraient jamais dû se rencontrer : l'une libre, l'autre emprisonnée mais au final qui ont tellement en commun. La plume de Marina Carrère d'Encausse est belle, elle embellit cette histoire. Un roman que je ne suis pas prête d'oublier.
Moi qui n'avais encore jamais lu de livre de Marina Carrère d'Encausse je suis ravie de cette découverte et je pense que je vais me pencher sur ses autres ouvrages.